Deutsche Tageszeitung - Le gouvernement veut créer un "origine-score" pour plus de "transparence" dans l'alimentaire

Le gouvernement veut créer un "origine-score" pour plus de "transparence" dans l'alimentaire


Le gouvernement veut créer un "origine-score" pour plus de "transparence" dans l'alimentaire
Le gouvernement veut créer un "origine-score" pour plus de "transparence" dans l'alimentaire / Photo: © AFP/Archives

Un "nutriscore", mais pour favoriser l'origine France: le gouvernement a annoncé jeudi sa volonté, saluée par distributeurs et associations des consommateurs, de mettre en place un indicateur sur les étiquettes des produits alimentaires pour informer les clients sur l'origine des ingrédients.

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"Il faut plus de transparence", notamment sur les produits transformés, pour aiguiller les consommateurs dans leurs "décisions d'achat", a estimé la ministre déléguée en charge des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation Olivia Grégoire jeudi au micro de Sud Radio.

Mentionnant la colère des agriculteurs des dernières semaines, elle espère que ce nouvel "origine-score", inspiré du "nutriscore", permette aussi une meilleure compréhension "des prix" pratiqués.

"Parfois vous décidez d'acheter un tout petit peu plus cher parce que c'est français", a-t-elle observé.

Industriels, distributeurs et associations de consommateurs seront reçus à compter de la mi-mars pour discuter des contours encore flous de cet indicateur, mais qui mettrait en avant les produits qui comporteraient plus d'ingrédients d'origine européenne ou française.

Sur la base du volontariat, les industriels intéressés pourront enrichir leurs étiquettes de cet indicateur "avant l'été", a indiqué lors d'un point presse téléphonique le cabinet ministériel, qui ambitionne ensuite de porter la généralisation de cette mesure à l'échelle de l'Union européenne en 2025.

- Enthousiasme et exigences -

"On est prêt!", a réagi auprès de l'AFP Olivier Andrault, chargé de mission alimentation à l'UFC-Que Choisir, "absolument partant" pour participer avec son association de consommateurs à l'élaboration de cet indicateur, en se montrant cependant vigilant: "le volontariat est rarement suffisant pour informer pleinement les consommateurs".

Sur le réseau social X (ex-Twitter), Dominique Schelcher, le PDG de Système U, ou encore Michel-Edouard Leclerc, président de Leclerc, se sont montrés favorables aux annonces de la ministre déléguée.

"La proposition du gouvernement est bonne, si U et Leclerc sont d'accord, on peut considérer une démarche collective", a indiqué à l'AFP Thierry Cotillard, le patron des Mousquetaires (Intermarché).

Le groupe avait lancé un dispositif similaire sur les matières premières de ses marques distributeur en 2019. Une expérience qui "avait marché" selon M. Cotillard, mais la "contrainte de l'emballage" limitait la possibilité des précisions. Il propose la piste d'une application mobile.

- Expérimentation -

Pour ce dispositif, Bercy s'est notamment inspiré d'une expérimentation de l'association En Vérité, qui regroupe une soixantaine de marques agro-industrielles, dont par exemple D'aucy et Babybio.

En septembre dernier, En Vérité avait apposé sur les emballages de quelques produits de ses marques membres un logo signalant l'origine France.

Avec des "résultats significatifs": des yaourts utilisant des fraises et du lait français, donc un peu plus chers que leurs concurrents, ont vu leurs ventes "doubler" sur la période de l'étude, passant de "9% à 18% de parts de marché", a souligné David Garbous, président du collectif.

"La bascule des ventes s'est surtout opérée grâce aux CSP+" (catégories socio-professionnelles supérieures), a expliqué l'ancien industriel à l'AFP. "Mais des gens un peu moins aisés se sont aussi tourné vers ces produits dans l'idée, par exemple, de soutenir les agriculteurs."

Ces dernières semaines, dans le contexte de la crise du secteur, des agriculteurs français se sont rendus dans des supermarchés pour protester contre certains produits d'origine étrangère.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé mercredi que des contrôles dans 1.000 établissements concernant l'origine française des produits commercialisés ont révélé 372 non-conformités entre l'origine du produit et ce qui était affiché sur l'emballage.

Sur ces 372 anomalies, 70 sont "graves", a précisé Olivia Grégoire jeudi matin. Elles relèveraient davantage de la "volonté" de tromper le consommateur sur l'origine du produit, que de "l'oubli" ou de "la négligence" à l'affichage, et sont susceptibles de constituer une infraction pénale, a détaillé son cabinet.

(Y.Leyard--DTZ)

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