La Bourse de Paris finit en hausse après une série de résultats, le taux français au-dessus des 5 %
La Bourse de Paris a terminé en hausse mercredi, après une séance dominée par des résultats d'entreprises et par une nouvelle flambée du taux d'emprunt français à dix ans, qui a dépassé 5 % pour la première fois depuis 2002.
Le CAC 40 a pris 1,06 % à 7.921,68 points, en hausse de 83,19 points. La veille, il avait cédé 0,38 %.
La séance a été marquée par une série de résultats d'entreprises.
Côté gagnants, EssilorLuxottica s'est envolé de 15,48 % à 173,80 euros, en tête du CAC 40. Le géant de l'optique a annoncé une hausse de 20 % des ventes de ses lunettes connectées au troisième trimestre, à 486 millions d'euros. Le titre reste en recul de plus de 35 % depuis janvier.
Bureau Veritas a gagné 3,64 % à 28,73 euros après avoir confirmé ses objectifs.
Côté perdants, Carrefour a plongé de 13,80 % à 14,05 euros, effaçant tous ses gains depuis le début de l'année. Il a estimé que les pillages du week-end, ayant touché une cinquantaine de ses magasins, pèseront sur son résultat opérationnel courant à hauteur de 80 à 200 millions d'euros.
Michelin a reculé de 7,16 % à 30,86 euros, malgré la confirmation de ses objectifs annuels. Le fabricant de pneumatiques a fait état d'un chiffre d'affaires stable sur neuf mois et sa directrice financière a qualifié l'année 2027 de "très incertaine".
- Le taux à dix ans au dessus des 5 % -
Le taux d'emprunt de la France à échéance dix ans a terminé mercredi la séance au-dessus de 5 %, une première depuis 2002, sur fond de défiance croissante des investisseurs quant à la situation politique et budgétaire du pays.
Le rendement de l'obligation française a terminé à 5,01 %, contre 4,93 % la veille en clôture.
Pour Andrea Tueni, de Saxo Banque, "deux facteurs expliquent cette hausse. Il y a d'abord la situation sur les prix de l'énergie, qui pousse l'inflation vers le haut, ce qui a un impact sur les politiques monétaires des banques centrales".
"La deuxième explication est plus franco-française, avec la situation sur la politique et le déficit, et surtout avec des échéances assez compliquées pour le pays", a poursuivi l'analyste.
Les investisseurs doutent depuis plusieurs semaines de la situation budgétaire française, avec une dette et un déficit publics parmi les plus hauts en Europe, sur fond de débat politique tendu autour du projet de budget 2027 et d'incertitudes liées à l'élection présidentielle.
La réévaluation de la note de la dette française par l'agence de notation Moody's, attendue vendredi, ajoute de la fébrilité.
L'écart avec le taux de l'Allemagne, considérée comme l'emprunteur le plus sûr d'Europe, a atteint 1,59 point de pourcentage, un niveau inédit depuis 2011, en pleine crise de la dette en zone euro.
Cet indicateur, baptisé "spread" dans le jargon financier, mesure la méfiance des investisseurs. Plus il est élevé, plus la France paie cher pour se financer par rapport à l'Allemagne.
(W.Novokshonov--DTZ)