Deutsche Tageszeitung - La canicule s'installe dans la durée et s'étend

La canicule s'installe dans la durée et s'étend


La canicule s'installe dans la durée et s'étend

La canicule s'est installée jeudi sur une large partie de la France, de Paris au centre-est, et s'étendra vendredi, avec une cinquantaine de départements en vigilance orange, et plusieurs municipalités annulant la populaire Fête de la musique prévue dimanche.

Taille du texte:

Devant une pharmacie qui affiche 36°C dans le quartier très minéral de la Part-Dieu à Lyon, deux jeunes salariées cherchent de l'ombre pour une pause cigarettes. "Même en jean, ça brûle les fesses", plaisante Morgane, après avoir testé un banc au soleil.

Alors que l'été ne commence que dimanche, MétéoFrance, dans son bulletin de 16H00 a étendu à 53 départements la vigilance orange "canicule" à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu'ici, "le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est".

L'épisode de chaleur s'annonce "étendu, durable et intense", avertit l'organisme, listant des températures notables relevées ce jeudi à 15HOO de 35,3°C à Paris, 36,4°C à Lyon, 36,6°C à Ferté-Hauterive (Allier).

Le "pic caniculaire remarquable" est attendu à l'échelle de la France entre dimanche et mardi, avec des "pointes à 40°C en particulier sur l'Ouest et le Centre (entre Garonne et Loire), avertit MétéoFrance.

Déjà la nuit de mercredi à jeudi "a été chaude sur une grande partie du pays", souligne MétéoFrance. Le mercure n'est pas descendu sous les 23,8°C à Mont-Saint-Vincent (Saône-et-Loire), une valeur inédite au mois de juin" pour cette station, indique l'établissement public.

On parle de "nuits tropicales" lorsque la température n'est pas redescendue sous 20°C, estime l'organisme.

La SNCF a en conséquence supprimé 71 trains Intercités qui devaient circuler de jeudi à lundi, pour "prévenir les pannes potentielles de climatisation". Les lignes concernées sont Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et la Transversale Sud Bordeaux-Marseille.

- Suspension des cours -

La fournaise met particulièrement à rude épreuve les élèves planchant dans des salles surchauffées pour les épreuves écrites de spécialités du bac, qui se terminent jeudi.

Plusieurs établissements scolaires ont annoncé que les cours seraient aménagés dès jeudi après-midi à cause de la canicule, a-t-on appris auprès des autorités académiques, de syndicats et de courriers consultés par l'AFP.

À Paris, une "dizaine" de collèges ont pris des "aménagements" pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure, a indiqué à l'AFP l'académie, qui souligne que l'accueil des élèves reste néanmoins maintenu.

La chaleur met également en péril la populaire Fête de la musique, tradition née il y a plus de quarante ans et prévue dimanche.

Brive-la-Gaillarde (Corrèze) a annoncé qu'elle annulait les animations prévues, et à Claye-Souilly (Seine-et-Marne) c'est une annulation complète "dans un souci de sécurité pour les artistes, les bénévoles, les agents mobilisés et l'ensemble du public", selon les autorités.

Les festivités ne se tiendront pas non plus dans certaines petites villes comme Le Teich (Gironde), Ecommoy (Sarthe) et Saint-Savinien-sur-Charente (Charente-Maritime).

Face aux fortes chaleurs, Paris a autorisé la baignade dans une portion du canal Saint-Martin, dans l'est de la capitale, pour en faire un "véritable outil de rafraîchissement". "Profitez-en, et faites attention à vous avec la chaleur", a lancé le maire PS, Emmanuel Grégoire, dans un message sur X. Des foules en maillot de bain ont plongé à la recherche d'un peu de fraîcheur, a constaté un photographe de l'AFP.

Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne dans la lutte contre la canicule, estime la Fondation pour le logement des défavorisés. Dans un rapport publié jeudi, elle rappelle que les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d'été et au phénomène des "logements bouilloires".

"On étouffe. Ils disent qu'ils font des travaux mais ça avance pas", explique Léria, 32 ans, femme au foyer dans les tours Nuage de Nanterre (Hauts-de-Seine). "Avant, c'était l'hiver qui était pourri, on crevait de froid, mais maintenant, j'ai peur quand l'été approche".

C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites pour le mois.

La France subit "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

(L.Møller--DTZ)