Deutsche Tageszeitung - Dans un kibboutz ravagé, l'angoisse pour les otages à Gaza

Dans un kibboutz ravagé, l'angoisse pour les otages à Gaza


Dans un kibboutz ravagé, l'angoisse pour les otages à Gaza
Dans un kibboutz ravagé, l'angoisse pour les otages à Gaza / Photo: © AFP

Plus de trois semaines après l'enlèvement de leurs proches par des commandos du Hamas, l'angoisse des habitants du kibboutz Nir Oz, où de nombreuses personnes ont été tuées dans l'attaque sanglante du mouvement palestinien le 7 octobre, ne cesse de croître.

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Hadas Kalderon a passé deux décennies dans cette petite collectivité rurale près de la frontière avec la bande de Gaza qui a été décimée dans l'attaque des combattants du Hamas qui ont infiltré le sud d'Israël le 7 octobre.

Sur environ 400 résidents, une centaine ont été tués et 80 pris en otage, selon l'armée israélienne.

La mère et la nièce de Hadas Kalderon ont été tuées, explique cette femme de 56 ans. Son fils de 12 et sa fille de 16 ans ont été enlevés.

"Quoiqu'ils fassent, ils sont en grand danger", dit-elle, en marchant au milieu des maisons incendiées lors de l'attaque.

"Je veux croire que notre armée et notre gouvernement savent ce qu'ils sont en train de faire".

"Je n'ai aucun contrôle ni connaissance sur les actions de l'armée. Je sais seulement que mes enfants sont toujours au milieu de la guerre", poursuit-elle.

Plus de 1.400 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées le 7 octobre par des commandos du Hamas, selon les autorités israéliennes. Des centaines d'hommes du mouvement palestinien se sont infiltrés depuis Gaza sur le sol israélien, pour commettre l'attaque la plus meurtrière depuis la création d'Israël en 1948.

Selon le porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus, 238 otages sont encore entre les mains du Hamas.

Plus de 8.300 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées dans les bombardements incessants menés en représailles depuis le 7 octobre par l'armée israélienne sur la bande de Gaza, soumise à un siège total, selon le ministère de la Santé du Hamas.

- "Un accord immédiatement" -

La peur des familles des otages ne cesse de grandir, surtout depuis qu'Israël a intensifié ses frappes et que les troupes israéliennes ont pénétré dans le territoire palestinien.

La chose la plus importante doit être de ramener les otages "à la maison sains et saufs", dit Hadas Kalderon à des journalistes lors d'une visite à Nir Oz organisée par l'armée israélienne.

Il faut "conclure un accord immédiatement, sans attendre", dit-elle.

Le Hamas a relâché quatre civils, parmi lesquels une femme de 85 ans du kibboutz Nir Oz. L'armée israélienne a annoncé lundi avoir libéré une militaire lors d'une opération terrestre et précisé qu'elle se portait bien.

Alors que la crise humanitaire s'aggrave à Gaza, où sont entassés 2,4 millions d'habitants, Israël a appelé à la libération sans condition des otages. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu tout cessez-le feu.

Les bombardements peuvent être entendus à Nir Oz, à environ 2 kilomètres de la frontière, où des soldats ont pris place dans des postes militaires récemment érigés.

Les survivants du kibboutz ont été évacués mais certains ont pu revenir sur ces terres brièvement.

Ran Pauker, un homme de 86 ans, a échappé à l'attaque car le 7 octobre il était chez sa fille, dans la ville voisine de Sdérot.

"Je suis très inquiet car notre gouvernement nous a oubliés. Ils ne se sont pas occupés de nous et j'espère que la tuerie (à Gaza, NDLR) va cesser", dit-il. L'octogénaire parle de ses "très bons amis à Gaza", qui par le passé venaient chez lui.

Il dit aussi que la priorité est la libération des otages. "Et puis nous devrons trouver une solution au problème" entre les Israéliens et les Palestiniens, "nos voisins", ajoute-t-il. "Sans cela, il n'y aura jamais la paix".

(N.Loginovsky--DTZ)

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