Deutsche Tageszeitung - Borne lance des concertations politiques sur les retraites

Borne lance des concertations politiques sur les retraites


Borne lance des concertations politiques sur les retraites
Borne lance des concertations politiques sur les retraites / Photo: © AFP/Archives

Elisabeth Borne entame jeudi à Matignon avec les chefs des groupes parlementaires les concertations politiques sur la réforme controversée des retraites, sur fond de tensions sociales.

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La Première ministre les reçoit accompagnée du ministre du Travail Olivier Dussopt, qui mène parallèlement des discussions avec les organisations syndicales et patronales, et du ministre des Relations avec le Parlement Franck Riester.

Ces rencontres ont lieu dans un contexte tendu, à quelques jours d'une "marche contre la vie chère et l'inaction climatique" qui vise aussi à dénoncer les réformes de l'assurance-chômage et des retraites, organisée notamment par les partis de gauche, avant une semaine d'action de la CGT, déjà à la manoeuvre dans le blocage des dépôts de carburant.

Mme Borne a pu prendre le pouls des parlementaires sur le sujet quand elle les a reçus fin septembre pour balayer les textes de la session parlementaire.

Ils avaient alors été nombreux à s'opposer au passage de cette réforme par voie d'amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), y compris l'allié du MoDem.

Sans décider du véhicule législatif, l'exécutif a finalement convenu, lors d'un dîner à l'Elysée, de temporiser en rouvrant un cycle de concertations pour l'adoption d'un texte "avant la fin de l'hiver".

- "LR peut voter pour" -

Cette victoire du patron du MoDem François Bayrou, qui avait mis en garde contre tout "passage en force", est aussi celle d'Elisabeth Borne qui, privée de majorité absolue à l'Assemblée, défend depuis sa nomination une méthode basée sur le dialogue et le compromis.

Mais le président Emmanuel Macron avait aussi brandi la menace d'une dissolution de l'Assemblée nationale, en cas d'adoption d'une motion de censure contre le gouvernement, comme pour faire pression sur les opposants LR.

Elisabeth Borne, qui entend dresser le bilan des discussions "avant Noël" trouve face à elle des parlementaires qui sont soit frontalement opposés à la réforme (LFI, RN), soit en contestent certaines modalités (LR).

Le chef de file des députés LR Olivier Marleix s'est dit favorable à un allongement de la durée du travail "progressivement jusqu'à 64 ans", quand le gouvernement veut un "report progressif de l'âge de départ de 4 mois par an, aboutissant à 65 ans en 2031".

"LR peut voter pour. Pécresse avait reproché à Macron de lui avoir volé son programme sur le sujet, ce sera difficile de s'y opposer", estime un parlementaire Horizons.

- Violons -

Au-delà des oppositions, la majorité va devoir accorder ses violons.

Après François Bayrou sur la forme, Edouard Philippe, tenant de l'aile droite de la majorité, a fait entendre sa différence sur le fond de la réforme, en exhortant l'exécutif à "bouger beaucoup" sur l'âge de départ pour aller jusqu'à 67 ans.

Il ne s'agit pas du "projet que nous portons", lui a répondu la cheffe de file des députés Renaissance Aurore Bergé, tandis que le président du parti Stéphane Séjourné l'invitait à ne pas trop diverger. Edouard Philippe fait partie de la majorité (...) Il faut avoir une cohérence dans notre action et dans ce que nous disons", a-t-il dit.

Les retraites pourraient aussi être abordées jeudi matin à l'Elysée: Emmanuel Macron reçoit les députés de la majorité de la commission des Affaires sociales et les chefs de groupe pour évoquer le PLFSS.

Reste que les concertations sur cette réforme, déjà initiée lors du premier quinquennat avant d'être interrompue par la pandémie de Covid-19, "ne changeront pas la face du monde", estime un ministre.

"Personne n'a changé d'avis et personne ne changera d'avis en janvier sur le fond", abonde un cadre de la majorité. "Tout a été dit, écrit sur les retraites".

Olivier Dussopt a ouvert le bal des pourparlers en recevant le 6 octobre les partenaires sociaux, auxquels il a proposé trois cycles de rencontres bilatérales, qui commenceront par le thème consensuel de l'"emploi des seniors et l'usure professionnelle", suivi par "l'équité et la justice sociale".

Le plus difficile reste à venir avec un troisième round sur "l'équilibre du système de retraite", soit son financement et une éventuelle hausse de l'âge légal ou de la durée de cotisation.

(O.Zhukova--DTZ)

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