Deutsche Tageszeitung - Le secteur aéronautique et de défense français recrute à tour de bras

Le secteur aéronautique et de défense français recrute à tour de bras


Le secteur aéronautique et de défense français recrute à tour de bras
Le secteur aéronautique et de défense français recrute à tour de bras / Photo: © AFP/Archives

Oubliée la pandémie, le secteur aéronautique et de défense français lance de vastes plans d'embauches mais s'inquiète des difficultés rencontrées pour trouver les compétences rares et assurer les montées en cadence.

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Portées par la reprise du trafic aérien, la préparation des futurs programmes et l'augmentation des budgets de défense dans le monde, les 400 entreprises de la filière employant plus de 190.000 personnes, prévoient plus de 15.000 embauches en France en 2023, selon le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).

Et tous les grands donneurs d'ordre, dont dépendent une myriade de sous-traitants, sont à la manoeuvre.

Airbus a annoncé tabler sur 3.500 embauches en France cette année, dont la moitié seront des créations de postes, sur les 13.000 recrutements qu'il prévoit au total dans le monde.

Il s'agit pour l'avionneur européen de répondre à la montée en cadence de sa production d'avions alors qu'il a plus de 7.000 appareils à livrer et de préparer les technologies de l'avion vert. Un quart des recrutements qu'il prévoit au niveau mondial concerne ses activités spatiales et de défense.

Safran table lui sur 12.000 embauches, dont 4.500 en France après une année 2022 au cours de laquelle il a déjà recruté 17.000 personnes, dont plus de 6.000 étaient des créations d'emplois.

L'équipementier et motoriste, qui employait 83.000 salariés fin 2022, avait vu son activité chuter de 40% et ses effectifs mondiaux fondre de 20% pendant la crise sanitaire.

Pour Thales, c'est également une "année record": l'électronicien aéronautique et de défense prévoit d'embaucher plus de 12.000 salariés dans le monde en 2023, dont 4.000 créations de postes. Près de la moitié des recrutements (5.500) sont prévus en France.

Mêmes constats chez Dassault Aviation, dont la maison mère compte 9.200 salariés et table sur 1.000 embauches supplémentaires cette année, ou l'équipementier aéronautique Daher, qui emploie 10.500 salariés et compte recruter 1.100 personnes en 2023, dont 700 seront des créations nettes.

Parmi les profils recherchés, des spécialistes en intelligence artificielle, en cybersécurité, de l'exploitation des données ou des nouvelles énergies (hydrogène, électrification…).

- Les PME à la peine -

Autant de domaines qui intéressent d'autres secteurs de l'économie et où la compétition fait rage, résume Guillaume Faury, président d'Airbus et du Gifas.

"On est aujourd'hui en tension, en grandes difficultés, tous, pour recruter dans certains domaines, et notamment celui des nouvelles technologies", explique-t-il.

"Il y a sensiblement plus de postes ouverts que de jeunes diplômés sortant des écoles, c'est un constat qu'on fait partout dans le monde", abonde le directeur des ressources humaines de Thales, Clément de Villepin.

Si les grands groupes dégagent une attractivité qui leur a permis jusqu'à présent de remplir leurs objectifs de recrutement, la situation est souvent plus compliquée pour leurs sous-traitants.

Il s'agit souvent de petites entreprises qui ont été fragilisées pendant la pandémie et peinent depuis à remonter en cadence.

En 2020, les grands groupes ont réduit leurs effectifs de 2,7%, quand ceux des entreprises de taille intermédiaire (ETI) diminuaient de 7% et ceux des PME de 12%, selon le Gifas.

"Nombre de PME ont perdu des compétences-clés et dans des territoires parfois reculés, ce n'est pas évident pour elles" de recruter, expliquait récemment Clémentine Gallet, présidente du comité Aéro-PME au sein du Gifas et patronne de Coriolis composites.

Pour le patron d'Airbus, qui compte plus de 10.000 fournisseurs dans le monde, "si les grands groupes ont tous les effectifs dont ils ont besoin mais les entreprises sur lesquelles ils reposent n'ont pas ces compétences-là, ça ne marchera pas".

Le Gifas s'est donc lui aussi lancé dans une campagne de promotion des métiers aéronautiques, "L'Aéro recrute", et compte sur le salon du Bourget en juin, le premier depuis quatre ans, pour les mettre en exergue.

(L.Barsayjeva--DTZ)

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