Deutsche Tageszeitung - Israël et le Hamas dénoncent les mandats d'arrêt réclamés à la CPI

Israël et le Hamas dénoncent les mandats d'arrêt réclamés à la CPI


Israël et le Hamas dénoncent les mandats d'arrêt réclamés à la CPI

Israël et le Hamas, qui se livrent de violents combats dans la bande de Gaza menacée de famine, dénoncent chacun les mandats d'arrêt réclamés à la Cour pénale internationale (CPI) contre leurs dirigeants pour crimes de guerre présumés.

Taille du texte:

Le procureur de la CPI, Karim Khan, a déclaré lundi avoir demandé des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes tels que "le fait d'affamer délibérément des civils", "homicide intentionnel" et "extermination et/ou meurtre".

Les accusations portées contre des dirigeants du Hamas également visés par cette demande de mandats d'arrêt, notamment son chef à Gaza Yahya Sinouar, incluent "l'extermination", "le viol et d'autres formes de violence sexuelle" et "la prise d'otages en tant que crime de guerre".

Son ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a fustigé une "décision scandaleuse" et "un déshonneur historique" pour la cour de La Haye.

Le mouvement islamiste palestinien a dénoncé de son côté "les tentatives du procureur (...) d'assimiler la victime au bourreau".

Le président américain, Joe Biden, principal allié d'Israël, a jugé "scandaleux" le mandat d'arrêt réclamé contre M. Netanyahu, estimant qu'"il n'y a pas d'équivalence" entre Israël et le Hamas. Il a "rejeté" le terme de "génocide" pour qualifier l'offensive israélienne à Gaza, lors d'une réception pour la communauté juive à la Maison Blanche.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a également qualifié ces mandats de "honteux", prévenant que ceux-ci "pourraient compromettre" les négociations sur un cessez-le-feu à Gaza, et ajoutant que la CPI n'a pas "juridiction" sur Israël.

La France "soutient" la CPI et son "indépendance", a indiqué dans un communiqué le Quai d'Orsay en disant à la fois condamner les "massacres antisémites perpétrés par le Hamas" et dénoncer "le caractère inacceptable des pertes civiles dans la bande de Gaza".

La guerre a été déclenchée par une attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, qui a entraîné la mort de plus de 1.170 personnes, majoritairement des civils, selon un bilan de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Sur les 252 personnes alors emmenées comme otages, 124 sont toujours détenues à Gaza, dont 37 sont mortes selon l'armée.

Les corps de quatre otages, retrouvés la semaine dernière à Gaza, l'ont été dans des tunnels de Jabalia (nord), a précisé lundi soir l'armée, selon laquelle Ron Benjamin, Shani Louk, Amit Buskila et Itzhak Gelerente avaient été tués dès le 7 octobre sur le sol israélien et leurs dépouilles transportées à Gaza.

Israël a juré de détruire le Hamas qui avait pris le pouvoir à Gaza en 2007 et qu'il qualifie de terroriste, tout comme les Etats-Unis et l'Union européenne.

Son armée a lancé une offensive dévastatrice dans la bande de Gaza qu'elle a assiégée, entraînant la mort d'au moins 35.562 personnes, pour la plupart des civils dont 106 ces dernières 24 heures, selon des données lundi du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.

Les opérations militaires ont aussi provoqué une catastrophe humanitaire. La majorité des quelque 2,4 millions d'habitants sont menacés de famine et plus de la moitié déplacés, d'après l'ONU.

- "Tués dans notre sommeil" -

Des avions et des hélicoptères militaires israéliens ont mené de nouvelles frappes lundi sur la bande de Gaza, où des combats au sol ont également lieu entre soldats et groupes armés palestiniens.

Dans le nord du territoire palestinien, l'armée de l'air a bombardé la ville de Gaza et le camp de réfugiés de Jabalia, où l'armée a fait état des combats "peut-être les plus acharnés" depuis octobre.

Dans le sud, une frappe a touché une maison du quartier de Tal al-Sultan, dans l'ouest de la ville de Rafah, faisant trois morts et huit blessés, selon des sources hospitalières.

"Nous sommes tués chez nous dans notre sommeil, des civils y compris des enfants et des femmes, meurent et personne ne se soucie de nous", déplore Obeid Khafaja, un habitant de Tal al-Sultan.

- "Le devoir" -

Malgré l'opposition de nombreuses capitales et organisations humanitaires à une opération majeure terrestre à Rafah, le ministre israélien de la Défense a insisté sur "le devoir d'Israël d'étendre l'opération terrestre à Rafah, de démanteler le Hamas et de faire revenir les otages", en recevant ce week-end le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.

Depuis le 7 mai, quand Israël a pris le contrôle côté palestinien du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, l'acheminement de l'aide humanitaire est quasiment à l'arrêt. Ce passage est crucial pour les aides dont le carburant, indispensable aux hôpitaux et à la logistique humanitaire.

Pour pallier aux restrictions imposées par Israël, les Etats-Unis ont planché sur un projet de jetée provisoire qui a reçu ce week-end ces premiers chargements d'aide humanitaire par voie maritime.

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), 569 tonnes d'aides ont été jusqu'à présent acheminées à Gaza par cette jetée.

- "Plan d'action" -

Alors qu'aucune perspective d'une fin des hostilités n'est en vue, M. Netanyahu est sous pression pour préparer une stratégie concernant l'avenir de Gaza.

Dimanche à Jérusalem, M. Sullivan l'a appelé à accompagner les opérations militaires d'une "stratégie politique" pour l'avenir du territoire palestinien.

Benny Gantz, ex-chef de l'armée et actuel membre du cabinet de guerre, a menacé de démissionner si un "plan d'action" pour l'après-guerre n'était pas adopté rapidement. M. Gallant a sommé M. Netanyahu de "préparer immédiatement" une "alternative gouvernementale au Hamas".

De son côté, l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a appelé les parties à "retourner immédiatement et de bonne foi à la table des négociations" afin de parvenir à un cessez-le-feu après l'échec des derniers pourparlers début mai.

(G.Khurtin--DTZ)

En vedette

Mali: plus d'une quarantaine de civils tués dimanche par des hommes armés, selon des sources sécuritaires et locales

Plus d'une quarantaine de civils ont été tués dimanche lors d'attaques perpétrées par des hommes armés dans la région de Ménaka, dans le nord-est du Mali, provoquant des déplacements de population, ont rapporté lundi à l'AFP plusieurs sources sécuritaires, locales et associatives.

Violences en France : le renseignement estime que "l'ultragauche" et "l'extrême gauche radicale" étaient en pointe samedi

Les services de renseignement estiment que "l'ultragauche" et "l'extrême gauche radicale" ont été en pointe dans les débordements de violences survenus samedi en France, mais pas à l'origine des pillages, après analyse des évènements, affirme une source sécuritaire.

Brise-glace et câble sous-marin: l'UE veut renforcer sa présence dans l'Arctique

Son nom n'est pas mentionné une seule fois dans le document, mais est dans tous les esprits: l'Union européenne a dévoilé mardi sa grande stratégie pour l'Arctique, neuf mois après les menaces de Donald Trump visant le Groenland.

Mairie de Limoges incendiée : un suspect lié à l'ultragauche interpellé en Haute-Vienne

Un homme connu de la police pour son appartenance à l'ultragauche a été interpellé mardi matin en Haute-Vienne dans l'enquête sur l'incendie volontaire de la mairie de Limoges, l'un des symboles des débordements survenus samedi dans toute la France lors des mobilisations du 17 octobre.

Taille du texte: