Deutsche Tageszeitung - Fin d'activité pour le fabricant de chariots de supermarché Caddie

Fin d'activité pour le fabricant de chariots de supermarché Caddie


Fin d'activité pour le fabricant de chariots de supermarché Caddie
Fin d'activité pour le fabricant de chariots de supermarché Caddie / Photo: © AFP/Archives

"C'est la fin": faute de solution de reprise, le tribunal de Saverne (Bas-Rhin) a prononcé mardi la fin d'activité pour le célèbre fabricant alsacien de chariots de supermarché Caddie pour lequel travaillaient encore 110 personnes, la fin d'une aventure industrielle entamée dans les années 1920.

Taille du texte:

"Il n'y aura pas de repreneur. On se dirige vers une liquidation dure", avait déclaré en fin de matinée l'avocat du Comité social et économique (CSE) de Caddie, Pierre Dulmet, très ému, à la sortie de l'audience devant la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Saverne.

En début d'après-midi, à l'issue d'un délibéré de quelques heures, la "fin de poursuite de l'activité" sans aucune "reprise" à compter de mardi a en effet été prononcée par la juridiction, a-t-on appris auprès du tribunal.

Quelques heures plus tôt, devant la grille du tribunal judiciaire, une trentaine de salariés et syndicalistes de l'entreprise de Dettwiller (Bas-Rhin) avaient accueilli la nouvelle dans le silence, oscillant entre déception et une forme de fatalisme.

- "Triste de finir comme ça" -

La juridiction devait se pencher sur deux offres déposées fin juin. Sa trésorerie exsangue, Caddie avait été placé le 25 juin en liquidation avec poursuite d'activité, procédure qui avait permis d'enclencher le mécanisme d'assurance de garantie de salaires (AGS) afin que les employés puissent être payés.

L'une des offres de reprise émanait de l'actuel propriétaire, le groupe Cochez, basé à Valenciennes (Nord) et spécialisé dans le transport et les services industriels, qui proposait de reprendre 15 salariés. L'autre avait été déposée par la société Skade Management de Stéphane Dedieu, ancien propriétaire de Caddie, qui envisageait la reprise de 42 salariés et avait le soutien du CSE de l'entreprise.

"Le procureur n'a pas accepté l'offre de M. Cochez, il n'a pas eu le droit de présenter son offre", a précisé Me Dulmet à l'issue d'une audience d'environ trois quarts d'heure. Et M. Dedieu, qui n'a notamment pas pu réunir l'intégralité du financement nécessaire à son projet de reprise, "n'a pas présenté son offre. Son avocat est venu pour dire: +Je ne présente pas mon offre+", avait-il poursuivi, expliquant qu'en l'absence de tout repreneur, le tribunal ne pouvait que prononcer "la cessation totale d'activité de Caddie".

"Vous avez été exemplaires dans ce dossier", avait encore lancé Me Dulmet aux salariés. "Vous vous êtes battus à fond, mais quatre redressements judiciaires" en une douzaine d'années, "c'était un de trop. Le tribunal a dit stop, il y a trop de dettes, pas assez de projets industriels suffisants, et ils arrêtent la casse."

- "Pas eu d'aide" -

"C'est un peu triste de finir comme ça", a lâché l'un des salariés, préférant garder l'anonymat. "Quelque part on s'y attendait un petit peu, on savait que ça n'allait pas bien mais on avait toujours espoir que ça puisse continuer."

"On est 110 personnes sans emploi", constate Sylvain Longchamp, délégué CFDT de 51 ans. A son âge, "trouver du boulot, ça va être compliqué", soupire le quinquagénaire. "On savait qu'un jour ou l'autre, ça serait compliqué. Mais c'est quand même décevant..."

En 10 ans chez Caddie, Kazim Arziman a connu "trois redressements. Là, c'est le comble, c'est la fin", lâche, amer, le délégué FO, qui regrette que les politiques ne se soient "pas du tout" intéressés ces derniers temps au sort de Caddie: "C'est dommage, il n'y a pas eu d'aide de la région ni de l'Etat..."

Les pouvoirs publics s'étaient portés au chevet de Caddie en 2022, lorsque l'entreprise, déjà au bord de la liquidation, avait été reprise par Cochez avec l'aide de fonds publics.

Nom déposé en 1959 et inspiré du golf, Caddie a connu un succès croissant, jusqu'à devenir synonyme de chariot de supermarché. Ses origines industrielles et alsaciennes remontent à 1928 avec des produits en fil de fer et la société a connu son heure de gloire avec l'essor de la société de consommation, avant de rencontrer des difficultés et de voir ses effectifs fondre au fur et à mesure des plans de reprise.

En mai 2023, l'entreprise avait annoncé arrêter sa production de chariots de supermarché en plastique, mettant en avant un souci environnemental.

(L.Møller--DTZ)

En vedette

Dans l'océan Indien, l'armée française veut s'affirmer sur fond de rivalités régionales

Sur le tarmac de Saint-Denis, à La Réunion, une trentaine de parachutistes montent à bord d'un A400M pour un saut en mer au large de Mayotte, à 1.400 km au nord-ouest. Un exercice militaire qui illustre le rôle stratégique de ces deux îles pour l'armée française face au rivalités croissantes dans l'océan Indien.

Flambée du carburant : les auto-écoles augmentent les prix pour ne pas caler

"On va devoir augmenter nos tarifs" : mises sous pression par la hausse des prix des carburants mais exclues des aides gouvernementales, les auto-écoles tentent de s'adapter pour continuer à rouler.

L'astronaute française Sophie Adenot, de retour sur terre ferme, est passée par "toutes les émotions" dans l'espace

L'astronaute française Sophie Adenot est passée par "toutes les émotions humaines, des plus joyeuses aux plus difficiles" pendant ses huit mois dans l'espace, a-t-elle dit lors de sa première apparition publique sur terre ferme, samedi à Cologne en Allemagne.

Alex Bodi poursuit son expansion : un showroom ALIX LASERS en projet à Bucarest

L’homme d’affaires roumain Alex Bodi conjugue relations internationales, investissements concrets et substantiels se chiffrant en millions, et développement de nouvelles activités. Le 19 septembre 2026, Bodi s’est rendu chez ALIX LASERS, en Allemagne, l’un des principaux fabricants mondiaux de systèmes laser esthétiques intégrant l’intelligence artificielle. Il y a mené avec le directeur des opérations, Dieter Eitner, d’ultimes négociations contractuelles approfondies en vue de l’ouverture d’un showroom à Bucarest avant la fin de l’année 2026. Ce projet pourrait marquer une nouvelle étape majeure dans sa stratégie d’expansion multisectorielle.

Taille du texte: