Deutsche Tageszeitung - Les colos et centres de loisirs souffrent de la pénurie d'animateurs

Les colos et centres de loisirs souffrent de la pénurie d'animateurs


Les colos et centres de loisirs souffrent de la pénurie d'animateurs
Les colos et centres de loisirs souffrent de la pénurie d'animateurs / Photo: © AFP/Archives

"Colos" annulées, accueils de loisirs fermés: après deux ans de Covid, au cours desquels peu de jeunes ont pu être formés, mais aussi pour des raisons structurelles, le secteur de l'animation manque de bras. Un comité de filière sera installé en septembre pour tenter de trouver des solutions.

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Pour l'organisation de séjours cet été, "il y a une tension au niveau des animateurs, des directeurs mais aussi des équipes de cuisine. Certains organisateurs sont dans la dernière ligne droite et se demandent s'ils pourront maintenir les séjours ou pas", témoigne Anne Carayon, directrice de Jeunesse au Plein Air.

A la Ligue de l'enseignement (Vacances pour tous), "le résultat des annulations liés spécifiquement au manque d'encadrants concerne un peu plus de 200 enfants", sur quelque 17.000 accueillis. Un chiffre qui pourrait encore augmenter car "on n'a pas forcément de quoi absorber d'éventuels désistements" d'encadrants, souligne Benoît Fontaine, directeur du service vacances de la Ligue.

Pour faire face, les organisateurs de colos ont recours à des expédients: "On travaille sur des demandes de dérogation auprès des services de l’Etat par rapport à des animateurs chevronnés mais non diplômés", explique Vincent Clivio, de la Fédération nationale Familles rurales.

Du côté des centres des loisirs, "il y a urgence absolue", s'alarme Laurent Bruni, directeur général de l'Ufcv (Union française des centres de vacances). "On a des fermetures préventives, des limites dans la capacité d'accueil", lui fait écho M. Clivio.

- Comme pour les sapeurs-pompiers -

La pandémie de Covid, et les confinements qui l'ont accompagné, explique une bonne part de ces difficultés. "Sur les deux dernières années, 17.000 jeunes n'ont pas pu suivre de formations Bafa (le brevet requis pour être animateur en colonie de vacances, NDLR) en raison de la pandémie", explique Laurent Bruni.

Mais les causes sont plus profondes. Les colonies de vacances fonctionnent avec des jeunes recrutés en Contrat d'engagement éducatif, pour une indemnité journalière faible (23,87 euros brut minimum par jour) au regard de la disponibilité attendue, 24 heures sur 24.

Il faut, de l'avis des responsables interrogés par l'AFP, revaloriser cette indemnité, rendre plus lisibles les aides pour passer le Bafa, mais aussi remettre en avant le sens et la valeur de cet engagement. "On demande un volontariat de l'animation, comme on a un volontariat pour les sapeurs-pompiers, de manière à être clair vis-à-vis du jeune", affirme Anne Carayon.

Les centres de loisirs et les accueils périscolaires tout au long de l'année fonctionnent, eux, avec des professionnels. La Direction de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative (Djepva) estime la pénurie dans ce secteur à 10% des effectifs nécessaires.

En cause, une grande précarité, des rémunérations faibles avec des contrats quasiment toujours à temps partiels, un manque de reconnaissance et un déficit de formations...

- Mixité sociale -

Conscient de ces difficultés, le gouvernement avait organisé de novembre 2021 à janvier 2022 des "Assises de l'animation". En est ressorti un plan avec 25 mesures, et la création d'un "comité de filière" devant appliquer cette feuille de route.

L'ancien député Yves Blein a pris la présidence de ce comité, et un secrétaire général vient d'être nommé, Benoît Coquille, ancien conseiller au Secrétariat d'Etat à la jeunesse et à l'engagement.

"L'objectif, c'est de voir comment on peut avoir plus de porosité entre tous les métiers de l'enfance (...), pour faire en sorte que les qualifications soient homogénéisées, qu’il y ait des passerelles qui permettent à ces personnes de bénéficier d’un vrai temps de travail", explique Yves Blein. Les Aesh et Atsem, qui assistent les enseignants sur le temps scolaire, dépendent de l'Education nationale, et les animateurs des communes.

M. Blein se félicite que le dispositif des "colos apprenantes" ait remis la filière sous le feu des projecteurs, avec des "aides significatives".

"Après, il ne faut pas que ce soit un +one shot+ (...). Il faut reconnaître que ce n'est malheureusement pas le sujet au-dessus de la pile, alors qu'on se pose beaucoup de questions sur la mixité sociale, le +vivre ensemble+. On sait combien les colos peuvent contribuer à cela", dit-il.

(A.Stefanowych--DTZ)

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