Deutsche Tageszeitung - Attentats du 13-Novembre: les complicités belges sous les projecteurs jeudi

Attentats du 13-Novembre: les complicités belges sous les projecteurs jeudi


Attentats du 13-Novembre: les complicités belges sous les projecteurs jeudi
Attentats du 13-Novembre: les complicités belges sous les projecteurs jeudi / Photo: © BELGA/AFP/Archives

Ils sont considérés comme les "petites mains" belges des commandos du 13 novembre 2015: le tribunal de Bruxelles rend jeudi son jugement à l'encontre de treize hommes et une femme accusés d'avoir aidé des membres de la cellule jihadiste qui a fomenté ces attaques.

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Le jugement tombe au lendemain du verdict de la cour d'assises spéciale de Paris qui, après dix mois d'audience, a condamné mercredi soir 20 hommes (dont six étaient jugés par défaut) impliqués dans les pires attentats jamais commis en France.

Ces attaques perpétrées à Paris et dans la ville voisine de Saint-Denis, revendiquées par le groupe Etat islamique (EI), ont fait 130 morts, dont 90 assassinés lors d'un concert dans la salle parisienne du Bataclan.

A Bruxelles, de mi-avril à mi-mai, 14 personnes ont été jugées par le tribunal correctionnel, accusées d'avoir apporté une aide, plus ou moins importante, à certains auteurs, hébergeant l'un ou l'autre, assurant une conduite à l'aéroport ou fournissant des faux papiers.

Le dossier a été baptisé "Paris bis". Ecartés de la procédure française, les prévenus sont pour la grande majorité des Bruxellois qui gravitaient dans l'entourage de Salah Abdeslam, de Mohamed Abrini (tous deux condamnés mercredi à la réclusion à perpétuité), ou des frères El Bakraoui, les relais d'Oussama Atar pour former l'ossature belge de la cellule jihadiste. Les deux frères se sont fait exploser lors des attentats de Bruxelles (32 morts le 22 mars 2016).

L'un des prévenus, Abid Aberkane, cousin des Abdeslam et quasiment leur voisin à Molenbeek, est accusé d'avoir caché au domicile de sa mère le jihadiste en fuite les derniers jours précédant son arrestation le 18 mars 2016.

Une peine de quatre ans de prison, éventuellement assortie du sursis, a été requise contre lui le 29 avril par le parquet fédéral. L'accusation a pointé du doigt "des faits d'une extrême gravité", alors qu'Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos du 13-Novembre, était l'homme le plus recherché d'Europe.

- "Les fonds de tiroirs" -

Jeudi matin à l'heure de l'énoncé du jugement, à partir de 08H45 (06H45 GMT), son sort sera parmi les plus guettés. Excepté Youssef Bazarouj, absent car présumé mort en Syrie (et contre qui cinq ans ont été réclamés), Abid Aberkane est le complice présumé pour lequel le parquet s'est montré le plus sévère.

"Pour ce qu'on me reproche, je suis désolé, j'ai réagi comme un abruti", a-t-il lâché à la fin du procès, regrettant d'avoir été "endoctriné en regardant des vidéos" de propagande de l'EI.

Pour les autres, des peines n'excédant pas trois ans de prison, la plupart avec un sursis possible, ont été demandées.

C'est le cas pour Ibrahim Abrini, frère de Mohamed, soupçonné d'avoir aidé ce dernier, une fois rentré en Belgique, à se débarrasser d'un ordinateur et des vêtements qu'il portait en accompagnant "le convoi de la mort" à Paris. Deux ans de prison avec sursis probatoire (c'est-à-dire soumis à conditions) ont été réclamés contre lui.

Deux des 14 prévenus ne doivent pas répondre d'une infraction à caractère terroriste, dont Meryem El Balghiti, poursuivie pour "faux" pour avoir aidé son mari Farid Kharkhach à confectionner des faux papiers d'identité pour les jihadistes. Ce dernier a été condamné mercredi soir dans le procès parisien à deux ans de prison, la cour abandonnant la qualification terroriste des poursuites.

Comme ce couple, la plupart des suspects jugés à Bruxelles ont assuré qu'ils ignoraient les intentions "terroristes" de ceux qu'ils ont aidés.

"Conduire un copain à l'aéroport est devenu participer aux activités d'un groupe terroriste. Evidemment c'est facile à dire après coup", a protesté l'avocat d'un prévenu, tandis qu'un autre déplorait que la justice belge ait "raclé les fonds de tiroirs" pour mener ce procès.

(Y.Leyard--DTZ)

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