Deutsche Tageszeitung - Thaïlande: début de la lecture du verdict au procès en destitution de la Première ministre

Thaïlande: début de la lecture du verdict au procès en destitution de la Première ministre


Thaïlande: début de la lecture du verdict au procès en destitution de la Première ministre
Thaïlande: début de la lecture du verdict au procès en destitution de la Première ministre / Photo: © AFP

La Cour constitutionnelle de Thaïlande a entamé vendredi la lecture du verdict au procès en destitution de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra, qui pourrait être démise de ses fonctions pour sa gestion des tensions entre son pays et le Cambodge voisin.

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Les neuf magistrats ont commencé à rendre leur verdict vers 15H00 (08H00 GMT) et pourraient destituer Mme Paetongtarn, accusée d'avoir enfreint les normes d'éthique exigées d'une cheffe du gouvernement, lors d'un appel avec l'ex-Premier ministre cambodgien Hun Sen.

Il y a une semaine, le père de Paetongtarn, Thaksin, avait été acquitté à l'issue de son procès pour crime de lèse-majesté. Le milliardaire et ex-Premier ministre de 76 ans encourait pour ces faits jusqu'à 15 ans d'emprisonnement.

Jiraporn Sindhuprai, une proche de Mme Paetongtarn, a déclaré vendredi que celle-ci était dans "un bon état d'esprit".

En cas de destitution, elle deviendrait la troisième membre de sa famille à quitter la tête du gouvernement après son père et sa tante Yingluck, tous deux renversés par des coups d'Etat militaires.

La Cour constitutionnelle avait déjà destitué son prédécesseur Srettha Thavisin il y a un an.

Paetongtarn Shinawatra est accusée d'avoir enfreint les normes d'éthique exigées d'une cheffe du gouvernement, lors d'un appel avec l'ex-Premier ministre cambodgien Hun Sen.

Cet entretien, enregistré et diffusé à l'insu de la dirigeante thaïlandaise, avait eu lieu en juin alors que Bangkok et Phnom Penh étaient engagés dans un bras de fer depuis la mort d'un soldat cambodgien, fin mai, à la suite d'un échange de tirs avec l'armée thaïlandaise dans une zone disputée de la frontière.

Les conservateurs du Bhumjaithai ont alors quitté la coalition formée avec son parti familial Pheu Thai, lui reprochant son ton trop révérencieux face à Hun Sen et d'avoir assimilé à un opposant un général thaïlandais chargé de surveiller une partie de la frontière.

- Paralysie politique -

L'affaire a provoqué une crise politique et de nouvelles tensions entre la Thaïlande et le Cambodge. Cinq jours d'affrontements armés entre les deux voisins ont entraîné en juillet la mort de 40 personnes et provoqué la fuite de plus de 300.000 autres.

Paetongtarn Shinawatra a témoigné dans le cadre de son procès le 21 août, jour de son 39e anniversaire.

Depuis une vingtaine d'années, la politique thaïlandaise est marquée par une lutte entre le clan Shinawatra et l'élite conservatrice, qui considère le premier comme une menace pour l'ordre social traditionnel du royaume.

Si Paetongtarn Shinawatra est destituée, le royaume pourrait être confronté à une paralysie politique, aucun candidat naturel ou pressenti n'étant en mesure de prendre la relève au poste de Premier ministre.

Son parti, le Pheu Thai, gouverne avec une coalition fragile et instable au Parlement.

En vertu de la Constitution thaïlandaise, seuls ceux qui se sont officiellement présentés comme candidat au poste de Premier ministre lors des dernières élections générales de 2023 sont éligibles.

Or sur les neuf personnes initialement proposées par les principaux partis en 2023, quatre sont déjà inéligibles tandis que les candidatures éventuelles des cinq autres sont également contrariées pour diverses raisons.

L'organisation de nouvelles élections pourrait apparaître comme une solution, mais il n'est pas clair si l'actuel Premier ministre par intérim, Phumtham Wechayachai, qui jusqu'à présent a refusé de spéculer sur une éventuelle destitution de Paetongtarn Shinawatra, peut convoquer les électeurs, ou si seul un Premier ministre approuvé par le Parlement a le droit de le faire.

(I.Beryonev--DTZ)

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