Enormes dégâts sur une île au passage d'un super-typhon près de Guam, dans le Pacifique
Le super-typhon Bavi a balayé lundi les îles américaines de Guam et l'archipel des Mariannes du Nord dans le Pacifique, causant d'énormes dégâts sur Rota, petite île soumise à des vents dignes d'une "tornade", selon le service météorologique américain (NWS).
"La totalité" de l'île de Rota, la plus méridionale des Mariannes du Nord, s'est trouvée au coeur du super-typhon avec des vents jusqu'à 290 km/h avant de "s'éloigner lentement" vers l'ouest, selon le NWS.
Les chutes d'arbres et les coupures de courant risquent de rendre la majeure partie de Rota "inhabitable pendant des semaines voire davantage", avait prévenu par avance le NWS, en intimant l'ordre sur X aux quelque 1.500 riverains de réagir à "ces vents extrêmes imminents comme si une tornade s'approchait et de se rendre immédiatement dans une pièce ou de s'abriter MAINTENANT!"
A la mi-journée, le groupe d'îles, situées à plusieurs milliers de kilomètres à l'ouest du continent américain, étaient encore balayées par des vents violents et une pluie battante, rendant toute sortie à l'extérieur encore dangereuse.
Les autorités locales sur Rota ont indiqué avoir reçu des indications sur des "dégâts majeurs" mais dont l'étendue restait encore imprécise en raison des difficultés de communications.
"On est là, on a des vents violents et des inondations. Des gens nous rapportent déjà des dégâts majeurs", a déclaré Lou Rosario, responsable de la communication du centre de crise municipal de Rota.
L'île est proche de Guam, autre territoire américain théâtre d'une bataille célèbre de la fin de la Seconde guerre mondiale en 1944, et lieu de tourisme historique.
- Amélioration progressive -
L'île de Tinian, au nord de Guam, et la pointe sud de Saipan dans les Mariannes du Nord ont subi des vents équivalents à un ouragan de catégorie 1, a détaillé Marcus Landon Aydlett, météorologiste au NWS, dans un direct sur Facebook. "Le super-typhon Bavi quitte la zone" et "progressivement, les conditions vont s'améliorer", a-t-il ajouté.
Les Mariannes du Nord et Guam, territoire voisin distinct, comptent environ 210.000 habitants.
Les autorités redoutent que sur Guam, jusqu'à 20 à 30 centimètres de pluies puissent tomber, provoquant des inondations flash. Le NWS a pour sa part précisé que des vents de 80 à 100 km/h accompagnés de rafales à 160 km/h pourraient continuer à souffler jusqu'en fin d’après-midi.
"Sinlaku était plus violent car le centre de la tempête est passé directement au-dessus de Saipan. Avec le (super) typhon Bavi, seule la périphérie (de la tempête) nous a touchés", a commenté Rowell Mariano, un habitant de 61 ans de Saipan, dans les Mariannes du Nord.
"Lors du passage de Sinlaku, notre maison a été inondée à cause des vents violents et des fortes pluies, et notre plafond endommagé. Une expérience vraiment traumatisante pour nous", dit-il.
Sur Guam, plusieurs centaines de personnes se sont réfugiées dans l'hôtel Guam Plaza, battu par de fortes pluies frappant à l'horizontale depuis l'extérieur. L'établissement possède un groupe électrogène qui devrait fonctionner "deux à trois jours" selon son directeur général, Sudipta Basu.
Oliver Snulgawski, un grutier australien de 43 ans de retour de vacances dans un atoll et bloqué dans un hôtel de Guam, se montrait serein. "Je vais bien", a-t-il déclaré à l'AFP. "C'est comme un cyclone de catégorie 5", souligne cet employé d'une mine en Australie.
- El Niño -
Sur Guam toujours, un centre de distribution avait été approvisionné avec 1,1 million de litres d'eau, 1,2 million de repas, 6.700 lits de camp et 90 générateurs, et cinq centres d'évacuation ouverts dans des écoles, à destination des personnes vivant dans des habitations vulnérables.
L'Organisation météorologique internationale (OMI) a averti que le phénomène climatique El Niño, qui survient généralement tous les deux à sept ans et dure neuf à 12 mois, avait déjà commencé dans le Pacifique tropical.
Celui-ci réchauffe les températures de l'eau dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, modifiant à l'échelle mondiale les régimes de vents, de pression et de précipitations, pouvant ainsi aggraver les catastrophes.
"Notre grande inquiétude pour cette année d'El Niño est que nous allons être beaucoup plus occupés que nous ne l'avons été ces cinq ou six dernières années", a commenté M. Aydlett, du NWS.
(G.Khurtin--DTZ)