Deutsche Tageszeitung - En Alsace, un camion-citerne en renfort pour l'eau potable

En Alsace, un camion-citerne en renfort pour l'eau potable


En Alsace, un camion-citerne en renfort pour l'eau potable
En Alsace, un camion-citerne en renfort pour l'eau potable / Photo: © AFP

"Une situation vraiment exceptionnelle" : à Sainte-Marie-aux-Mines, la sécheresse a réduit le débit des sources qui alimentent la petite commune alsacienne en eau potable, la contraignant pour la première fois à un expédient, le camion-citerne.

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Tôt dans la matinée, un camion rouge équipé de deux citernes métalliques approvisionne la ville du Haut-Rhin, lovée dans sa vallée vosgienne, avec une première cargaison de 30 m3. L'eau potable vient de Lièpvre, commune voisine connectée à la nappe phréatique de la plaine d'Alsace.

Le camion reviendra encore trois fois en ce mardi, puis effectuera de nouveau quatre rotations vendredi. Depuis début août, il fait plusieurs allers et venues quotidiennes, deux fois par semaine.

Avec la sécheresse, "nos sources baissent en production, avec un étiage plus bas qu'à l'automne", souligne Xavier Barbin, directeur adjoint du Syndicat des eaux et de l'assainissement (SDEA) Centre-Alsace.

La situation est maîtrisée, précise-t-il. "On est sur un déficit de 10% environ" des sources, compensé par cet apport par poids lourds.

Concrètement, les sources qui desservent la commune de quelque 5.000 habitants "produisent une moyenne de 800-850 m3 par jour, alors que notre consommation, elle, se situe entre 900 et 950 m3", détaille Gaëlle Skocibusic, première adjointe à la maire.

"Aujourd'hui, on est dans une situation vraiment exceptionnelle", souligne-t-elle.

- Première alerte -

Une première alerte a retenti au début de la série des canicules en juin, lors de Mineral&Gem, un énorme salon aux minéraux, qui a attiré 45.000 visiteurs dans la commune.

"Mais là, on n'est plus dans un cadre de surfréquentation, on est dans un cadre tout à fait classique, où la population est semblable à celle qu'elle est sur l'année", pointe-t-elle.

Le réchauffement climatique, qui se manifeste par des canicules à répétition, des sécheresses inédites, et un manque de neige accru pendant l'hiver, explique la réduction du débit des sources.

La nature souffre aussi, comme en témoignent les collines jaunies surplombant la ville.

La mairie a réagi en distribuant aux habitants une liste de gestes à adopter pour économiser l'eau. S'ajoutent des mesures plus drastiques comme l'interdiction de mettre à niveau sa piscine, d'arroser les pelouses ou de laver sa voiture, communes aux départements en situation de crise dont fait partie le Haut-Rhin.

Près de 70% du territoire fait actuellement l'objet de mesures de restrictions des usages de l'eau, a indiqué lundi le gouvernement, annonçant une réunion de crise mercredi.

- Un été "vraiment particulier" -

"On a eu des consignes (...) Quand on prend de l'eau chaude, il faut d'abord récupérer l'eau froide. Quand on se brosse les dents, il ne faut pas laisser couler l'eau du robinet", témoigne Viviane Tringler, originaire de la commune.

"Ici, on avait de vrais étés. Mais pas comme ça. Pas si chaud", ajoute l'octogénaire, qui se dit "inquiète" de la montée du mercure.

Fin juillet la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a indiqué que des "coupures d'eau au robinet" touchaient "plus de 30.000 personnes sur 80 communes" qui devaient être approvisionnées en eau potable "par des camions-citernes ou grâce à des bouteilles d'eau".

A Sainte-Marie-aux-Mines, rien d'aussi dramatique. "On ouvre les robinets, ça coule très bien", confie Mireille Conty, gérante d'un restaurant au centre-ville.

Mais cet été est "vraiment particulier", dit-elle. "Des restrictions d'eau on a déjà eu, mais pas autant".

Il est très important de faire prendre conscience à la population que l'eau, "c'est vraiment une ressource indispensable, une ressource précieuse", explique Mme Skocibusic.

Pour la commune, exclusivement dépendante des sources, des solutions pérennes devront être trouvées.

"Cet épisode nous pousse forcément à accélérer certaines réflexions qu'on avait déjà sur des secours à l'alimentation et sur le fait de pouvoir compenser les déficits de source", explique M. Barbin.

Avec comme piste, entre autres, une éventuelle interconnection à un réseau.

(M.Dylatov--DTZ)

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