Deutsche Tageszeitung - Le Kremlin dénonce une "ingérence extérieure" après l'assaut d'un aéroport par une foule anti-Israël

Le Kremlin dénonce une "ingérence extérieure" après l'assaut d'un aéroport par une foule anti-Israël


Le Kremlin dénonce une "ingérence extérieure" après l'assaut d'un aéroport par une foule anti-Israël
Le Kremlin dénonce une "ingérence extérieure" après l'assaut d'un aéroport par une foule anti-Israël / Photo: © Telegram / @askrasul/AFP

Le Kremlin a attribué lundi à une "ingérence extérieure" la responsabilité de l'assaut, la veille, d'un aéroport dans la république caucasienne russe en majorité musulmane du Daguestan par des protestataires visiblement à la recherche d'Israéliens.

Taille du texte:

Une foule d'hommes a envahi dimanche soir le tarmac et le terminal de l'aéroport de la capitale Makhatchkala, en pleines tensions à travers le monde liées au conflit entre Israël et le Hamas.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a assuré que les heurts au Daguestan étaient "en grande partie le résultat d'une ingérence extérieure, y compris d'informations extérieures".

Avec les "images télévisées des horreurs qui se produisent dans la bande de Gaza", il est "très facile pour les personnes malintentionnées d'utiliser, de provoquer la situation", a-t-il regretté.

Dmitri Peskov n'a pas précisé qui serait responsable de cette "ingérence" supposée mais le dirigeant du Daguestan avait de son côté, plus tôt, pointé du doigt l'Ukraine.

Vladimir Poutine présidera par ailleurs lundi soir une réunion "pour discuter des tentatives occidentales d'utiliser les événements au Moyen-Orient pour diviser la société russe", selon le Kremlin.

"Je considère ce qui s'est passé comme une tentative de semer la discorde entre les musulmans et les Juifs de Russie, qui entretiennent de bonnes relations d'amitié et de coopération depuis des siècles", a pour sa part estimé dans un communiqué le patriarche Kirill, le chef de l'Eglise orthodoxe en Russie, par ailleurs un fervent soutien du chef de l'Etat russe.

- Traque de passagers -

Des vidéos, diffusées dimanche sur les réseaux sociaux et dans les médias russes, ont montré des hommes contrôlant des voitures, vérifiant l'identité d'un passager, forçant des portes dans le terminal et s'attroupant au pied d'un avion sur le tarmac.

L'un d'eux, sur l'une de ces vidéos, tient une pancarte : "Les tueurs d'enfants n'ont pas leur place au Daguestan", tandis que d'autres crient "Allah Akbar !". Certains dans la foule brandissaient des drapeaux palestiniens.

Un avion en provenance de Tel-Aviv de la compagnie russe Red Wings avait atterri dimanche à 19H00 heure locale (16H00 GMT) à Makhatchkala, selon le site internet spécialisé Flightradar24.

Les autorités n'ont pour l'heure pas précisé si l'appareil et ses passagers avaient pu repartir.

Lundi, un important dispositif de sécurité avait été mis en place autour de l'aéroport et des employés commençaient à réparer des barrières endommagées, selon un journaliste de l'AFP présent sur place.

L'aéroport a subi des "dégâts importants", a expliqué son directeur général. Il a toutefois pu rouvrir lundi en début d'après-midi, a annoncé l'agence de l'aviation russe.

La police a interpellé 60 personnes soupçonnées de l'avoir pris d'assaut et plus de 150 "participants actifs à des troubles" ont été identifiés, a affirmé le ministère russe de l'Intérieur, assurant que des opérations de recherche étaient en cours pour identifier tous les assaillants.

Neuf policiers ont été blessés, dont deux ont été hospitalisés, a déploré le ministère russe de l'Intérieur dans un communiqué.

- Un responsable pointe du doigt l'Ukraine -

Le dirigeant du Daguestan, Sergueï Melikov, a assuré lundi matin, sans avancer de preuves, que ces troubles avaient été organisés depuis le territoire ukrainien, en plein conflit armé entre Kiev et Moscou.

"Les initiateurs de cette action, évidemment, ce sont nos ennemis, ceux qui ont organisé ces actions à partir du territoire de l'Ukraine", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse Ria Novosti.

Il a affirmé qu'une chaîne Telegram critique des autorités locales, "Outro Daguestan", était administrée d'Ukraine par des "traîtres".

Cette chaîne, suivie par environ 60.000 personnes, avait partagé un appel à se rassembler à l'aéroport de Makhatchkala dimanche soir, disant vouloir empêcher l'arrivée de passagers "indésirables" du vol Red Wings en provenance de Tel-Aviv.

La guerre entre Israël et le Hamas est entrée lundi dans son 24e jour. La bande de Gaza est soumise à des bombardements incessants de l'armée israélienne, déclenchés après l'attaque du Hamas sur son sol le 7 octobre, la plus meurtrière de l'histoire d'Israël.

Au moment où l'incident était encore en cours, Israël avait appelé la Russie à "protéger tous les citoyens israéliens et tous les juifs".

Les Etats-Unis ont quant à eux condamné des "manifestations antisémites".

Plus tôt dimanche, un centre juif de la région de Kabardino-Balkarie (sud-ouest) a été incendié dans la ville de Naltchik, selon l'agence RIA Novosti.

(V.Sørensen--DTZ)

En vedette

Expulsion de deux agents nigériens par la France: Niamey dénonce "un acte d'ingratitude grave"

Le gouvernement du Niger, pays dirigé par un régime militaire hostile à la France, a qualifié mardi l'expulsion de deux agents nigériens par Paris en septembre "d'acte d'ingratitude grave et inacceptable".

Budget 2027 : le débat s'ouvre dans l'hémicycle, la dette et la présidentielle dans les esprits

Le gouvernement a ouvert mardi soir les débats sur le budget de l'Etat pour 2027, martelant son objectif d'un déficit à 5% du PIB l'an prochain, condition préalable selon lui à tout "compromis" avec les oppositions très critiques de la copie gouvernementale.

Piratage en supermarchés: "Pas besoin de chars pour faire la guerre", dit un expert

En entraînant indirectement la destruction de produits frais, la cyberattaque inédite qui a visé lundi les installations frigorifiques de nombreux supermarchés met en lumière la "vulnérabilité" de l'approvisionnement alimentaire en France, indissociable de la "sécurité collective", estime auprès de l'AFP Stéphane Linou, expert associé au laboratoire sécurité défense du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

"Tenir bon": en Israël, des Bédouins déterminés à rester sur leurs terres malgré les démolitions

Sous un ciel couvert dans le sud d'Israël, des villageois bédouins errent parmi les décombres de leurs maisons, les dernières en date à avoir été démolies après avoir été jugées illégales par les autorités israéliennes.

Taille du texte: