Deutsche Tageszeitung - Colombie: le séisme a fait 265 morts, la recherche de survivants dans une phase décisive

Colombie: le séisme a fait 265 morts, la recherche de survivants dans une phase décisive


Colombie: le séisme a fait 265 morts, la recherche de survivants dans une phase décisive
Colombie: le séisme a fait 265 morts, la recherche de survivants dans une phase décisive / Photo: © AFP

Les opérations de recherche des survivants en Colombie ont atteint mercredi une phase décisive, après le puissant séisme qui a frappé l'ouest du pays lundi, faisant 265 morts et des centaines de disparus.

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Le séisme de magnitude 7,4, avec un épicentre situé dans le département pauvre du Choco, sur la côte Pacifique, est le plus meurtrier du siècle en Colombie. Il a frappé de nombreuses villes de l'ouest, dont Cali, la troisième du pays, et Pereira dans la "région du café".

Mercredi, à Pereira, des secouristes concentraient leurs efforts sur une boulangerie effondrée dont ils espèrent extraire en vie un vendeur ambulant, coincé sous les décombres depuis le tremblement de terre.

Ils l'ont localisé à l'aide d'appareils capables de détecter les vibrations.

"On nous dit que ça pourrait être lui, on attend avec émotion", dit sa nièce de 16 ans, Sara Loaiza. "Pourvu que ce soit lui, qu'il soit en vie", dit-elle.

Des journalistes de l'AFP ont constaté que l'homme semblait répondre lorsque les équipes de secours lui demandaient de frapper deux coups, puis trois, depuis le gouffre où il se trouve, provoquant les applaudissements de la foule présente sur place.

Selon les experts, le délai critique pour retrouver des survivants est de 72 heures. Un délai qui expire jeudi matin.

"Nous entrons dans la phase finale des premières 72 heures", a souligné mercredi matin le maire de Cali, Alejandro Eder. "Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de survivants après, mais ce sera plus difficile", a-t-il indiqué.

"Ce sont des heures critiques car deux jours se sont déjà écoulés", a dit à l'AFP Julio César Pineda, un secouriste bénévole de 67 ans. Pour autant, il garde espoir. "Je sais qu'aujourd'hui et demain, nous sortirons des gens vivants" des décombres.

À Cali et Pereira, les deux villes les plus touchées par le catastrophe, les équipes de secours et les bénévoles se préparaient à œuvrer une troisième nuit d'affilée, de leurs mains nues ou avec des grues et des chiens renifleurs, s'arrêtant à intervalle régulier pour tenter de détecter d'éventuels signes de vie.

- Urgence et deuil -

Le président Abelardo de la Espriella, entré en fonctions la semaine dernière, a communiqué en fin d'après-midi un nouveau bilan, évoquant 265 morts, près de 3.500 blessés et 500 disparus.

Plus de 11.000 logements ont été détruits dans la catastrophe et des milliers de familles se retrouvent sans toit.

Le dirigeant de droite dure a décrété trois jours de deuil national "en hommage à toutes les personnes décédées", ainsi que l'"urgence économique", une mesure qui l'autorise à lever des impôts et modifier le budget sans passer par le Parlement.

Il a également annoncé la création d'un fonds destiné à venir en aide aux victimes du séisme. "Nous ferons tout ce qui est nécessaire", a-t-il promis.

- Habitants "sous le choc" -

Beaucoup d'habitants ont déjà passé deux nuit dehors, soit parce que leurs maisons ont été endommagées, soit par crainte des répliques.

Dans la ville montagneuse d'El Cairo, quelque 250 km au nord de Cali, les habitants sont traumatisés.

"Les gens ne veulent pas rentrer chez eux, ils ne veulent pas dormir, ils ne savent pas quoi faire", témoigne Adriana Gonzalez, une cuisinère de 40 ans.

Mery Quintero, 51 ans, a vu son "gagne-pain" disparaître avec le séisme. Sa boutique de vêtements est recouverte de débris. "C'est très dur", admet-elle.

Dans le quartier Providencia de Pereira, ville déjà frappée par un séisme qui avait fait près de 1.200 morts en 1999, des habitants ont passé la journée à extraire meubles et effets personnels de leurs logements en ruines.

Parmi eux, l'avocate Ana Paulina Crosthwaite, dont l'immeuble a été jugé dangereux après le séisme. Elle se dit "sous le choc" face à cette "nouvelle réalité". "Nous ne sommes pas prêts à dire à nos enfants qu'il faut prendre ce que nous pouvons et commencer une nouvelle vie", confie-t-elle à l'AFP.

De nombreux Colombiens se sont mobilisés, apportant de l'eau et de la nourriture aux quartiers touchés ou faisant la queue pour donner leur sang.

(S.A.Dudajev--DTZ)