Deutsche Tageszeitung - La visite historique du pape en Algérie perturbée par une charge de Trump

La visite historique du pape en Algérie perturbée par une charge de Trump


La visite historique du pape en Algérie perturbée par une charge de Trump
La visite historique du pape en Algérie perturbée par une charge de Trump / Photo: © AFP

Une visite historique en Algérie, perturbée par un président américain à des milliers de kilomètres de là: le pape a dit lundi ne pas avoir "peur" de l'administration américaine, après une attaque de Donald Trump en raison de son engagement contre la guerre au Moyen-Orient.

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Dans l'avion le menant de Rome à Alger, première étape d'une tournée de 11 jours dans quatre pays d'Afrique, Léon XIV a affirmé qu'il n'avait pas "l'intention d'entrer dans un débat" avec Donald Trump.

La veille, dans un contexte international tendu par la guerre, ce dernier s'était livré à une diatribe contre le pape, disant ne pas être "un grand fan" de lui.

Il l'a accusé pêle-mêle de soutenir le programme d'armement nucléaire iranien, de s'être opposé à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier et de rencontrer des sympathisants de l'ex-président démocrate Barack Obama, entre autres.

Lundi, il est revenu à la charge, refusant de présenter des excuses et estimant que Léon XIV "faisait preuve d'une grande faiblesse".

"Le message est toujours le même: promouvoir la paix", a-t-il dit. "Je n'ai pas peur, ni de l'administration Trump, ni de m'exprimer haut et fort sur le message de l'Evangile".

Réputée proche de Donald Trump, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a jugé "inacceptables" ses propos sur le pape.

"Le pape est le chef de l'Eglise catholique, et il est juste et normal qu'il invoque la paix et qu'il condamne toute forme de guerre", a-t-elle dit.

Les évêques italiens et américains ont eux aussi apporté leur soutien à Léon XIV. Même le président iranien, Massoud Pezeshkian, lui a adressé un message sur X, condamnant "l'insulte faite à Votre Excellence au nom de la grande nation iranienne".

- "Esprit réconcilié" -

A Alger, Léon XIV a été accueilli avec les honneurs. Au premier jour de sa visite de deux jours, il a rendu hommage, devant le monument des martyrs à Alger, aux victimes de la sanglante guerre d'indépendance contre la France (1954-62), un geste de reconnaissance de la douloureuse histoire nationale.

Par un temps pluvieux, il y a déposé une gerbe de roses blanches avant de se recueillir en silence quelques instants.

La "paix qui permet d'envisager l'avenir avec un esprit réconcilié n'est possible que par le pardon", a-t-il déclaré en anglais, appelant à ne "pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération".

Depuis l'élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris le contrôle de l'espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains.

- Haute sécurité -

L'après-midi, le pape a visité la Grande Mosquée, complexe monumental au plus haut minaret du monde (267 mètres), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d'Afrique, qui surplombe la baie d'Alger.

La basilique symbolise "une Eglise faite de pierres vivantes" où "la communion entre chrétiens et musulmans se construit", a lancé Léon XIV au cours d'une célébration à dimension interreligieuse.

L'islam sunnite est religion d'Etat en Algérie, où les catholiques représentent moins de 0,01 % des 47 millions d'habitants.

Léon XIV s'est aussi recueilli en privé dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002).

Ce déplacement ouvre la première grande tournée internationale du pape de 70 ans qui le conduira ensuite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale (13-23 avril), un périple de 18.000 km à l'agenda très dense.

Malgré des routes ornées de fleurs et de drapeaux jaune et blanc du Vatican, la visite a débuté par des séquences très protocolaires et sous haute sécurité, sans contact avec la population, loin des traditionnels bains de foule au contact des fidèles.

Mardi, le pape se rend à Annaba (est), l'ancienne Hippone, ville de Saint Augustin dont la pensée irrigue son pontificat.

(V.Sørensen--DTZ)

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