Deutsche Tageszeitung - Un dirigeant européen en Iran pour des discussions cruciales sur le nucléaire

Un dirigeant européen en Iran pour des discussions cruciales sur le nucléaire


Un dirigeant européen en Iran pour des discussions cruciales sur le nucléaire
Un dirigeant européen en Iran pour des discussions cruciales sur le nucléaire / Photo: © AFP

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne (UE) Josep Borrell a entamé samedi à Téhéran des discussions cruciales visant à relancer les pourparlers sur le nucléaire, un dossier qui empoissonne de longue date les relations de l'Iran avec la communauté internationale.

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Arrivé dans la nuit de vendredi à samedi à Téhéran, M. Borrell a commencé son entretien avec le ministre des Affaires étrangères iranien Hossein Amir-Abdollahian, selon l'agence officielle Irna.

"La diplomatie est le seul moyen pour un retour à la pleine mise en oeuvre de l'accord (de 2015 sur le programme nucléaire iranien) et pour surmonter les tensions actuelles", a dit la veille M. Borrell qui doit quitter l'Iran plus tard dans la journée.

Son déplacement intervient alors que les pourparlers lancés à Vienne en avril 2021 entre l'Iran et les grandes puissances (Russie, Etats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) sont au point mort depuis mars, Américains et Iraniens s'accusant mutuellement de les bloquer.

Les discussions de Vienne visent à réintégrer les Etats-Unis à l'accord de 2015 prévoyant des limitations au programme nucléaire iranien, dénoncé en 2018 par l'ex-président américain Donald Trump (2017-2021), et à ramener l'Iran au respect intégral de ses engagements dictés par ce pacte, appelé JCPOA.

Conclu en 2015 par l'Iran d'une part et la Russie, les Etats-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne de l'autre, l'accord vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire de l'Iran, accusé de chercher à se doter de l'arme atomique malgré ses démentis, en échange d'une levée progressive des sanctions internationales asphyxiant l'économie iranienne.

Or l'administration Trump avait de surcroît rétabli les sanctions américaines, provoquant l'ire de l'Iran.

- "Encore possible" -

Les Etats-Unis, ennemi juré de l'Iran avec lequel ils n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, participaient de manière indirecte aux négociations de Vienne, via l'UE.

"Nous exhortons l’Iran à se saisir de cette opportunité diplomatique pour conclure maintenant, tant que cela est encore possible", a commenté vendredi la diplomatie française, exprimant "son plein soutien" aux efforts de M. Borrell dont la dernière visite en Iran remonte à février 2020.

Sur Twitter, l’émissaire spécial américain pour l'Iran, Robert Malley, a lui remercié M. Borrell et Enrique Mora, le négociateur de l'UE chargé de coordonner les pourparlers sur le nucléaire, pour leur "coordination étroite continue avec les Etats-Unis".

"Nous restons attachés à la voie d'une diplomatie utile, en concertation avec nos partenaires européens", a-t-il écrit après avoir réaffirmé jeudi "l'engagement américain de revenir dans l'accord" de 2015.

L'administration américaine de Joe Biden a déclaré vouloir revenir dans cet accord, à condition que Téhéran renoue avec ses engagements, tandis que l'Iran exige auparavant la levée des sanctions.

Jeudi, Hossein Amir-Abdollahian a affirmé que son pays espérait "sérieusement" aboutir à un accord, appelant Washington à "faire preuve de réalisme".

- "Réversibles" -

Début juin, après que les Etats-Unis et les Européens ont fait voter une résolution à l'AIEA dénonçant le manque de coopération de Téhéran, l'Iran a déconnecté certaines des caméras de surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur ses sites nucléaires.

L'Iran a néanmoins précisé par la suite que ces mesures étaient "réversibles" si un accord était conclu à Vienne, siège de l'AIEA, une instance onusienne chargée dans ce dossier de s'assurer du caractère pacifique du programme nucléaire iranien.

Juste après la désactivation des caméras par l'Iran, le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a affirmé que si le blocage persiste, "dans trois ou quatre semaines" l'AIEA ne sera plus en mesure de fournir les informations nécessaires au suivi du programme nucléaire iranien.

Selon lui, ceci "porterait un coup fatal" à l'accord de 2015.

Selon des experts, les pourparlers de Vienne butent surtout sur le refus des Etats-Unis de céder à une demande clé de Téhéran: le retrait des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, de la liste américaine des "organisations terroristes".

(L.Møller--DTZ)

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