Deutsche Tageszeitung - Attal au Salon de l'agriculture après une inauguration présidentielle chaotique

Attal au Salon de l'agriculture après une inauguration présidentielle chaotique


Attal au Salon de l'agriculture après une inauguration présidentielle chaotique
Attal au Salon de l'agriculture après une inauguration présidentielle chaotique / Photo: © AFP

A la manœuvre depuis sa nomination sur la crise agricole, Gabriel Attal arpente mardi à son tour les allées du Salon, inauguré samedi dans le tumulte par Emmanuel Macron qui l'avait sillonné au prix d'une importante présence policière.

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Le Premier ministre démarre sa journée à 7H00 par la traite des vaches, avant de s'exprimer sur RTL à 07H30.

Il ira ensuite voir comme de coutume la vache égérie du Salon nommée cette année Oreillette, puis déambulera toute la journée à travers les stands des différents halls, et échangera avec les agriculteurs.

Tout à son marathon agricole, il ne participera pas finalement à la séance des questions au gouvernement l'après-midi à l'Assemblée nationale, qui reprend ses travaux après une semaine de congés.

Le chef du gouvernement s'est déjà rendu dimanche soir après sa fermeture sur le site du Salon qui n'est, a-t-il affirmé, "ni un cirque médiatique, ni un cirque politique, ni un cirque militant".

L'exécutif est soucieux d'occuper le terrain et d'effacer les images inédites d'une ouverture chaotique du Salon, sur fond d'une crise agricole qui perdure depuis plus d'un mois.

La venue dimanche de Gabriel Attal a fait aussi miroir à celle, le même jour, du leader et tête de liste aux élections européennes du Rassemblement national, Jordan Bardella, revenu sur les lieux lundi.

- "Marché débridé" -

"Notre ennemi, ce n'est pas l'étranger, c'est la loi du marché débridée", a insisté Gabriel Attal, visant sans la nommer l'extrême droite. "Car renoncer à commercer, c'est condamner notre agriculture à sombrer."

Le Premier ministre a reçu ces dernières semaines pendant de longues heures les syndicats agricoles et formulé trois salves de réponses, sans tout à fait convaincre la profession malgré la levée des blocages.

La colère des agriculteurs a été en outre attisée par l'idée du chef de l'Etat d'organiser au Salon un grand débat, pour lequel a été évoquée une invitation du collectif écologiste Soulèvements de la Terre.

Accueilli samedi par des huées et des heurts, Emmanuel Macron a pu finalement passer près de 13 heures dans le Salon à déambuler et échanger, mais sans beaucoup de public et au prix d'une importante présence sécuritaire.

Pour tenter de rebondir, le président a choisi d'évoquer les élections européennes et de pilonner le RN qui fait la course largement en tête dans les sondages face à une Macronie à la peine.

- "Sauciflard" -

Le président a rappelé aussi avoir pris 62 engagements et en a formulé d'autres, dont un recensement des exploitations nécessitant des aides de trésorerie d'urgence. Il a également redit que la France n'interdirait plus de pesticides plus vite que ses voisins européens.

Plusieurs opposants ont sillonné le Salon lundi.

La future tête de liste de La France insoumise aux élections européennes Manon Aubry a accusé Emmanuel Macron et Jordan Bardella, de "défendre le même modèle agricole", celui d'une "agriculture agro-industrielle" et "dépendante aux pesticides".

Propulsée numéro deux de la liste LR aux européennes, la céréalière Céline Imart a passé son baptême du feu au Salon où elle a fustigé la volonté affichée du RN de "sortir des accords de libre-échange", et accusé Emmanuel Macron d'avoir "pourri" l'événement samedi.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure s'est, lui, défendu de diriger un parti uniquement tourné vers les villes: "le sauciflard, l'apéro, c'est aussi notre culture", a-t-il dit. Le chef de file de la liste socialiste aux élections européennes, Raphaël Glucksmann, a lui étrillé la Politique agricole commune (PAC) actuelle, "fondamentalement injuste".

(O.Tatarinov--DTZ)

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