Deutsche Tageszeitung - Le pape s'excuse devant les Inuits pour la fin de son voyage au Canada

Le pape s'excuse devant les Inuits pour la fin de son voyage au Canada


Le pape s'excuse devant les Inuits pour la fin de son voyage au Canada
Le pape s'excuse devant les Inuits pour la fin de son voyage au Canada / Photo: © AFP

Le pape a terminé vendredi son voyage de six jours au Canada comme il l'avait commencé par des excuses pour le mal fait aux autochtones du pays, exprimant de nouveau son "indignation et sa honte" devant des Inuits dans l'Arctique.

Taille du texte:

Pour la dernière étape de son voyage, le souverain pontife de 85 ans, s'est rendu à Iqaluit, capitale du Nunavut dans le Grand Nord canadien où il a été accueilli au son de chants de gorge inuits, au milieu des maisons colorées.

Dans cette petite ville accessible uniquement en avion et où vivent un peu plus de 7.000 personnes, principalement des autochtones, le pape a évoqué les "grandes souffrances" de ceux placés de force dans des pensionnats visant à "tuer l'indien dans le cœur de l'enfant".

"Les familles ont été désagrégées, les enfants emportés, loin de leur milieu; l'hiver est descendu sur tout", a-t-il déploré devant la foule réunie entre l'école et le terrain de basket à quelques mètres des falaises et de la mer. Ils étaient nombreux à se tenir par la main ou à s'enlacer en l'écoutant parler.

Dans cet endroit du monde qui se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète, il a aussi appelé à "prendre soin" de la Terre qui "est aussi délicate comme chaque personne et peuple".

Avant, le pape s'était entretenu un long moment avec d'anciens résidents de pensionnats pour autochtones qui ont eu le "courage" de partager leurs "grandes souffrances".

Entre la fin du XIXe siècle et les années 1990, quelque 150.000 Inuits, métis ou membres des Premières Nations ont été enrôlés de force dans plus de 130 de ces institutions, coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture.

Nombre d'entre eux ont subi des abus physiques ou sexuels, et des milliers n'en sont jamais revenus, victimes de maladie, de malnutrition ou de négligence.

"Cette visite est importante parce que beaucoup de gens ici sont allés au pensionnat", raconte à l'AFP Evie Kunuk, 47 ans, vêtue d'une tenue traditionnelle blanche.

"Une fois qu'ils auront entendu le pape dire +je suis désolé+, cela va ouvrir des portes pour certaines personnes", ajoute cette femme aux cheveux gris et courts.

- "Excuses pas complètes" -

Mais de nombreux autochtones rappellent qu'il reste beaucoup de chemin à faire et que cela ne représente que la première étape d'un long processus de guérison.

"Ils devraient en faire plus, en mettant en place des thérapies, des centres de soin de la santé mentale", affirme à l'AFP Israel Mablick, 43 ans, passé par un de ces pensionnats.

A Iqaluit, ils étaient nombreux à attendre aussi des réponses précises du pape au sujet du père Johannes Rivoire, devenu pour beaucoup un symbole de l'impunité des agresseurs sexuels protégés par l'Eglise. Un cas que le pape n'a pas évoqué dans son discours.

Ce prêtre français, qui a passé trois décennies dans le Grand Nord canadien, fait l'objet d'un mandat d'arrêt mais il n'a pour l'instant jamais été inquiété. Il a quitté le Canada depuis 1993 et vit en France, à Lyon.

Pour Kilikvak Kabloona, présidente de l'organisation Nunavut Tunngavik qui représente les Inuits du Nunavut, "les excuses du pape n'étaient pas complètes".

"Elles n'ont pas pris en compte les abus sexuels et n'ont pas reconnu le rôle institutionnel de l'Eglise catholique dans la protection des agresseurs, cette protection permet à la violence sexuelle de prospérer", estime-t-elle.

"Nous aimerions que Rivoire soit extradé au Canada pour faire face à ses accusations devant les tribunaux et nous avons demandé au pape d'intervenir pour lui demander de revenir au Canada", ajoute-t-elle encore. Une délégation inuite a d'ailleurs prévu de se rendre en France en septembre.

Le chef spirituel des 1,3 milliard de catholiques, qui s'est rendu dans l'ouest du Canada puis au Québec lors de ce voyage, se déplace en fauteuil roulant en raison de ses douleurs au genou droit.

(V.Sørensen--DTZ)

En vedette

Le dirigeant catalan Carles Puigdemont peut rentrer en Espagne après des années d'exil

Près de neuf ans après sa fuite en Belgique, l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont peut rentrer en Espagne, après la levée mardi du mandat d'arrêt le visant dans l'enquête sur la tentative de sécession de la Catalogne, une décision qu'il a saluée comme une "victoire" politique.

Mouvement lycéen: plus de 250.000 manifestants dans les rues, la mobilisation appelée à se poursuivre

Avec au moins 250.000 manifestants partout en France, sans incident majeur, les lycéens ont fait entendre leurs revendications mardi, avec l'intention affichée de poursuivre la mobilisation malgré l'appel du gouvernement à retourner dans les établissements pour dialoguer à partir de mercredi.

Vaste opération des secours bulgares après le naufrage d'un cargo attaqué par des drones en mer Noire

Les autorités bulgares ont déclenché une vaste opération de recherche pour retrouver l'équipage porté disparu d'un navire de commerce qui a coulé mardi en mer Noire après des frappes de drones, une attaque que le Premier ministre Roumen Radev a qualifiée d'"absolument inacceptable".

États-Unis: décès de Jim Bakker, célèbre télévangéliste à la chute sulfureuse

Le prédicateur américain Jim Bakker, qui avec son épouse Tammy Faye avait bâti un empire financier dans les années 1970/1980 avant de connaître une déchéance spectaculaire marquée par les scandales et la prison, est mort à l'âge de 86 ans.

Taille du texte: