Deutsche Tageszeitung - En pleine guerre à Gaza, initiative pour reconnaître un Etat de Palestine

En pleine guerre à Gaza, initiative pour reconnaître un Etat de Palestine


En pleine guerre à Gaza, initiative pour reconnaître un Etat de Palestine
En pleine guerre à Gaza, initiative pour reconnaître un Etat de Palestine / Photo: © AFP

En pleine guerre meurtrière dans la bande de Gaza palestinienne, des pays européens s'apprêtent à annoncer mercredi une initiative visant à reconnaître un Etat de Palestine, un projet déjà fustigé par Israël.

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L'Irlande va annoncer mercredi sa décision de reconnaître un Etat palestinien, ont affirmé dans la nuit des médias irlandais, précisant qu'une conférence de presse sur le sujet avec le Premier ministre Simon Harris est prévue à 08H00 locales (07H00 GMT).

A la même heure, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez doit prendre la parole devant le Congrès des députés. Or M. Sánchez avait déjà indiqué la semaine dernière qu'il annoncerait mercredi la date de la reconnaissance par Madrid d'un Etat palestinien.

M. Sánchez avait publié en mars avec les chefs des gouvernements de l'Irlande, de la Slovénie et de Malte un communiqué commun dans lesquels ces pays faisaient part de leur volonté de reconnaître un tel Etat.

Pour Israël, les projets de reconnaissance d'un Etat palestinien sans solution négociée constituent une "récompense" pour le Hamas, mouvement islamiste palestinien soutenu par l'Iran, pour son attaque le 7 octobre depuis la bande de Gaza en territoire israélien.

En représailles à cette attaque, qui a entraîné la mort de plus de 1.170 personnes, majoritairement des civils, selon un bilan de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes, Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une vaste opération militaire à Gaza.

Selon le ministère de la Santé du gouvernement de ce territoire palestinien dirigé par le Hamas, 35.647 personnes, pour la plupart des civils, ont été tués dans cette opération militaire israélienne qui a aussi provoqué une catastrophe humanitaire selon l'ONU.

- Hôpitaux menacés -

Tôt mercredi, une équipe de l'AFP a fait état de tirs d'artillerie et de frappes aériennes dans et autour de Rafah (sud), ville dont certains secteurs sont le théâtre d'opérations au sol depuis le début du mois malgré l'opposition de la communauté internationale.

L'armée israélienne avait alors ordonné des évacuations massives de Rafah où elle dit vouloir détruire les derniers bataillons du Hamas, son réseau de tunnels, et sauver les otages.

Le fonctionnement des deux hôpitaux toujours en activité dans la pointe nord de la bande de Gaza, tous deux situés près du camp de Jabalia, est désormais menacé par la recrudescence des combats entre l'armée israélienne et des combattants du Hamas.

L'hôpital al-Awda est assiégé depuis trois jours, a affirmé à l'AFP un responsable de l'établissement, Mohammad Saleh, en faisant état de tirs israéliens sur les bâtiments de l'hôpital et de "tireurs d'élite présents aux alentours et dans les maisons adjacentes".

Rik Peeperkorn, responsable de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour les Territoires palestiniens, a signalé une "intensification des hostilités" autour de l'hôpital Kamal Adwan.

- "Catastrophiques" -

Depuis qu'Israël a pris le 7 mai le contrôle du côté palestinien du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, l'acheminement de l'aide humanitaire est quasiment à l'arrêt, notamment le carburant, indispensable aux hôpitaux et à la logistique humanitaire.

Face aux sévères restrictions imposées à l'aide par voie terrestre, les Etats-Unis avaient annoncé en mars la mise en place du port temporaire à Gaza, initiative jugée insuffisante par l'ONU, les ONG et par les dirigeants américains eux-mêmes.

Depuis son entrée en fonction vendredi, environ 569 tonnes d'aide ont été acheminées à Gaza, selon l'armée américaine. Mais cette aide n'a toujours pas été distribuée à la population, a annoncé mardi soir le ministère américain de la Défense.

- Arrêt sur images -

Dans ce contexte de guerre et de menace de famine, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan a déclaré lundi avoir demandé des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes tels que "le fait d'affamer délibérément des civils", "homicide intentionnel" et "extermination et/ou meurtre".

Des dirigeants du Hamas, y compris Yahya Sinouar, chef du mouvement à Gaza, sont également visés par cette demande de mandats d'arrêt pour "extermination", "viol et autres formes de violence sexuelle" et "prise d'otages en tant que crime de guerre".

M. Netanyahu a "rejeté avec dégoût la comparaison du procureur de La Haye entre Israël" et le Hamas, son ministre de la Défense dénonçant une décision "ignoble". Le Hamas a condamné "les tentatives du procureur (...) d'assimiler la victime au bourreau".

Le président américain Joe Biden a fustigé lundi soir une démarche "scandaleuse" de la CPI à l'égard des dirigeants israéliens et réitéré son soutien à Israël.

Sous la pression mardi de la Maison Blanche, Israël est par ailleurs revenu sur sa décision d'interrompre la retransmission par l'agence de presse américaine Associated Press (AP) de sa vidéo en direct de la bande de Gaza.

AP a attribué la coupure à "une utilisation abusive par le gouvernement" de Benjamin Netanyahu de la loi votée début avril qui permet d'interdire la diffusion en Israël de médias étrangers "portant atteinte à la sécurité" de l'Etat.

Hors de Gaza, l'armée israélienne a mené mardi une opération à Jénine, bastion de groupes armés palestiniens dans le nord de la Cisjordanie occupée, qui a fait huit morts selon l'Autorité palestinienne.

(V.Sørensen--DTZ)

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