Deutsche Tageszeitung - Clap de fin ou sauvetage in extremis? Caddie fixé sur son sort

Clap de fin ou sauvetage in extremis? Caddie fixé sur son sort


Clap de fin ou sauvetage in extremis? Caddie fixé sur son sort
Clap de fin ou sauvetage in extremis? Caddie fixé sur son sort / Photo: © AFP/Archives

L'heure de vérité sonne pour Caddie: le tribunal de Saverne (Bas-Rhin) examine mardi les deux offres de reprise du fabricant de chariots de supermarché, actuellement en liquidation et dont, au mieux, 42 des 110 salariés conserveront leur emploi.

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L'audience devant la chambre commerciale du tribunal judiciaire débute à 10H00. La décision pourrait être rendue le jour-même ou mercredi, selon Pierre Dulmet, l'avocat du CSE de l'entreprise de Dettwiller (Bas-Rhin) où travaillent actuellement 110 personnes.

La juridiction va se pencher sur les deux offres déposées fin juin, après le placement de Caddie en liquidation judiciaire avec poursuite d'activité.

L'une émane de l'actuel propriétaire, le groupe Cochez, basé à Valenciennes (Nord) et spécialisé dans le transport et les services industriels.

Après avoir annoncé qu'il entendait garder une quarantaine de salariés, Cochez prévoit finalement de n'en garder que 15, "abandonnant l'activité industrielle, se focalisant sur une activité de négoce et le reconditionnement de chariots", avait précisé à l'AFP Christophe Gillmé, l'administrateur judiciaire.

L'autre a été déposée par la société Skade Management de Stéphane Dedieu, ancien propriétaire de Caddie. Celle-ci reprendrait 42 salariés, "conservant l'activité industrielle et développant une activité de négoce", selon la même source.

M. Dedieu, actionnaire minoritaire de Caddie et qui serait épaulé par l'Italien Bertoldi et le Chinois Arcnode, avait déjà repris la société alsacienne en 2014, avant de la revendre en 2022 à Cochez, qui avait alors bénéficié d'aides publiques.

"Le délai était trop court pour une reprise dans de bonnes conditions. Difficile de mobiliser des investisseurs avec moi dans ces conditions", a indiqué à l'AFP M. Dedieu, qui va essayer "jusqu'à la dernière minute de lever les conditions suspensives".

Egalement sollicité, M. Cochez n'a pas donné suite.

- Offre perfectible -

Pour les salariés de cette entreprise qui n'a cessé de voir ses effectifs fondre depuis une douzaine d'années au fur et à mesure des plans de reprise, c'est pourtant l'offre de M. Dedieu qui tient la corde.

Le CSE "va donner un avis favorable" à l'offre Dedieu, "socialement plus intéressante" que celle de Cochez, indique à l'AFP Khairan Ghanmi, délégué CFDT de Caddie.

L'offre Dedieu "propose de continuer l'activité industrielle, voire remettre certains produits qu'on n'a plus, comme la +petite série+", qui concerne par exemple les chariots de magasins de bricolage ou d'aéroports, poursuit M. Ghanmi.

Avec seulement 42 salariés repris, elle implique toutefois une importante casse sociale, concède le syndicaliste. Mais "l'offre industrielle est présente, contrairement" à celle de Cochez, qui envisage l'arrêt de la production de chariots.

La proposition Dedieu "est la seule qui préserve l'emploi industriel sur le site", confirme Me Dulmet. "On sait qu'il a un vrai attachement à la +marque Caddie+" et que, "s'il présente cette offre, ce n'est pas pour vendre la marque demain. C'est un point très important", a souligné l'avocat.

Toutefois, tant M. Ghanmi que Me Dulmet jugent l'offre perfectible, notamment le financement, pas encore totalement assuré. La date de reprise, fixée au 15 septembre, est aussi "trop tardive" pour le CSE, selon Me Dulmet.

- "Petit Caddie" -

L'avocat croise malgré tout les doigts et espère que la chambre commerciale ne prononcera pas une liquidation pure et simple : si le tribunal valide la proposition de M. Dedieu, "on repartirait avec un petit Caddie" mais "qui permettrait à l'avenir peut-être de réembaucher du monde..."

Nom déposé en 1959 et inspiré du golf, Caddie a connu un succès croissant, jusqu'à devenir par antonomase synonyme de chariot de supermarché. Ses origines industrielles et alsaciennes remontent à 1928 avec des produits en fil de fer et la société a connu son heure de gloire avec l'essor de la société de consommation, avant de rencontrer des difficultés.

Caddie a ainsi connu quatre procédures de redressement judiciaire depuis 2012.

Confronté à une trésorerie exsangue, elle avait été placée le 25 juin en liquidation avec poursuite d'activité par le tribunal de Saverne, procédure qui avait permis d'enclencher le mécanisme d'assurance de garantie de salaires (AGS) afin que les employés puissent être payés.

Ils "sont combatifs", assure Me Dulmet. "Ils espèrent ne pas être déçus une dernière fois..."

(M.Dylatov--DTZ)

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