Les librairies Furet du Nord et Decitre demandent leur placement en redressement judiciaire
Le groupe Nosoli, qui réunit les enseignes de librairie Furet du Nord et Decitre, soit 600 salariés, a annoncé mardi engager une procédure de redressement judiciaire, pour continuer sa transformation dans un "cadre sécurisé", sur fond d'un environnement économique "particulièrement exigeant".
Cette procédure devrait s'ouvrir le 1er juin auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole, et un plan de redressement détaillé, visant à assurer la pérennité des activités et à préserver l'emploi, sera présenté "dans les prochaines semaines", indique Nosoli dans un communiqué de presse.
Le groupe compte quelque 600 collaborateurs et 27 librairies, dont 18 Furet du Nord, principalement basés dans le Nord, le Pas-de-Calais et en région parisienne, ainsi que 9 magasins Decitre, essentiellement en région Rhône-Alpes.
"Le marché des biens culturels traverse une crise profonde, marquée par une forte pression sur les marges et un recul des volumes de près de 15% depuis 2021, dans un contexte encore fragilisé ces derniers mois par l'évolution du pouvoir d'achat et des modes de consommation", rappelle Nosoli dans son communiqué.
Malgré une transformation de ses activités engagée depuis l'an dernier, "la dégradation plus rapide" que prévu de son marché depuis le début de cette année a contraint le groupe à recourir à cette solution de redressement judiciaire.
Plusieurs axes de transformation ont déjà été identifiés, comme rééquilibrer l'activité entre les ventes de livres et le hors livre (jeux, papeterie, loisirs créatifs), se renforcer davantage dans le numérique et développer l'activité auprès des professionnels (collectivités, universités, librairies indépendantes, etc.), a encore souligné Nosoli.
Les activités du Furet du Nord et de Decitre vont se poursuivre normalement durant son redressement judiciaire, a assuré le groupe, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros en 2025.
Le secteur des librairies est en souffrance actuellement en France, confronté notamment à la concurrence toujours plus exacerbée du e-commerce et au déclin de la lecture sur papier.
Le tribunal des affaires économiques de Paris a approuvé en avril la demande du groupe Gibert, premier libraire indépendant de France, d'être placé en redressement judiciaire pour tenter de se relancer dans le segment des livres d'occasion.
(S.A.Dudajev--DTZ)