Deutsche Tageszeitung - L'ouragan Isaias commence à se faire ressentir dans le sud des États-Unis

L'ouragan Isaias commence à se faire ressentir dans le sud des États-Unis


L'ouragan Isaias commence à se faire ressentir dans le sud des États-Unis

La côte sud des Etats-Unis a commencé vendredi à ressentir les effets de l'ouragan "majeur" Isaias, qui doit toucher terre dans la soirée et pourrait provoquer des inondations mortelles et d'importantes coupures de courant, mais aussi des tornades.

Taille du texte:

Avec ses vents soutenus à 195 km/h, Isaias est un ouragan de catégorie 3 sur l'échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5, selon le Centre national américain des ouragans (NHC).

Face aux risques de vents destructeurs, de vagues violentes et de pluies colossales, plusieurs États bordant le Golfe du Mexique, dont la Floride et l'Alabama, ont déclaré un état d'urgence et ordonné des évacuations.

"Nous prenons cette tempête très, très au sérieux", a assuré le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, lors d'une conférence de presse, disant s'attendre à des "dégâts considérables" dans la zone littorale du nord-ouest de l'Etat, où l'ouragan doit toucher terre.

Face à ces prévisions, Donald Trump a fini par annoncer qu'il annulait sa venue samedi dans l'État voisin de l'Alabama, où il devait assister à un match de football américain.

En modifiant la circulation atmosphérique à grande échelle, El Niño tend à freiner les cyclones dans l'Atlantique et à les renforcer au contraire dans le Pacifique, où trois ouragans de catégorie maximale ont été enregistrés cette année.

- Pétrole et gaz touchés -

Les autorités météorologiques américaines s'attendent à ce qu'Isaias perde en intensité après avoir touché terre, mais ont enjoint à la population de prendre au sérieux les risques.

En début d'après-midi, les premiers effets de la tempête commençaient à se faire ressentir dans les régions côtières, avec des bourrasques de vent violentes, a indiqué le NHC, prévenant que la situation se dégradait "rapidement".

De fortes pluies ont commencé en milieu d'après-midi à toucher la ville floridienne de Pensacola Beach et ses alentours, a constaté un journaliste de l'AFP.

De fortes précipitations pouvant atteindre localement 38 centimètres et des inondations côtières allant jusqu'à 2,7 mètres sont attendues dans certaines zones, selon le NHC, qui alerte également sur un risque exacerbé de tornades.

"Ce sont les inondations qui nous inquiètent le plus", confie à l'AFP Jane Drescoll, depuis Pensacola Beach.

Vêtue d'un imperméable bleu-gris, cette sexagénaire dit s'attendre à être privée d'électricité pendant un bon moment et avoir donc pris des "précautions" en prévoyant notamment des réserves d'eau et d'aliments non périssables.

Plusieurs aéroports en Floride ont cessé temporairement les vols et les employés de nombreuses plateformes pétrolières, appartenant notamment aux compagnies Chevron et Shell, ont été évacués.

Environ deux tiers des capacités de production de pétrole de la région et plus de la moitié des capacités de production de gaz étaient ainsi suspendues vendredi, selon une agence américaine.

Soit près de 1,5 million de barils de pétrole brut quotidiens retranchés du marché mondial.

L'ouragan menace également une zone avec de nombreuses raffineries, ce qui risque de perturber encore davantage un secteur déjà sous vive tension en raison des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine.

- "Niveaux record de chaleur" -

Isaias sera le premier ouragan à toucher les Etats-Unis continentaux en deux ans, la saison cyclonique de 2025 ayant été marquée par des ouragans davantage concentrés dans les Caraïbes.

En dépit de l'influence d'El Niño, qui joue contre la formation des cyclones dans l'Atlantique, il persiste "certaines poches dans lesquelles les ouragans peuvent se former", explique auprès de l'AFP Marc Alessi, climatologue de l'Union of Concerned Scientists.

D'autant que les températures à la surface du Golfe du Mexique ont atteint des "niveaux record en raison du changement climatique", ce qui a pu permettre à Isaias de puiser l'énergie nécessaire "pour se transformer en ouragan majeur", relève-t-il.

En réchauffant les mers, le changement climatique rend plus probable l'intensification rapide de telles tempêtes et augmente le risque de phénomènes plus puissants, selon les scientifiques.

(W.Budayev--DTZ)