Deutsche Tageszeitung - Au lycée, les téléphones dans des mallettes pour mieux se concentrer

Au lycée, les téléphones dans des mallettes pour mieux se concentrer


Au lycée, les téléphones dans des mallettes pour mieux se concentrer
Au lycée, les téléphones dans des mallettes pour mieux se concentrer / Photo: © AFP

"Au début, c'était compliqué, parce que je suis addict à mon téléphone", admet Lina, 18 ans. Dans son lycée du Val-d'Oise, les portables sont déposés dans une mallette pendant les cours et "ça m'a aidée à me concentrer", reconnaît l'élève de terminale.

Taille du texte:

"Mes notes ont augmenté", poursuit la lycéenne aux cheveux retenus par un bandeau, qui prépare un bac professionnel Agora (Assistance à la gestion des organisations) au lycée de Montsoult (Val d'Oise). "Avant, je tournais autour des 8, 9, 10. Maintenant, je suis plus autour des 14" de moyenne.

Dans ce lycée professionnel, qui accueille 600 élèves, souvent en difficulté voire en décrochage scolaire et socialement défavorisés, l'interdiction du téléphone en cours, inscrite dans le règlement intérieur, peinait à être respectée.

Les élèves peuvent récupérer leur téléphone après le cours et l'utiliser dans le reste de l'établissement.

"J'ai géré beaucoup moins d'incidents de portables" et "ça a été accepté dans l'ensemble, à partir du moment où la règle a été collective", constate la proviseure, Françoise Rossi.

- "climat apaisé" -

14H15, début du cours d'espagnol, 24 élèves de terminale entrent dans la classe et s'installent. Leur professeure passe entre les tables avec une mallette souple noire, qui comporte un emplacement numéroté par élève pour ranger son téléphone. Chacun y glisse le sien, le cours commence.

L'enseignante Christine Antunes distribue des dictionnaires papier aux élèves, dont l'utilisation est peu familière à certains, "à force d'utiliser le téléphone portable notamment", glisse-t-elle.

Pour elle, la collecte des portables a "apaisé le climat scolaire" car "beaucoup d'altercations étaient dues à l'utilisation des téléphones".

"C'était des élèves qui essayaient de tricher"" ou "qui ont filmé parfois ce qui se passait en classe". "Il y avait toujours la petite main qui était dans le sac pour essayer de regarder un contenu, de taper un message...". Aujourd'hui, "on voit que les élèves sont beaucoup plus concentrés", observe-t-elle.

Un constat partagé par Lina et ses camarades. "Il n'est plus dans ma poche, déjà. Je n'ai plus cette habitude de penser à mon téléphone", explique Wiâm, 18 ans, qui reconnaît passer "beaucoup d'heures" sur TikTok, Spnapchat, Instagram ou Youtube.

- 12 heures par jour -

Lina avoue aussi être "tout le temps sur son téléphone" sauf en cours, et passer "11 heures facile" voire 12 par jour sur son écran, surtout sur les réseaux sociaux. Maintenant, en cours, "elle est plus concentrée sur le tableau" que sur l'appareil.

A côté d'elle, Nisa, 18 ans, adepte de TikTok et Snapchat, trouve "difficile de laisser" son téléphone, sur lequel elle est constamment "quand elle ne dort pas". Mais depuis elle a appris à "gérer", explique la jeune fille aux yeux maquillés de noir.

Quant à une interdiction généralisée du téléphone au lycée, à laquelle le gouvernement travaille, "ce serait très compliqué", estime Wiâm. Lina, elle, pense que "les gens ne vont pas le respecter du tout".

La proviseure est aussi dubitative. "Ça demande une autre gestion si on veut l'interdire sur l'ensemble de l'établissement", estime-t-elle. "Il faut gérer les flux d'entrée et de sortie des élèves", et "est-ce que, dans ce cas-là, il ne faut pas basculer sur des casiers nominatifs d'élèves?", se demande-t-elle. Mais "600 casiers d'élèves, je ne sais même pas comment je l'organise dans l'espace...".

Christine Antunes craint, elle, que cela renforce l'absentéisme, déjà élevé dans ce lycée. L'important est de "continuer le travail d'éducation et de prévention", car "le problème, c'est que quand ils rentrent chez eux, ils reprennent leurs habitudes", souligne-t-elle.

(L.Svenson--DTZ)

En vedette

Violences à l'école: près d'un tiers des collégiennes victimes de cyberviolences

Près d'un tiers des collégiennes (30,6%) et un quart des lycéennes (24,9%) déclarent avoir été victimes de cyberviolences, selon une étude de l'Observatoire national des violences faites aux femmes dévoilée jeudi, alors que le gouvernement veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

L'Assemblée adopte l'article phare du texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans

La France bientôt pionnière en Europe? Les députés ont approuvé lundi l'article phare d'une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure visant à protéger la santé des adolescents, soutenue de tout leur poids par le gouvernement et Emmanuel Macron.

Assassinat de Samuel Paty: les quatre accusés contestent les faits à l'ouverture du procès en appel

Les quatre hommes condamnés en première instance à des peines de 13 à 16 ans de réclusion criminelle pour leur rôle dans l'assassinat en octobre 2020 du professeur Samuel Paty par un islamiste tchétchène, ont contesté lundi les faits qui leur sont reprochés, à l'ouverture de leur procès en appel.

Macron veut l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans "dès la rentrée prochaine"

Emmanuel Macron a promis, dans une vidéo diffusée samedi par BFMTV, que le gouvernement engagerait "la procédure accélérée" pour que le texte sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans soit rapidement adopté par le Parlement et puisse entrer en vigueur à la rentrée prochaine.

Taille du texte: