Un violent incendie fait au moins 12 morts de plusieurs nationalités dans le sud de l'Espagne
Les autorités attendent les premières autopsies pour pouvoir en dire plus sur le bilan du violent feu de forêt qui a fait au moins 12 morts de nationalités différentes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud de l'Espagne, dans une zone où vivent de nombreux Britanniques.
Des signalements évoquent également 23 personnes qui n'avaient pas été localisées dans l'immédiat, mais le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska, qui s'est rendu sur place en fin d'après-midi vendredi, s'est dit "prudent" quant à ce chiffre.
Ces 23 personnes recherchées correspondent à des témoignages, "des appels téléphoniques venus de différents endroits", a-t-il relativisé, indiquant que seuls trois signalements pour disparition avaient été "officiellement déposés".
"Nous verrons demain" (samedi), a-t-il ajouté, insistant sur l'"importance de réaliser les autopsies" des corps retrouvés afin de ne pas alourdir artificiellement le bilan, et confirmant par ailleurs que les victimes étaient de plusieurs nationalités.
Les victimes retrouvées par les secours, toujours aux prises avec le sinistre près de Los Gallardos, en Andalousie, ont été piégées dans leur véhicule ou rattrapées par les flammes en tentant de s'enfuir, selon les autorités.
- "Les flammes dévoraient l'aurotoute" -
Huit personnes ont en outre été blessées, dont quatre grièvement par brûlures.
Los Gallardos était en pleins préparatifs pour la fête du village quand le drame s'est produit: "Ils étaient en train d’installer les lumières de la fête et les travailleurs ont dû s’arrêter, parce que toute la cendre leur tombait dessus. Ca te rentre dans la bouche et on la sent partout", a raconté Ana, propriétaire d'une supérette sur le site du journal local Ideal.
Le curé explique que dans cette zone habitent beaucoup d'étrangers, "la plupart sont des personnes âgées, qui ont trouvé un havre de paix". "Ils vivent très isolés et même si on leur explique… Parfois, les personnes qui vivent dans la campagne connaissent les chemins, ou pensent les connaître...".
- Consignes pas suivies -
La zone dévorée par les flammes est composée de nombreux ravins, fossés et maisons dispersées à flanc de coteaux, qui ont favorisé la propagation de l'incendie et rendu difficile la mise à l'abri des riverains.
Devant l'avancée du feu, les autorités locales ont demandé à la population de se confiner dans certains cas et dans d'autres de quitter le domicile par un chemin précis.
Mais certaines des victimes n'ont pas tenu compte des consignes de sécurité qui leur avaient été données, a regretté Juan Manuel Moreno le président régional andalou, et "malheureusement, cela a eu pour conséquence leur mort".
Un peu plus tôt, le conseiller chargé des situations d'urgence de l'Andalousie Antonio Sanz avait indiqué que quatre personnes étaient mortes à bord d'une voiture, et sept autres en tentant de s'enfuir à pied.
Plusieurs centaines de personnes ont été évacuées, et près de 500 pompiers et militaires sont déployés pour lutter contre cet incendie, aidés par une vingtaine d'engins aériens.
Le feu est parti jeudi en fin d'après-midi d'un fossé après la rupture d'un câble d'alimentation électrique le long d'une route nationale dans la zone de Los Gallardos.
- Météo favorable -
"Nous sommes face à un incendie très complexe, qui s'est propagé comme une traînée de poudre", a détaillé Juan Manuel Moreno, évoquant des flammes qui ont parcouru "15 km en deux heures", aidées par le vent, Almeria étant une des régions les plus venteuses d'Espagne.
Malgré les craintes des autorités, la météo de samedi pourrait toutefois faciliter le travail des pompiers.
"Samedi, les conditions météorologiques seront déjà nettement plus favorables, avec un vent de d'est modéré et une masse d’air plus fraîche et humide que celle d’aujourd’hui", a indiqué sur X l'agence météorologique espagnole.
Pays en première ligne du réchauffement climatique, l'Espagne a connu ces dernières années des vagues de chaleur de plus en plus longues, dès le printemps, puis l'été, avec des températures dépassant parfois les 40°C, créant les conditions pour des feux dévastateurs.
En 2025, plus de 393.000 hectares ont été ravagés par les flammes en Espagne, selon le Système européen d'information sur les incendies de forêt (Effis), soit les pires feux de l'histoire récente du pays, faisant huit morts.
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(O.Zhukova--DTZ)