Les marchés mondiaux portés par Space X et l'espoir d'un accord au Moyen-Orient
Les Bourses mondiales grimpent vendredi, portées par l'introduction en Bourse de Space X et l'espoir d'un accord au Moyen-Orient qui ramène les prix du pétrole vers les niveaux précédant le conflit.
"L'optimisme autour des relations entre les États-Unis et l'Iran soutient l'appétit pour le risque avant l'introduction en Bourse de SpaceX", résume Fawad Razaqzada, analyste de marché pour FOREX.com.
A Wall Street, l'indice Nasdaq des valeurs technologiques était à l'équilibre (+0,03%) malgré les promesses du patron de SpaceX Elon Musk en actant l'entrée en bourse de son entreprise aérospatiale ("SpaceX souhaite pouvoir vous emmener sur la Lune, sur Mars").
L'action SpaceX ne s'échangeait pas encore à 14H00 GMT (16H00 à Paris), son lancement n'étant prévu que plus tard dans la journée.
L'entreprise a confirmé jeudi son objectif de lever 75 milliards de dollars lors de l'opération, soit le triple de la plus importante entrée en Bourse de l'histoire, celle du pétrolier Saudi Aramco en 2019.
SpaceX est désormais valorisé 1.765 milliards de dollars, soit l'une des dix plus grosses capitalisations boursières du monde.
"Cette journée pourrait entrer dans l'histoire" comme celle où Elon Musk deviendrait la première personne à franchir la barre symbolique des 1.000 milliards de dollars de fortune, abonde Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote.
Mais "la véritable question est de savoir si SpaceX pourra maintenir une telle valorisation à l'avenir, notamment au moment de la publication de ses résultats financiers" rappelle Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB.
Le Dow Jones (+0,43%) et le S&P 500 (+0,29%) progressaient tout aussi tranquillement.
Les marchés réagissaient également aux espoirs de paix au Moyen-Orient.
"Le pétrole repasse sous 90 dollars et c'est peut-être l'élément le plus important de la semaine", relève Florian Ielpo de la banque privée Lombard Odier.
- "De nombreuses autres questions" -
Vers 14H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale, ralentissait sa baisse (-1,26%) à 89,24 dollars le baril, tout comme le WTI américain (-1,39% à 86,49 dollars le baril).
"Le marché ne croit pas forcément à une paix durable, mais il commence à croire que le pire scénario énergétique devient moins central et c'est déjà beaucoup", ajoute Florian Ielpo.
Donald Trump a annulé jeudi les frappes américaines qu'il avait menacé de lancer dans la soirée contre l'Iran, assurant qu'un terrain d'entente avait été trouvé.
"Ce type d'annonces s'est déjà multiplié par le passé, mais le marché y croit", affirme Neil Wilson, de Saxo Markets.
L'Iran a affirmé vendredi que tout accord final avec Washington pour mettre fin à la guerre devrait maintenir son droit à enrichir l'uranium et son contrôle du détroit d'Ormuz, au lendemain de l'annonce par Donald Trump d'une possible signature dès ce week-end.
"De nombreuses autres questions nécessitent encore des réponses détaillées, notamment celle de savoir si cet accord constitue simplement une prolongation du cessez-le-feu expiré ou un véritable accord de paix permanent", rappelle Tamas Varga, analyste de PVM Oil Associates.
Les marchés d'actions progressent fortement, "les investisseurs se montrant plus optimistes quant aux perspectives à court terme grâce à la perspective d'une inflation plus faible et d'un nombre réduit de hausses de taux" des grandes banques centrales, poursuit Jim Reid.
Vers 14H30 GMT, la Bourse de Paris prenait 1,48%, Francfort 1,31% et Milan 1,69%.
Londres montait nettement également (+1,38%) mais restait derrière les autres places européennes en raison de sa corrélation avec les prix du brut. L'indice FTSE 100, fortement exposé aux valeurs énergétiques, souffrait notamment des reculs de BP (-2%) et Shell (-1,85%). La baisse des cours du pétrole pèse mécaniquement sur les perspectives de bénéfices de ces groupes.
(L.Barsayjeva--DTZ)