Deutsche Tageszeitung - Des centaines de personnes affamées fuient le nord de Gaza vers le sud

Des centaines de personnes affamées fuient le nord de Gaza vers le sud


Des centaines de personnes affamées fuient le nord de Gaza vers le sud
Des centaines de personnes affamées fuient le nord de Gaza vers le sud / Photo: © AFP

Des centaines de personnes, poussées par la faim, fuient dimanche le nord de la bande Gaza assiégée, alors que le cabinet de guerre israélien a donné son aval à la poursuite des discussions sur une trêve avec le Hamas palestinien selon des médias locaux.

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La situation humanitaire ne cesse d'empirer dans le territoire palestinien où 2,2 millions de personnes, soit l'immense majorité de la population, sont menacées d'une "famine de masse", selon l'ONU.

L'aide, qui entre au compte-gouttes par le terminal de Rafah à l'extrême sud de Gaza, est soumise au feu vert d'Israël et son acheminement vers le nord est presque impossible en raison des destructions et des combats.

Les affrontements se sont poursuivis dans la nuit à Khan Younès (sud) mais aussi à Beit Lahia et Zeitoun (nord), et c'est désormais le manque du nourriture qui pousse également la population au départ, un correspondant de l'AFP faisant état dimanche de centaines de personnes quittant le nord vers le centre de la bande de Gaza.

- "Dieu, notre seul espoir" -

"Je suis venu à pied (...) Je ne peux décrire le genre de famine qui se répand là-bas (…) Il n'y a pas de lait (pour ma fille). J'essaie de lui donner du pain que je prépare à partir de fourrage mais elle ne le digère pas (...) notre seul espoir est l'aide de Dieu", dit-il à l'AFP.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Volker Türk avait fustigé vendredi le "blocus et le siège imposés à Gaza" par Israël pouvant "représenter une utilisation de la famine comme méthode de guerre" qui est, a-t-il rappelé, un "crime de guerre".

A Jabaliya (nord), des dizaines habitants se pressaient et s'invectivaient samedi dans le chaos avec des récipients vides pour obtenir de la nourriture. "C'est fini", crie un homme chargé de la distribution de ce qui semble être une soupe, cherchant à les repousser, selon des images de l'AFP.

"Que le monde voit où on en est arrivé", lance un homme.

Sur d'autres images, des dizaines de personnes protestent contre le manque de nourriture dans le nord du territoire. "Non à la politique visant à nous affamer", pouvait-on lire sur une pancarte brandie par des enfants.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent menée en Israël par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza, qui a entraîné la mort d'au moins 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Durant l'attaque, quelque 250 personnes ont en outre été enlevées et emmenées à Gaza. Selon Israël, 130 otages --dont 30 seraient morts-- y sont encore retenus après la libération d'une centaine lors d'une trêve fin novembre, en échange de prisonniers palestiniens.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 et qu'il considère, à l'instar des Etats-Unis et de l'Union européenne, comme une organisation terroriste.

L'offensive militaire israélienne a fait 29.606 morts à Gaza, en grande majorité des civils, depuis le 7 octobre, selon le dernier bilan du ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien.

Le ministère fait état quotidiennement d'une centaine de morts dans la bande de Gaza dans ce qui est l'offensive la plus vaste de l'histoire d'Israël.

- Discussions pour une trêve -

Samedi soir, le cabinet de guerre israélien a, selon des responsables et médias locaux, donné son feu vert à l'envoi sous peu d'une délégation au Qatar afin de poursuivre les récentes discussions à Paris en vue d'un nouvel accord de trêve assorti d'une libération d'otages.

Le chef du Mossad (services de renseignement extérieurs israéliens) s'est rendu vendredi dans la capitale française pour un suivi sur un projet de trêve dont il avait discuté fin janvier avec ses homologues américain et égyptien et le Premier ministre du Qatar.

D'après une source du Hamas, le plan discuté en janvier prévoyait une pause de six semaines et la libération de 200 à 300 prisonniers palestiniens détenus par Israël en échange de 35 à 40 otages.

Pour conclure un accord, Israël exige au préalable "la libération de tous les otages, à commencer par toutes les femmes", a indiqué samedi soir Tzachi Hanegbi, conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

"Un tel accord ne signifie pas la fin de la guerre", a-t-il toutefois prévenu.

Le Hamas réclame, lui, un "cessez-le-feu complet" et le retrait des troupes israéliennes de Gaza.

Pendant ce temps, l'inquiétude grandit à Rafah, à la frontière fermée avec l'Egypte, où se massent dans des conditions précaires au moins 1,4 million de personnes, des déplacés pour la plupart, qui sont menacées d'une opération militaire terrestre d'envergure.

- "Le plus vite possible" -

M. Netanyahu a affirmé samedi qu'il convoquerait "en début de semaine le cabinet pour approuver les plans opérationnels d'action à Rafah, y compris l'évacuation de la population civile".

Selon un journaliste de l'AFP, au moins six raids aériens ont été menés samedi soir sur la ville.

L'armée israélienne a annoncé dimanche poursuivre ses "raids ciblés" dans la bande de Gaza, où elle dit avoir tué "plusieurs terroristes" samedi dans le centre du territoire.

Elle poursuit notamment ses opérations à Khan Younès (sud) affirmant avoir arrêté "des terroristes qui cherchaient à fuir, cachés parmi les civils".

En Israël, des milliers de personnes se sont rassemblées une nouvelle fois samedi soir à Tel-Aviv sur la "place des otages" pour réclamer la libération des 130 otages.

"Nous pensons tout le temps à eux, nous voulons qu'ils nous reviennent vivants et le plus vite possible", a dit à l'AFP Orna Tal, 60 ans, dont un ami fait partie des otages.

(L.Barsayjeva--DTZ)

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