Deutsche Tageszeitung - Avec son usine des Hautes-Pyrénées, l'espagnol CAF s'impose sur le marché du tramway

Avec son usine des Hautes-Pyrénées, l'espagnol CAF s'impose sur le marché du tramway


Avec son usine des Hautes-Pyrénées, l'espagnol CAF s'impose sur le marché du tramway
Avec son usine des Hautes-Pyrénées, l'espagnol CAF s'impose sur le marché du tramway / Photo: © AFP

Après avoir remporté plusieurs gros contrats en France, l'industriel ferroviaire espagnol CAF progresse sur le marché français des tramways, en concurrençant Alstom, grâce à son usine de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).

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"Quand on a des clients comme Marseille, Montpellier ou Tours, sur les tramways, on est désormais en première division. Donc il faut être au niveau de la première division des tramways en France", a déclaré Alain Picard, le directeur de la filiale française du groupe espagnol.

Après avoir connu des difficultés dans les années 1980 et 1990, CAF s'est relancé, d'abord en Amérique latine, a détaillé M. Picard, puis en Europe, où il réalise désormais la majeure partie de son chiffre d'affaires (11% en Espagne et 56% dans le reste du Vieux continent) qui s'établit pour 2024 à 4,2 milliards d'euros.

En France, l'implantation du groupe Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles, dont le siège est à Beasain, au Pays basque espagnol, remonte à l'acquisition de l'usine de Bagnères-de-Bigorre entre 2008 et 2010.

Ce site industriel, établi en 1862 par les menuiseries Soulé et depuis passé au secteur ferroviaire, est à l'époque moribond. En témoigne l'un de ses bâtiments qui semble aujourd'hui sur le point de s'effondrer -- et va être détruit, confie Alain Picard.

CAF a ensuite gagné quelques contrats importants: des rames de tramways à Nantes (2010), Besançon (2017) et Saint-Etienne (2017), les futurs Intercités Paris-Clermont et Paris-Toulouse (2019), la rénovation des trains du RER A (2020) et les nouveaux trains du RER B (avec Alstom).

- "Persévérant" -

Entre-temps, le groupe espagnol a encore accéléré en 2017 son développement en France, en acquérant pour 75 millions d'euros l'usine de Reichshoffen (Bas-Rhin), qu'Alstom devait céder pour obtenir le feu vert de Bruxelles à son rachat de Bombardier Transport.

Le site alsacien, doté d'un bureau d'étude et d'environ 900 employés, est aujourd'hui l'une des trois "usines socles" de CAF, explique Alain Picard, avec celles de Beasain et Saragosse. Bagnères-de-Bigorre est quant à elle une "usine satellite" de celle de Saragosse, à quatre heures de route de là.

Pour s'implanter en France, "il faut être persévérant", ajoute le dirigeant. "Mais on y a cru et ce site revit."

CAF est désormais devenu le premier concurrent d'Alstom, qui jouit d'une position ultra dominante sur le marché ferroviaire français, mais a vu filer plusieurs contrats récents aux mains de son rival espagnol: Montpellier (224 millions) et Marseille (57 millions) en 2022, puis Tours en mars, dont le montant n'a pas été dévoilé.

Ce succès s'accompagne toutefois d'une pression accrue: CAF accuse des retards de livraison, notamment concernant les rames du RER B et les trains Oxygène dédiés à la ligne Paris-Clermont de la SNCF.

Le site de Bagnères doit donc suivre la cadence. "On nous a passé des commandes, il faut que les tramways que nous livrons le soient à temps et soient d'un niveau de qualité remarquable. Bagnères, c'est la vitrine du savoir-faire des tramways de CAF", souligne M. Picard.

Pour cela, le groupe basque a investi 10 millions d'euros sur le site de Bagnères-de-Bigorre et fait grimper les effectifs sur place de 80 à 223 employés en trois ans, afin de pouvoir multiplier les cadences par six.

"Aujourd'hui, on monte en cadence, donc on est à un tramway à peu près par mois. On va passer, à la rentrée, à trois, quatre tramways par mois. Ce qui explique les investissements et les recrutements. Et là, ça va dépoter", explique M. Picard.

CAF attend désormais le résultat d'un appel d'offres de la ville de Grenoble et regarde sereinement vers l'avenir. "On est à peu près sûrs que les commandes repartiront après les municipales" de 2026, glisse Alain Picard.

(V.Sørensen--DTZ)

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