Deutsche Tageszeitung - L'heure du verdict en Allemagne pour un médecin syrien accusé de tortures sous Assad

L'heure du verdict en Allemagne pour un médecin syrien accusé de tortures sous Assad


L'heure du verdict en Allemagne pour un médecin syrien accusé de tortures sous Assad
L'heure du verdict en Allemagne pour un médecin syrien accusé de tortures sous Assad / Photo: © POOL/AFP/Archives

Un médecin syrien, accusé de tortures d'opposants au régime de Bachar al-Assad, va connaître lundi le sort que lui réserve la justice allemande, après un procès fleuve de plus de trois ans à Francfort.

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Arrivé en Allemagne en 2015, où il a exercé comme chirurgien orthopédique jusqu'à son arrestation en 2020 après avoir été reconnu par d'autres réfugiés syriens, Alaa Moussa, aujourd'hui âgé de 40 ans, réfute toutes les accusations.

Jugé pour crimes contre l'humanité, il doit répondre de tortures sur des détenus dans des hôpitaux militaires de Damas et de Homs à 18 reprises entre 2011 et 2012, notamment en mettant le feu aux parties génitales d'un adolescent.

Il aurait également administré une injection létale à un détenu qui avait résisté aux coups, selon le parquet fédéral allemand.

Il risque la prison à vie, assortie d'une peine de sûreté pour une durée non encore définie, ainsi qu'une interdiction d'exercer en tant que médecin.

Lors de son procès commencé le 19 janvier 2022, entouré de hautes mesures de sécurité, Alaa Moussa a été confronté à plus d'une cinquantaine de témoins et d'anciennes victimes.

Certains ont témoigné masqués et beaucoup ont fait état de menaces et d'intimidation à l'encontre de leur famille restée au pays alors que l'ombre des services secrets syriens planait sur les audiences.

Une situation qui s'est détendue après la chute, durant le procès, du dictateur Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024 et désormais réfugié en Russie.

Parmi les témoins, un ancien lieutenant d'Alep, âgé aujourd'hui d'une quarantaine d'années, emprisonné après avoir refusé de tirer sur des manifestants en novembre 2011.

Il a affirmé avoir vu Alaa Moussa infliger des injections à des malades allongés sur le sol, qui sont décédés peu après, dans l'hôpital militaire où il sévissait.

- "Il a ri" -

Ensuite, "l'accusé a discuté avec des collègues et a ri, comme si de rien n'était", a raconté ce témoin devant le juge.

L'Allemagne a déjà poursuivi et jugé des auteurs de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis hors de son territoire, notamment des Syriens et des Irakiens, au nom du principe juridique de compétence universelle.

Il y a deux semaines, la justice allemande a ainsi condamné à la prison à vie un ancien chef d'une milice syrienne soutenant l'ex-président Bachar al-Assad, reconnu coupable notamment de meurtre, d'actes de torture et de séquestration entre 2012 et 2014.

Lors du premier procès au monde sur des exactions du régime de Bachar al-Assad tenu en Allemagne, Anwar Raslan, un ex-gradé des services de renseignement syriens, avait été condamné en janvier 2022 à la prison à vie pour le meurtre de 27 prisonniers et des faits de torture sur au moins 4.000 autres, en 2011 et 2012, dans la prison Al-Khatib.

Des procès sur les crimes commis en Syrie ont également eu lieu ailleurs en Europe, notamment en France et en Suède.

De nombreux Syriens d'Allemagne ont ces dernières années dénoncé auprès de la justice des suspects d'exactions commises dans leur pays, et la chute de Bachar al-Assad a levé les appréhensons de ceux qui craignaient de mettre en danger leurs proches en Syrie, selon des organisations des droits de l'homme.

Le conflit en Syrie, déclenché par des protestations pacifiques violemment réprimées en 2011, a fait plus d'un demi-million de morts, déplacé des millions de personnes et ravagé l'économie et les infrastructures du pays.

(A.Stefanowych--DTZ)

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