Deutsche Tageszeitung - Fin de la redevance: grève "massive" sur les télés et radios publiques, inquiètes pour leur avenir

Fin de la redevance: grève "massive" sur les télés et radios publiques, inquiètes pour leur avenir


Fin de la redevance: grève "massive" sur les télés et radios publiques, inquiètes pour leur avenir
Fin de la redevance: grève "massive" sur les télés et radios publiques, inquiètes pour leur avenir / Photo: © AFP/Archives

Les antennes des radios et chaînes de télé de l'audiovisuel public sont perturbées mardi par une grève "massive" contre la suppression de la redevance voulue par le gouvernement dès cet automne, dans un contexte plus large de craintes pour leur avenir.

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En raison de ce mouvement, la musique tournait à plein sur France info, France Inter ou encore France Culture, les trois quarts des journalistes de Radio France censés travailler mardi étant en grève, selon un de leurs syndicats, le SNJ.

Des sources internes à France Télévisions recensaient 45% de grévistes tous métiers confondus au sein du réseau France 3, du "jamais vu", et 25% au siège parisien.

Conséquence: sur France 2, le JT de 13H, "solidaire" du mouvement, a été raccourci et des extraits de Télématin ont été rediffusés à la place de la matinale, une première en 30 ans.

Des bandeaux annonçaient également la perturbation des chaînes franceinfo et France 24, les salariés de France Médias Monde (France 24, RFI, MCD), étant également appelés à se mobiliser avec ceux d'Arte et de l'Ina par une intersyndicale CGT-CFDT-FO-SNJ-SUD-UNSA-CGC-CFTC.

A Paris, derrière une banderole clamant "Sauvons l'audiovisuel public", plusieurs centaines de personnes sont parties à la mi-journée de Montparnasse en direction de l'Assemblée nationale, où doit être lancée la nouvelle législature.

De nombreux membres de la Nupes ont déjà manifesté leur "soutien" aux grévistes sur Twitter, à l'instar du président du groupe socialiste à l'Assemblée Boris Vallaud, défendant "une information libre et de qualité", ou de son homologue du groupe LFI, Mathilde Panot, pour qui "le gouvernement met en péril l'existence même du service public de l'audiovisuel".

D'autres actions sont prévues ailleurs en France.

A Saint-Etienne, près d'une trentaine de salariés en grève de France 3 Loire et de France Bleu Saint-Etienne Loire, soit la quasi-totalité de leur effectif, se sont ainsi rassemblées devant leurs locaux mardi matin.

A l'origine du mouvement, la volonté de l'exécutif de supprimer la redevance dès cet automne, au profit d'un budget courant sur plusieurs années.

Une mesure proposée pendant la campagne présidentielle par le président Emmanuel Macron au titre du pouvoir d'achat mais qui, selon ses opposants, menacent le financement et l'indépendance de l'audiovisuel public.

D'un montant de 138 euros en métropole et 88 euros outre-mer, la redevance ne concerne que les foyers qui détiennent un téléviseur et s'avère d'autant plus stratégique que les chaînes de service public sont privées de publicité en soirée depuis 2009.

- Fusion? -

Sa suppression entraînera un manque à gagner de plus de 3 milliards d'euros, que l'Etat promet de compenser.

Mais les grévistes s'inquiètent de voir le budget de l'audiovisuel public "décidé par le gouvernement et soumis aux aléas du vote des lois de finances annuelles", lui préférant "une ressource affectée, garantissant au mieux son indépendance économique et politique", selon un tract syndical.

Dans un rapport publié lundi par la Fondation Jean-Jaurès, l'économiste engagée à gauche Julia Cagé a proposé d'instaurer un nouveau mécanisme de redevance, inspiré des pays nordiques. Il s'agirait d'un impôt spécifiquement dédié au financement de l'audiovisuel public, mais variable selon les revenus des foyers.

La fin de la redevance est inscrite dans le paquet de mesures sur le pouvoir d'achat, qui doit être présenté le 6 juillet en Conseil des ministres, pour un examen dans la foulée par les députés puis les sénateurs.

Mais le résultat des élections législatives de juin et l'affaiblissement de la majorité LREM rendent les débats plus incertains.

Au-delà de la seule question de la redevance, les grévistes s'inquiètent pour l'avenir de l'audiovisuel public depuis qu'un rapport sénatorial LR publié le 8 juin a lancé l'idée d'une grande fusion entre France Télévisions, Radio France, France Médias Monde (RFI et France 24) et l'Ina.

"C'est un sujet dans l'air depuis plusieurs années. Ce débat aura lieu", a affirmé la semaine dernière la nouvelle ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, dans le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France.

Une fois fixées "les priorités de fond (...), nous discuterons de l'organisation. Et verrons si cela doit se faire par une fusion ou par des modalités plus souples permettant de développer les synergies", a-t-elle ajouté.

ac-pr-cor-ggy/mch/hj

(L.Møller--DTZ)

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