Deutsche Tageszeitung - Allemagne: coup d'envoi d'une mobilisation sociale dans l'automobile

Allemagne: coup d'envoi d'une mobilisation sociale dans l'automobile


Allemagne: coup d'envoi d'une mobilisation sociale dans l'automobile
Allemagne: coup d'envoi d'une mobilisation sociale dans l'automobile / Photo: © AFP/Archives

Le syndicat allemand IG Metall a lancé vendredi une première vague de protestation chez Mercedes-Benz contre les projets d'économies du constructeur, donnant le coup d'envoi d'une mobilisation qui pourrait s'étendre à l'ensemble du secteur automobile en crise.

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Réunis sous le mot d'ordre "Ça suffit! Défendre les sites industriels et les standards conventionnels", plus de 33.000 salariés se sont mobilisés sur les différents sites allemands du constructeur de la Classe S, selon un communiqué du syndicat.

Sollicité par l'AFP, Mercedes-Benz en a dénombré plus de deux fois moins, environ près de 16.000 selon leur estimation.

Les salariés entendent dénoncer les projets de la direction visant "un allongement du temps de travail sans compensation salariale", de même que la "réduction d'avantages conventionnels", et plus largement la poursuite d'une "politique de réduction des coûts", réputés élevés au sein de la première économie européenne.

"Bonjour le management : ce n'est pas comme cela que cela fonctionne !", a martelé Christiane Benner, présidente d'IG Metall, dans le communiqué.

Le syndicat réclame davantage d'investissements dans les sites allemands et des garanties pour l'emploi, alors que l'industrie automobile traverse une crise durable en raison de la concurrence chinoise, les coûts élevés de la transition vers l'électrique et la faiblesse de la demande.

Dans une réaction transmise à l'AFP, Mercedes-Benz a assuré "prendre au sérieux les éventuelles incertitudes et préoccupations" des salariés tout en défendant "une offensive de productivité" pour "garantir durablement la compétitivité de l'entreprise".

IG Metall a indiqué que d'autres actions étaient prévues dans les prochaines semaines chez d'autres constructeurs et équipementiers.

Cela sera notamment le cas chez Volkswagen, alors que le patron du groupe, Oliver Blume, doit présenter jeudi prochain au conseil de surveillance un plan d'économies et de réorganisation sans précédent destiné à restaurer la rentabilité du groupe.

Le projet alimente les inquiétudes sur l'avenir de plusieurs usines allemandes du groupe aux dix marques, et selon le quotidien Handelsblatt, plus de 100.000 emplois pourraient être supprimés dans le monde d'ici à 2030.

Mme Brenner a par ailleurs appelé le gouvernement allemand à mener une "politique industrielle active" pour accompagner la transformation du secteur.

Le gouvernement du chancelier Friedrich Merz a justement ouvert la porte à un tel dialogue jeudi, invitant les partenaires sociaux de secteurs en difficulté, dont l'automobile, à proposer d'ici la mi-octobre des mesures pour renforcer la compétitivité.

(L.Barsayjeva--DTZ)

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