Après les menaces de Trump, l'Iran avertit qu'une nouvelle guerre pourrait se prolonger
L'Iran a averti dimanche les Etats-Unis qu'une éventuelle reprise des hostilités risquait de se prolonger, au lendemain de nouvelles menaces de Donald Trump qui veut encore "s'occuper" d'un ou deux sites.
"Nous pouvons faire ça en dix minutes", a lancé le président américain, qui n'avait pas exclu la semaine dernière "une autre petite +Fureur épique+" en référence au nom de l'offensive militaire lancée le 28 février par Washington contre la République islamique.
Téhéran a répliqué que cette fois, Donald Trump "ne serait pas en mesure de dicter ni le moment ni les conditions" de l'arrêt des hostilités. "Une nouvelle guerre pourrait être plus longue que la précédente", a estimé le porte-parole de l'armée, Mohammad Akraminia.
Il faisait référence à la phase la plus intense du conflit, qui a tué de nombreux responsables iraniens - dont le guide suprême Ali Khamenei - et fait des milliers de morts civils, en près de 40 jours de bombardements israélo-américains.
Un cessez-le-feu en avril y a mis fin, suivi d'un protocole d'accord en juin mais la fragile entente a volé en éclats cet été et des échanges de frappes ont repris, l'Iran ripostant en ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie.
Si une accalmie est observée depuis début septembre, des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat prévues mardi.
- Mont Kolang -
"Nous avons neutralisé leurs capacités nucléaires. Il nous reste encore à nous occuper, je dirais, d'un ou deux sites", a déclaré le dirigeant américain samedi à des journalistes dans sa résidence en Floride. "Vous pourriez probablement regarder du côté de Pickaxe Mountain, et il faut s'en occuper. Nous pouvons faire tout cela très rapidement".
Situé à proximité du site d'enrichissement d'uranium de Natanz, à 250 km au sud de Téhéran, le mont Kolang est soupçonné d'abriter un complexe nucléaire souterrain selon les services de renseignement américains. Donald Trump avait déjà menacé de le bombarder fin juillet.
Le pouvoir iranien rejette ces allégations, tout comme il dément vouloir se doter de l'arme atomique, défendant son droit au nucléaire civil.
A l'issue des législatives cette semaine en Israël, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu avait lui aussi évoqué "une opportunité historique unique" d'"éliminer définitivement la menace existentielle" de l'Iran, son ennemi juré.
- Prêts "au pire" -
Face à ces menaces, le guide suprême Mojtaba Khamenei, qui a succédé en mars à son père, a mis en garde samedi contre "une riposte immédiate, puissante et sans limite géographique".
L'ayatollah, invisible depuis sa nomination, a aussi ordonné aux responsables militaires de mettre à jour la liste des cibles pour y inclure "tous les types d'actifs matériels et immatériels appartenant à l'ennemi américano-sioniste".
Des avertissements réitérés dimanche par le ministre de la Défense et les Gardiens de la Révolution, puissante armée de la République islamique.
L'Iran a déjà menacé de s'en prendre aux centres de données et systèmes d'intelligence artificielle, ainsi qu'aux câbles sous-marins dans le stratégique détroit d'Ormuz, au coeur du conflit.
Des tractations sont toutefois en cours sous l'égide du médiateur qatari. Une délégation iranienne s'est rendue au Qatar et dimanche, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dit espérer "que la partie adverse fera preuve de raison et privilégiera la voie diplomatique plutôt que d'autres options".
"La République islamique d'Iran reste prête à mener de front la défense et la diplomatie", a-t-il ajouté, cité par l'agence de presse officielle iranienne Irna.
Samedi, l'Iran avait salué le "changement de ton" dont témoignait une lettre du vice-président américain JD Vance destinée, selon le Wall Street Journal, à relancer les négociations.
Les Emirats arabes unis ont également dit espérer une percée diplomatique. "Il n'est pas dans l'intérêt de la région (...) de connaître un nouveau cycle de confrontation. Mais comme nous l'avons déjà montré par le passé, nous sommes également prêts à faire face au pire", a souligné le conseiller diplomatique du président émirati Anwar Gargash, lors d'une conférence organisée à Manama, la capitale de Bahreïn.
Dans les rues de Téhéran, Mohadese, une jeune femme de 27 ans employée dans le secteur de la santé, essaie de chasser "les pensées négatives", et ne veut pas "s'inquiéter sans cesse de ce qui pourrait arriver".
Ebrahim, lui, se montre impassible: "nous ne craignons pas une autre guerre, cela fait 48 ans que nous sommes en guerre", lance ce vendeur quadragénaire, en référence à l'avènement de la République islamique en 1979.
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(M.Travkina--DTZ)