Deutsche Tageszeitung - Nucléaire: l'Iran, frappé d'une résolution à l'AIEA, riposte

Nucléaire: l'Iran, frappé d'une résolution à l'AIEA, riposte


Nucléaire: l'Iran, frappé d'une résolution à l'AIEA, riposte
Nucléaire: l'Iran, frappé d'une résolution à l'AIEA, riposte / Photo: © AFP

Le ton monte dans le dossier nucléaire iranien: les Etats-Unis et les Européens ont fait adopter mercredi à l'AIEA une résolution rappelant formellement à l'ordre Téhéran, sur fond d'impasse des négociations pour sauver l'accord de 2015.

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En guise de riposte, la République islamique avait débranché un peu plus tôt des caméras de surveillance installées par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Washington a aussitôt prévenu que cette décision risquait de "compliquer encore davantage" les pourparlers de Vienne, déjà suspendus depuis mars.

Le texte déposé par les Etats-Unis et l'E3 (Royaume-Uni, France et Allemagne) est le premier blâme contre l'Iran à l'instance onusienne depuis juin 2020.

Dans un communiqué conjoint, les quatre pays ont "salué" les résultats du vote et exhorté l'Iran à "respecter ses obligations juridiques".

La résolution a été approuvée par 30 membres du Conseil des gouverneurs réuni à Vienne, seules la Russie et la Chine votant contre, selon deux diplomates interrogés par l'AFP. Trois pays se sont par ailleurs abstenus (Inde, Libye et Pakistan).

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett s'est félicité d'une "décision majeure qui expose le véritable visage de l'Iran", voyant là "un signal d'avertissement".

Le document exhorte l'Iran à "coopérer" avec l'AIEA, qui a déploré dans un récent rapport l'absence de réponses "techniquement crédibles" concernant des traces d'uranium enrichi retrouvées sur trois sites non déclarés.

D'une portée symbolique à ce stade, la résolution peut être le prélude à une transmission du contentieux au Conseil de sécurité de l'ONU, habilité à prendre des sanctions.

- "Regrettable" -

"L'Iran n'a pas d'activités nucléaires cachées ni de sites non signalés", a déclaré mercredi Mohammad Eslami, chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), accusant les Occidentaux de vouloir "maintenir une pression maximale" avec cette résolution "politique".

Avant même le vote, l'Iran avait déconnecté dans la journée "plusieurs caméras" sur des "sites nucléaires" du pays, selon un communiqué de l'OIEA.

"Aujourd'hui, les autorités compétentes ont reçu pour instruction de couper les moniteurs d'enrichissement en ligne (OLEM) et les caméras des débitmètres de l'agence", a-t-elle précisé.

L'organisation iranienne a cependant ajouté que "plus de 80% des caméras existantes de l'agence fonctionnent conformément à l'accord de sauvegarde et continueront à fonctionner comme avant".

Son porte-parole Behrouz Kamalvandi, qui s'est rendu sur un site pour constater l'arrêt de caméras, a averti que "d'autres mesures étaient envisagées".

Cet acte est "extrêmement regrettable" et "contre-productif", a réagi un porte-parole de la diplomatie américaine interrogé par l'AFP. "La réponse de l'Iran devrait être de coopérer pleinement" avec l'AIEA, "pas de développer encore plus ses activités nucléaires et réduire la transparence".

Depuis janvier 2016, le gendarme onusien vérifie et contrôle la mise en oeuvre des engagements pris par l'Iran dans le cadre de l'accord conclu l'année précédente à Vienne avec les grandes puissances.

- "Pression maximale" -

Le pacte, connu sous son acronyme anglais JCPOA, avait accordé à la République islamique un allègement des sanctions instaurées contre elle en échange de restrictions à son programme nucléaire.

Mais Washington s'est retiré de l'accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, jugeant le texte insuffisant, et a rétabli les sanctions économiques contre Téhéran, qui s'est en réaction progressivement affranchi de ses engagements.

L'actuel président américain, Joe Biden, étant lui favorable au JCPOA, des négociations ont démarré en avril 2021 à Vienne entre l'E3, la Russie et la Chine pour tenter de le relancer, mais semblent de plus en plus vouées à l'échec. Les Etats-Unis y participent de manière indirecte.

Au cours des débats devant le Conseil des gouverneurs, Londres, Paris et Berlin ont dénoncé "un programme nucléaire avancé comme jamais auparavant", et des activités "sans justification civile crédible".

D'après les dernières estimations de l'AIEA, l'Iran aura bientôt accumulé suffisamment d'uranium enrichi à 60% pour construire une bombe.

Et Téhéran, qui dément toute visée militaire, a informé l'agence de son intention d'étendre encore ses capacités d'enrichissement sur le site de Natanz (centre), selon des informations de l'AIEA présentées mercredi au Conseil.

(N.Loginovsky--DTZ)

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