Deutsche Tageszeitung - Procès du "repas spécial" aux champignons en Australie: une victime "tordue" de douleur, selon son fils

Procès du "repas spécial" aux champignons en Australie: une victime "tordue" de douleur, selon son fils


Procès du "repas spécial" aux champignons en Australie: une victime "tordue" de douleur, selon son fils
Procès du "repas spécial" aux champignons en Australie: une victime "tordue" de douleur, selon son fils / Photo: © Cour suprême de Victoria/AFP

Le mari d'une Australienne accusée d'avoir tué trois personnes dont ses beaux-parents en leur servant un "repas spécial" aux champignons vénéneux a déclaré jeudi, au deuxième jour du procès de la quinquagénaire, que son père était "tordu" de douleur avant de mourir.

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Erin Patterson doit répondre de trois meurtres et d'une tentative de meurtre dont le mobile est inconnu, lors de ce procès très suivi par les médias et qui doit durer six semaines dans l'Etat australien de Victoria (sud-est).

A l'ouverture du procès mercredi, la quinquagénaire a plaidé non coupable de tous les chefs d'accusation, sa défense affirmant qu'il s'agissait d'un "terrible accident".

En juillet 2023, la mère de famille avait organisé un déjeuner dans son village de Leongatha, dans le sud-est de l'Australie, au cours duquel elle avait servi à ses invités une spécialité de la cuisine anglaise à base de viande de bœuf et de pâte feuilletée, mais avec des champignons vénéneux.

Auditionné comme témoin à la Cour de justice de Morwell, à une centaine de kilomètres à l'est de Melbourne en Australie, Simon Patterson a raconté jeudi la rencontre avec ses parents à l'hôpital, après qu'ils ont été empoisonnés.

"Papa était bien plus mal en point que maman. Il avait vraiment du mal", a-t-il déclaré à la barre.

"Il était couché sur le côté, recroquevillé", a poursuivi M. Patterson, ajoutant que le visage de son père était "vraiment décoloré".

- "Mère dévouée" -

Simon Patterson était séparé de l'accusée depuis 2015 et avait décliné l'invitation au repas.

Il lui avait envoyé un SMS la veille pour lui dire qu'il ne se sentait pas "à l'aise" de s'y rendre.

Elle l'avait exhorté à reconsidérer sa décision, disant qu'elle avait préparé un "repas spécial" et dépensé une "petite fortune" pour le filet de bœuf.

"J'espère que tu changeras d'avis", indique l'un de ses messages, lu dans la salle d'audience.

Elle avait prétendu souffrir d'un cancer et vouloir demander à ses invités leur avis sur la façon de l'annoncer à ses deux enfants.

Des tests médicaux ont ensuite révélé qu'elle n'avait pas de cancer.

Simon Patterson a confié que son père l'avait informé à l'hôpital, avant de décéder, de ce diagnostic, dont il n'avait pas entendu parler auparavant.

Elle "s'entendait bien" avec son beau-père car ils "partageaient un amour de la connaissance et de l'apprentissage et un intérêt pour le monde", selon lui.

C'était également une "mère dévouée". Malgré la séparation, ils ont maintenu de bons rapports, allant jusqu'à partir ensemble en vacances avec leurs enfants.

A partir de 2022, la relation s'est cependant tendue et les conversations se sont principalement limitées à leurs obligations parentales.

- L'accusée "a paniqué" -

La procureure de la Couronne Nanette Rogers a accusé la veille Mme Patterson d'avoir "délibérément empoisonné" ses invités.

Les quatre invités ont développé des diarrhées et des vomissements dans les douze heures suivant le repas et ont été transportés d'urgence à l'hôpital.

L'autopsie des trois invités ainsi que des analyses sur le survivant avaient révélé qu'ils avaient été victimes d'un empoisonnement aux champignons vénéneux, a-t-elle indiqué.

La police a retrouvé des restes du plat au domicile d'Erin Patterson, qui ont été analysés et contenaient des traces de champignons mortels.

L'accusée a "paniqué" en apprenant que ses invités étaient malades et elle est aussi allée à l'hôpital, deux jours après le fatidique déjeuner, ne se sentant pas bien. Mais elle a refusé d'y être soignée et est repartie, selon la procureure, avant d'y retourner une seconde fois.

La quinquagénaire aurait dit aux médecins qu'elle avait utilisé des champignons frais d'un supermarché et également des champignons séchés d'une épicerie asiatique - mais elle ne se souvenait pas laquelle.

L'avocat d'Erin Patterson, Me Colin Mandy, a affirmé concernant cet empoisonnement qu'"elle ne l'a pas fait délibérément".

Une enquête du ministère de la Santé n'a pas permis de remonter jusqu'à la boutique vendant le type de champignons qu'elle a pu utiliser.

(L.Møller--DTZ)

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