Deutsche Tageszeitung - Aux Etats-Unis, la filière et la recherche apicoles en péril

Aux Etats-Unis, la filière et la recherche apicoles en péril


Aux Etats-Unis, la filière et la recherche apicoles en péril
Aux Etats-Unis, la filière et la recherche apicoles en péril / Photo: © AFP

Sur un terrain derrière une station-service désaffectée de Virginie-Occidentale, au pied des Appalaches, dans l'est des Etats-Unis, Roy Funkhouser est entouré d'une dizaine d'apiculteurs et d'une nuée d'abeilles bourdonnantes.

Taille du texte:

Ce club d'apiculteurs, amateurs comme professionnels, se réunit régulièrement pour apprendre de nouvelles techniques et discuter des problèmes auxquels ils font face. L'un des principaux: une espèce d'acariens parasites, qui ravagent les ruches.

Apiculteur chevronné, Roy Funkhouser devrait gérer environ 1.200 ruches. Mais cette année, il en a moins de 200.

"C'est un vrai combat", explique-t-il à l'AFP.

"Les parasites, les acariens, les virus, l'exposition aux pesticides et aux produits chimiques... Tout est devenu plus difficile qu'avant."

Il n'est pas seul à dresser ce constat.

Les apiculteurs américains traversent une grave crise.

Ils ont perdu plus de la moitié de leurs colonies entre avril 2024 et avril 2025, selon les dernières estimations de l'association Apiary Inspectors of America, la plus forte baisse annuelle depuis que le groupe a commencé à mener des enquêtes auprès des apiculteurs.

L'un des responsables de ces pertes est Varroa destructor, un acarien parasite de 1,5 mm ressemblant à un crabe, que le ministère américain de l'Agriculture (USDA) qualifie de "nuisible le plus redoutable pour les abeilles domestiques".

Les parasites dévastent les colonies en se nourrissant des tissus des abeilles et en transmettant un virus qui déforme leurs ailes.

- Budget réduit -

Dans sa lutte contre ces nuisibles, Roy Funkhouser peut compter sur le soutien de Zac Lamas, chercheur au centre de recherche agricole de Beltsville, qui abrite le plus ancien laboratoire apicole du pays, à la pointe de la recherche dans ce domaine depuis plus d'un siècle.

Son équipe "est venue une fois et on a tout échantillonné", raconte l'apiculteur. "Ils ont ramené des abeilles au labo pour les élever et ont mis en culture le pollen, la cire et beaucoup d'autres choses", ajoute-t-il.

Le chercheur et ses collègues élaborent ensuite des recommandations destinées aux apiculteurs du pays.

"Il ne s'agit pas seulement d'aider un seul apiculteur. On peut travailler avec des colonies ou des services de pollinisation valant plusieurs millions de dollars, qui pourraient disparaître parce que ces colonies sont menacées", explique Zac Lamas à l'AFP, entre deux démonstrations menées bras nus au-dessus des ruches.

Le ministère américain de l'Agriculture, qui cherche à réduire les coûts, a pourtant décidé de fermer le centre de recherche où il travaille pour faire des économies, mettant l'avenir de son laboratoire en péril.

Un porte-parole du ministère a indiqué à l'AFP que cette décision avait été prise en raison d'une réduction de plus de 32 millions de dollars du budget, alloué par le Congrès, pour la recherche agricole.

Le laboratoire apicole de Zac Lamas, qui emploie une vingtaine de scientifiques, "coûte 3,2 millions de dollars par an" mais permet d'apporter des solutions à un problème évalué "à 600 millions de dollars", défend le chercheur.

"Dire que nous sommes superflus et coûteux n'est pas une bonne façon de résumer la valeur de ce laboratoire ni son coût", tranche-t-il.

Interrogé par l'AFP à propos de l'avenir du laboratoire apicole, notamment pour savoir s'il pourrait être déplacé ailleurs, le ministère n'a pas répondu.

- "Une grande perte" -

A cause de l'incertitude qui pèse sur le sort de l'installation, Zac Lamas a accepté un poste dans une université locale.

Il craint que le démentèlement du laboratoire ne mène à une perte de savoir.

"Vous avez une dizaine de personnes animées par le service public, dont l'unique objectif est de contribuer à la sécurité alimentaire des Américains", explique-t-il. Réunies au sein d'un laboratoire, ces personnes, dont les compétences sont "complémentaires", peuvent travailler ensemble à résoudre des problèmes.

Les apiculteurs aussi sont inquiets.

"Ce sera une grande perte", regrette Roy Funkhouser. "Nous avons obtenu des résultats grâce à de nombreux tests et identifié beaucoup de dysfonctionnements."

"Le problème, malheureusement, c'est qu'on a à peine réglé un souci qu'un autre apparaît l'année suivante."

(L.Møller--DTZ)

En vedette

Ballon d'Or : seulement 28 points d'écart entre Kane et Mbappé

L'attaquant anglais Harry Kane, lauréat du Ballon d'Or lundi, l'a emporté avec un très faible écart, seulement vingt-huit points, devant la star française Kylian Mbappé, selon le classement détaillé publié vendredi par France Football, qui décerne le prestigieux trophée.

Des singes volés dans un zoo près de Pau retrouvés, des interpellations

Une dizaine de singes volés en début de semaine dans un zoo des Pyrénées-Atlantiques, dont certains appartenant à une espèce en danger d'extinction, ont été retrouvés et plusieurs personnes interpellées par les gendarmes à Tarbes (Hautes-Pyrénées), a-t-on appris vendredi de source proche de l'enquête.

Inde: assailli de critiques, le parc animalier géant de Vantara promet de se réinventer

Des éléphants, des tigres ou des orangs-outans à foison... dans une arche de Noé majuscule. À l'ombre de la plus grande raffinerie d'Inde, la réserve de Vantara accueille la concentration d'animaux la plus large de la planète et certainement la plus controversée.

Angleterre: une ONG lève 30 millions de livres pour transformer un immense domaine en sanctuaire de biodiversité

L'organisation environnementale Wildlife Trusts a annoncé vendredi avoir levé 30 millions de livres (36 millions d'euros) par un financement participatif pour acheter le Rothbury Estate, gigantesque domaine du nord de l'Angleterre, et le transformer en sanctuaire de biodiversité.

Taille du texte: