Deutsche Tageszeitung - Pas de cigarettes pour les nouvelles générations: l'Assurance maladie dégaine une mesure choc

Pas de cigarettes pour les nouvelles générations: l'Assurance maladie dégaine une mesure choc


Pas de cigarettes pour les nouvelles générations:  l'Assurance maladie dégaine une mesure choc
Pas de cigarettes pour les nouvelles générations: l'Assurance maladie dégaine une mesure choc / Photo: © AFP

Interdire l'achat de cigarettes aux nouvelles générations, signaler les produits ultra-transformés: l'Assurance maladie veut miser sur la prévention pour freiner la croissance des dépenses de santé, sans toutefois renoncer aux mesures d'économies plus classiques.

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Dans son rapport annuel "charges et produits", sorte de bilan destiné notamment à "éclairer les débats" budgétaires de l'automne, la Caisse nationale d'Assurance maladie (Cnam) plaide pour interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009, pour faire émerger une génération "sans tabac", qui serait beaucoup moins touchée que ses ainées par les coûteuses maladies du système respiratoire.

Le Royaume-Uni a récemment voté cette mesure, devenant "le deuxième pays du monde" à le faire, souligne la Cnam.

"Il n'y a pas de raison d'être plus bêtes" qu'eux, d'autant qu'aujourd'hui, "malgré tout ce qui a été fait (affichages sur les paquets, hausse des prix...) on reste mauvais par rapport à nos voisins" en termes de consommation de tabac, a dit lors d'une conférence de presse le directeur général de l'Assurance maladie, Thomas Fatôme.

"La France n’est pas une île. Pire encore, elle compte pas moins de 8 passages frontaliers, soit autant de canaux d’approvisionnement différents, avec ses propres prix et ses propres règles", a réagit la confédération des buralistes, dénonçant une "fausse bonne idée, profondément inadaptée aux réalités françaises".

L'Assurance maladie propose aussi de "rendre le Nutri-Score obligatoire sur les produits emballés et en parallèle, ajouter une information sur le caractère ultratransformé du produit", et notamment l'ajout d'additifs "néfastes pour la santé".

Sur le volet préventif également, elle suggère de rendre obligatoire le casque à vélo et sur les "engins de déplacement personnel motorisés" pour les plus de 12 ans, en lien avec la hausse "des accidents de trajet" pour aller au travail: ils ont augmenté de 7,6% en 2024 et doublé depuis 2017.

Et elle veut "construire en deux ans, (…) une grande campagne de vaccination contre les pneumocoques" pour les plus de 65 ans avec "la même ambition" que celle contre la grippe.

Aujourd'hui, seulement 18,7% des 65 ans et plus sont vaccinés, et le coût associé aux pneumonies et infections liées est estimé "entre 2,7 à 3,4 milliards" d'euros annuels, selon l'Assurance maladie.

- Médicaments et kinés dans le viseur -

Mais les mesures de prévention ne suffiront pas pour réduire le déficit, "extrêmement élevé", selon M. Fatôme: il devrait s'établir à 13,8 milliards d'euros en 2026, et risque d'atteindre 15 milliards en 2027, et 17 milliards en 2029.

La Cnam fixe donc l'objectif de réduire ses dépenses de 3,9 milliards d'euros en 2027.

Les médicaments "coûtent de plus en plus cher", parce qu'ils "sont innovants" mais aussi parce qu'ils "ne sont pas toujours prescrits à bon escient", a notamment souligné Thomas Fatôme.

L'Assurance maladie veut donc encourager la "la déprescription", c'est-à-dire "faire un bilan de l'ensemble des médicaments" dont dispose un patient dans une consultation spéciale, pour éventuellement supprimer des médicaments inutiles ou présentant des risques en cas d'association.

"On prescrit encore trop d'antibiotiques chez les enfants, (...) trop de somnifères chez les personnes âgées. Dans près de 30% des cas, à l'entrée en Ehpad, on a des médicaments qui sont dits inappropriés", a assuré M. Fatôme.

La Cnam appelle aussi à des efforts de "désescalade thérapeutique" en oncologie, "sans perte de chance pour le patient", et à "revoir le périmètre de prescription" du très coûteux Vyndaqel contre l'amylose cardiaque, en tête du classement des 20 médicaments les plus remboursés.

Elle entend serrer la vis sur les soins de kinésithérapie, en revoyant le "mode de rémunération" des kinés qui aujourd'hui favorise "la course à l'acte", a dit M. Fatôme. Faut-il créer "des forfaits pour certaines prises en charge" ou envisager "des tarifs dégressifs" en fonction du nombre de séances ?, s'est-il interrogé, souhaitant "ouvrir des discussions".

Interrogée par l'AFP, la fédération d'associations anti-tabac Contre-feu, qui plaide depuis 2022 pour une génération sans tabac, s'est "félicitée" de la position de la Cnam. Le tabac "cause encore 68.000 décès par an" et c'est "une étape fondamentale: après le Royaume-Uni, la France est bel et bien en train de s'engager", a-t-elle dit.

(L.Barsayjeva--DTZ)

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