Marchés mondiaux: les incertitudes politiques en ligne de mire, Sao Paulo jubile
Les turbulences politiques ont rythmé les marchés mondiaux lundi, partagés entre les inquiétudes autour des finances publiques françaises, les élections anticipées en Espagne et les résultats du premier tour de la présidentielle au Brésil, salués par la Bourse de Sao Paulo.
En Europe, Francfort est restée stable (+0,09%) Londres a pris 0,34%, et Milan 0,66%.
Paris a perdu 0,80%, plombée notamment par les incertitudes liées à la situation budgétaire et politique en France.
"Le marché ne croit pas que le gouvernement français mettra en œuvre les réformes budgétaires nécessaires", estime Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.
Paris a présenté jeudi dernier son projet de budget 2027, avec l'ambition de "redresser" les finances publiques par des mesures d'économies, mais son adoption au Parlement est incertaine en raison de l'absence de majorité.
Or, la France fait déjà face à un déficit et une dette par rapport au PIB parmi les plus élevés en Europe.
Les difficultés françaises plombent la monnaie unique européenne, qui évolue à des niveaux plus vus depuis mai 2025 face au billet vert. Vers 20H55 GMT, elle lâchait 0,30% au dollar, à 1,1221 dollar pour un euro.
Par ailleurs, "l'Espagne s'apprête à faire face à des élections anticipées, ce qui ne fait qu'accroître les doutes (sur la zone euro NDLR) chez les investisseurs", explique Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a convoqué lundi un vote pour le 29 novembre, un pari pour reprendre l'initiative politique et se maintenir au pouvoir après le rejet par les députés de ses mesures pour mettre un terme à la crise du logement.
Dans ce contexte, les dettes des États européens restent perchées à un haut niveau. Le taux d'intérêt à échéance dix ans de l'Allemagne, référence sur le continent, atteignait 3,48% dans les derniers échanges, contre 3,46% en clôture vendredi dernier.
Son équivalent français restait globalement stable par rapport à la veille, à 4,86%.
Les bons du Trésor américains à dix ans grimpaient eux à 5,30% contre 5,27% vendredi.
Mais "personne n'a semblé s'en soucier aujourd'hui" à Wall Street, commente auprès de l'AFP Christopher Low, de FHN Financial.
D'après l'analyste, "il y a encore énormément de liquidités disponibles et (...) de capitaux en quête d'investissement."
L'indice Nasdaq (+1,05%) a décroché un nouveau record en séance (à 27.544,06 points) et en clôture (à 27.477,31 points). L'indice élargi S&P 500 s'est octroyé 0,66% et le Dow Jones a gagné 0,18%.
Côté pétrole, le prix du baril de Brent a perdu 1,89% à 100,32 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate, a reculé de 1,84% à 89,43 dollars.
- Sao Paulo jubile -
La Bourse de Sao Paulo s'est envolée (+7,70%) lundi après le premier tour de l'élection présidentielle au Brésil qui a vu dimanche arriver en tête le conservateur Flavio Bolsonaro, fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro.
"Le résultat augmente la probabilité d'une orientation politique plus favorable aux marchés, fondée sur la consolidation budgétaire, les réformes économiques et un rapprochement avec les États-Unis", explique Thomas Haugaard, gérant de portefeuille chez Janus Henderson.
Le réal brésilien s'est aussi fortement apprécié. La monnaie "a gagné jusqu'à 3,3% face au dollar américain, enregistrant sa plus forte hausse depuis quatre ans", notent les analystes de Monex USA.
- Schneider plonge après un rachat historique -
Le géant français Schneider Electric va racheter l'américain PTC, concepteur de logiciels basé à Boston (Massachusetts), pour lequel il va débourser plus de 20 milliards d'euros, signant ainsi la plus importante acquisition de son histoire.
Le titre de l'entreprise a plongé de 9,97% à Paris à 272,80 euros. Au contraire, PTC s'est envolé de 33,49% à 192,26 dollars à Wall Street.
"L'opération va diluer l'activité de gestion de l'énergie et de centres de données que le marché veut détenir", selon les analystes de Jefferies.
Ces activités sont fortement bénéficiaires, car elles profitent de la demande massive et des milliards de dollars d'investissements des géants de la tech pour financer les infrastructures sur lesquelles sont développées les IA.
(Y.Leyard--DTZ)