Deutsche Tageszeitung - La fabrication de harpes, nouvelle passion d'un octogénaire irlandais

La fabrication de harpes, nouvelle passion d'un octogénaire irlandais


La fabrication de harpes, nouvelle passion d'un octogénaire irlandais
La fabrication de harpes, nouvelle passion d'un octogénaire irlandais / Photo: © AFP

"Il n'est jamais trop tard pour se lancer dans un nouveau passe-temps" : c'est la philosophie de Noel Anderson, un Irlandais devenu à 80 ans passés fabricant de harpes, un instrument emblématique de la musique traditionnelle de son pays.

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Autrefois enseignant de menuiserie et de métallurgie, cet homme, qui fêtera ses 90 ans en novembre, ne s'est attelé à la fabrication d'une harpe qu'à 82 ans, pour rendre service à un ami.

Mais une passion était née, qui l'a fait transformer son garage et son établi en atelier de luthier.

"Mon âge n'a vraiment aucune importance : je vais juste dans l'atelier et j'y travaille, parfois dix minutes, parfois pendant dix heures", explique Noel Anderson à l'AFP à Strabane, à 120 kilomètres au nord-ouest de Belfast, en Irlande du Nord.

"Je continuerai à le faire aussi longtemps que je le pourrai", souligne cet homme au dynamisme rare pour un quasi-nonagénaire, en chemise à carreaux et pantalon à bretelles.

"J'ai toujours fabriqué des choses, des meubles, des bols, des nichoirs pour les oiseaux ou d'autres choses", dit-il. "Mais fabriquer des harpes, c'est vraiment spécial, c'est l'une des meilleures expériences de ma vie", confie-t-il.

Depuis des siècles, la harpe est un symbole de l'Irlande et la République d'Irlande est aujourd'hui le seul pays à avoir un instrument de musique pour symbole officiel. La harpe figure sur ses armoiries, ses sceaux gouvernementaux et ses pièces de monnaie.

Mais, de nos jours, elle est beaucoup moins pratiquée que le violon, la flûte ou la cornemuse, qui jouent un rôle central dans le monde très vivant de la musique traditionnelle irlandaise.

- "Pour le plaisir" -

Noel Anderson ne gagne rien avec ses harpes : il les offre en cadeau principalement à des amis ou à sa famille, notamment pour des mariages.

"Je fais ça pour le plaisir. Si vous facturiez ce qu'un artisan devrait facturer pour une harpe faite à la main, cela deviendrait extrêmement cher", dit-il.

Après avoir fabriqué 18 harpes de différentes tailles, il s'est désormais lancé dans un projet plus ambitieux encore - la reproduction d'une harpe conçue par le grand maître irlandais John Egan, qui fabriqua plus de 2.000 harpes dans la première moitié du XIXe siècle.

"Quand vous regardez les plans, tout devient beaucoup plus clair, il suffit de les suivre point par point", dit-il, penché sur un grand papier étalé sur le sol où figurent ces plans détaillés.

Combien de temps faut-il pour fabriquer une harpe ? Noel Anderson ne compte pas en heures mais en tasses de thé.

Depuis le découpage du bois jusqu'à l'ajustement des cordes, "pour une harpe de grande dimension, je bois au moins 800 tasses", confie-t-il.

Les petites harpes portatives, que l'on tient sur les genoux, sont moins chronophages. "Mais ça fait quand même beaucoup de thé, cinq à six cents tasses", lâche-t-il en riant.

- Métier en voie de disparition -

Choisir le bois dont sera fait l'instrument est un moment clé du processus.

Lui utilise essentiellement du bois irlandais - des bois durs tels que du frêne, du chêne ou des cèdres du Liban présents en Irlande - ainsi que des cordes fabriquées localement.

Parfois, il achète de l'épicéa en provenance de Suisse, spécialement cultivé pour les instruments de musique.

"Tout est fait pour que le grain du bois soit aussi régulier et fin que possible", explique-t-il.

S'il trouve le son de la harpe "absolument magnifique, qu'elle soit irlandaise, sud-américaine ou autre", Noel Anderson lui-même n'en joue pas et n'en a jamais joué.

"Je ne suis pas musicien, en fait je ne sais pas jouer une seule note", dit-il dans un rire.

Cela ne l'a pas empêché de se tailler une petite réputation pour ses instruments, ne serait-ce que parce que les fabricants se raréfient, souligne-t-il.

Avec un coût de fabrication élevé et l'absence de formation officielle, ce type d'artisanat est en voie de disparition, à son grand regret.

"J'adorerais savoir que je ne suis pas seul, nous partagerions nos compétences et d'autres choses, ce serait merveilleux", lance-t-il.

(N.Loginovsky--DTZ)

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