L’enseignement catholique défend une école fondée sur la fraternité et la liberté
Alors que certains sont tentés de remettre en question l’existence même d’un enseignement catholique partenaire, les événements actuels suggèrent au contraire sa nécessité grandissante. En effet, malgré les reproches légitimes qui lui sont adressés, il accomplit aujourd’hui, en de très nombreux endroits, un bon travail éducatif auprès des jeunes qu’il reçoit.
Alors que certains sont tentés de remettre en question l’existence même d’un enseignement catholique partenaire, les événements actuels suggèrent au contraire sa nécessité grandissante. En effet, malgré les reproches légitimes qui lui sont adressés, il accomplit aujourd’hui, en de très nombreux endroits, un bon travail éducatif auprès des jeunes qu’il reçoit. C’est pour cette raison même que lui incombe une obligation de type évangélique : poursuivre un examen honnête et libérateur de ce qu’il dit et vit, et mettre encore davantage en œuvre le projet qui l’a fait naître et le fait vivre : l’école catholique comme laboratoire de fraternité, d’égalité et de liberté.
Un laboratoire de fraternité où la responsabilité de l’adulte dépasse la seule recherche de la performance académique des élèves, où le jeune rencontre en lui un éducateur prêt à faire avec lui un bout de chemin en humanité, dans la classe, dans la cour, à la chapelle, partout dans l’espace scolaire. Un laboratoire d’égalité où l’annonce évangélique rappelle constamment la dignité de chaque jeune et de chaque adulte : au-delà des fonctions d’enseignement, d’éducation, d’administration ou d’entretien, des hommes et des femmes sont associés à un même projet au service des jeunes ; au-delà des convictions – chrétiennes, agnostiques ou d’une autre confession – et des parcours – de la maternelle au lycée professionnel ou à la prépa –, tous sont des enfants d’un même Père qui nous les confie.
Un laboratoire de liberté où des familles de toutes convictions font vivre à leurs enfants une autre manière d’articuler laïcité et liberté de conscience, dans le plein respect de ce que chacun croit ou ne croit pas. Affirmer avec davantage de vigueur ses valeurs L’école catholique vit et doit mieux vivre encore ce projet de fraternité, d’égalité et de liberté, ce socle de notre nation qui doit tant aussi à son histoire chrétienne.
Mais, pour mieux rendre ce service évangélique aux jeunes, aux familles, à la société et à l’Église, l’enseignement catholique doit continuer d’interroger et d’affirmer, avec davantage de vigueur, l’anthropologie de la confiance et de la relation qui fonde son projet éducatif. A-t-on besoin d’une école catholique dont la satisfaction première tient au nombre de mentions au baccalauréat, ou plutôt d’une école qui aide les jeunes à cheminer vers une plus grande estime d’eux-mêmes et des autres ?
A-t-on besoin d’une école catholique qui déroule une litanie de valeurs dites chrétiennes, ou plutôt d’une école qui, prudente dans ses mots, devient plus audacieuse dans ses actes quand il est question d’éduquer à la responsabilité, à l’engagement, à la gratuité ? A-t-on besoin d’une école catholique qui s’excuserait presque d’être chrétienne, ou plutôt d’une école qui affirme simplement que c’est au nom de l’Évangile qu’un jeune y est accueilli jusqu’à la fin de son parcours scolaire, qu’il est soutenu et aimé pour lui-même ? A-t-on besoin d’une école catholique qui n’accueille que les uns ou les autres, ou plutôt d’une école qui se fait espace de rencontre et de solidarité entre les uns et les autres ?
L’éducation avance toujours sur une ligne de crête : le jeune est trop précieux pour qu’on lui fasse prendre des risques inconsidérés, mais son éducation est trop importante pour qu’on renonce à entrer avec lui dans une humanité de la rencontre, du service et de la reconnaissance. Ce texte est signé par un auteur invité.
Il exprime son opinion et non celle de la rédaction. Notre rubrique À vif a pour but de permettre l’expression du pluralisme sur des sujets religieux, de société et d’actualité, et de favoriser le dialogue, d’après les critères fixés par notre charte éditoriale. Partagez votre opinion en commentaire ou en nous écrivant à : lecteurs.
(Y.Ignatiev--DTZ)