Deutsche Tageszeitung - Au Parc zoologique de Paris, Isis et Inaya incarnent l'espoir des Lions du Nord

Au Parc zoologique de Paris, Isis et Inaya incarnent l'espoir des Lions du Nord


Au Parc zoologique de Paris, Isis et Inaya incarnent l'espoir des Lions du Nord
Au Parc zoologique de Paris, Isis et Inaya incarnent l'espoir des Lions du Nord / Photo: © AFP

Sans timidité apparente, Isis et Inaya s'avancent vers les spectateurs: ces deux petites lionnes de deux mois, boules de poils attendrissantes nées au parc zoologique de Paris, incarnent l'espoir de la préservation des Lions du Nord.

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Accompagnées d'Asma, leur maman âgée de quatre ans, elles font leurs premiers pas en public ce mercredi. Elles sont les premiers lionceaux à naître ici depuis 2016, dans ce zoo appartenant au Muséum national d'histoire naturelle de Paris.

"Depuis 25 ans, les comptages nous mettent face à la dure réalité: il reste dans le monde de 20.000 à 25.000 lions, toutes espèces confondues", déclare Alexis Lécu, le directeur scientifique du parc.

- 2.000 Lions du Nord dans le monde -

Depuis 2017 et la révision de la taxonomie, les lions sont classées en deux sous-espèces: les Panthera leo leo - les Lions du Nord (Afrique du Nord, Afrique de l'Ouest et Asie)- dont il n'existe plus que 2.000 invidivus adultes dans le monde, et la Panthera leo melanocheita - les lions d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe - environ 20.000 individus.

La naissance des deux soeurs, Isis et Inaya le 2 avril, constitue donc un petit miracle, rendu possible par le programme européen d'élevage (EEP) dédié à la sous-espèce Panthera leo leo. Celle-ci est classée "en danger" d'extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

"Volcan, le père, et Asma, la mère, partagent le même patrimoine génétique très proche de ce qu'a été le lion de l'Atlas, un Lion du Nord dont il n'existe plus qu'une centaine d'individus dans le monde, tous en captivité", explique le spécialiste.

Le travail a commencé en 2020, avec la venue au parc zoologique de Paris de Volcan, en provenance de la ménagerie royale du zoo de Rabat. Asma est arrivée en 2023, en provenance du zoo de Dvůr Králové, en République tchèque.

"C'est un travail de longue haleine, on ne décide pas comme ça du jour au lendemain de reproduire des bébés lions de cette sous-population", souligne Alexis Lécu.

La semence du père a été analysée l'an dernier, et la nature a fait le reste.

Mais une naissance de cette importance n'est que le début d'un long chemin. D'abord, c'est seulement dans 30 à 50% des cas que la mère s'occupe de ses petits, ce qui a été le cas ici, les lionceaux ayant tété quasiment tout de suite, leur permettant ainsi d'aborber le colostrum, ce lait de fin de gestation. "Ca veut dire qu'elles ont une immunité de bonne qualité transmise par la mère", raconte Alexis Lécu.

Isis et Inaya connaîtront dans les prochains mois la réinclusion dans le clan, une étape importante. "Les lions sont le seul félidé social", note M. Lécu. Prochainement, des oncles et des tantes sortiront dans l'enclos en même temps qu'elles puis, si tout se passe bien, peut-être, leur père. Les visiteurs du parc, qui peuvent voir les lionceaux depuis ce mercredi, auront alors l'ensemble du clan sous les yeux.

- Réintroduction utopique -

A terme, Isis et Inaya pourraient rester ici, ou partir dans un autre parc zoologique, car tout est coordonné au niveau européen par un plan d'élevage.

"L'objectif, c'est d'avoir une population de sauvegarde, pas juste en nombre, mais aussi en qualité génétique. Avec un peu de volume d'animaux qui naissent et une bonne santé génétique, on a de quoi répondre à une potentielle réintroduction", souligne Alexis Lécu, une réintroduction qui apparaît toutefois utopique pour le moment.

"Réintroduire des prédateurs, c'est hyper compliqué, parce que ça pose tous les problèmes pour lesquels ils ont disparu, surtout être confrontés à l'activité humaine. Je sais qu'il y a plusieurs projets dans les tiroirs pour essayer de sanctuariser des réserves, notamment en Afrique du Nord, pour potentiellement remettre ces espèces, mais il faudrait aussi qu'elles aient assez à manger, donc il faut des proies sauvages", selon lui.

Et le chercheur de conclure: "Sans l'homme, ces espèces n'auraient pas disparu ou presque, mais sans l'homme, elles n'ont aucune chance d'espérer revenir".

(V.Varonivska--DTZ)

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