Deutsche Tageszeitung - Une trentaine de morts dans des raids israéliens sur Gaza, frappes au Yémen et au Liban

Une trentaine de morts dans des raids israéliens sur Gaza, frappes au Yémen et au Liban


Une trentaine de morts dans des raids israéliens sur Gaza, frappes au Yémen et au Liban
Une trentaine de morts dans des raids israéliens sur Gaza, frappes au Yémen et au Liban / Photo: © AFP

Des frappes israéliennes ont fait au moins une trentaine de morts ce week-end dans la bande de Gaza assiégée et dévastée par plus de neuf mois d'une guerre qui s'étend à une partie de la région, au Yémen et au Liban.

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Au Yémen, le port stratégique de Hodeida a ainsi été visé samedi par des frappes aériennes israéliennes qui ont fait trois morts et plus de 80 blessés, ont affirmé dimanche les rebelles houthis, deux jours après une attaque de drone ayant fait un mort à Tel-Aviv menée par ces insurgés soutenus par l'Iran.

Et dimanche, l'armée israélienne a indiqué avoir intercepté un missile venant du Yémen et "qui s'approchait d'Israël".

Sur le front nord d'Israël, au Liban, le Hezbollah, un allié au Hamas, a annoncé avoir tiré de nouvelles roquettes sur le nord d'Israël "en riposte" à une frappe israélienne. Une frappe israélienne a suivi, visant un dépôt de munitions d'Adloun, ville du sud du Liban, faisant trois blessés samedi, a annoncé dans la soirée l'agence officielle libanaise.

Dans la bande de Gaza, où Israël assiège les quelque 2,4 millions d'habitants, l'armée israélienne a affirmé samedi avoir "éliminé des terroristes" dans des frappes et des combats.

Selon la Défense civile à Gaza, un organisme dépendant du Hamas, il y a eu au moins 24 morts dans des raids israéliens. Dans la nuit, elle a actualisé ce bilan, avec six morts à Bureij, six à Armida et un de plus à Nousseirat, portant le bilan du week-end à plus de trente morts.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont l'attaque contre Israël le 7 octobre a déclenché la guerre, a vu dans ces frappes sur Gaza une "réponse" d'Israël à l'avis rendu la veille par la Cour internationale de justice (CIJ) qui a jugé "illicite" l'occupation israélienne de territoires palestiniens depuis 1967.

Une décision qualifiée d'"historique" par les Palestiniens et de "mensongère" par Israël.

Une frappe a touché le camp de Nousseirat (centre), tuant deux femmes et un enfant, a indiqué un responsable de l'hôpital al-Awda. Dans ce même hôpital, un bébé a été sauvé du ventre de sa mère, tuée également à Nousseirat.

- "Barbarie" -

"Deux de mes filles et quatre membres de ma famille sont morts", a déclaré Manar Abou Sidra, dont la maison a été touchée à Nousseirat. "C'est de la barbarie. Nous n'avons aucun lien avec les organisations (armées), alors pourquoi nous prendre pour cible?"

La Défense civile avait auparavant fait état de neuf morts dans des frappes à Gaza-ville (nord).

"Nous dormions dans nos appartements et soudain, nous avons entendu un boum! Nos appartements ont été touchés, chacun cherchait ses enfants", témoigne Hassan Ayyad, un habitant de Gaza-ville.

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de 1.195 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Sur 251 personnes alors enlevées, 116 sont toujours retenues à Gaza, dont 42 sont mortes, selon l'armée.

En riposte, Israël a promis de détruire le Hamas, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne, et lancé une offensive aérienne puis terrestre dans la bande de Gaza qui a fait jusqu'à présent 38.919 morts, en majorité des civils, d'après des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le mouvement islamiste.

La guerre a entraîné le déplacement de plus de la moitié de la population dans le petit territoire menacé de famine et où aucun lieu n'est sûr selon l'ONU.

Le Hamas a pris le pouvoir à Gaza en 2007, deux ans après le retrait unilatéral d'Israël de ce territoire qu'il a occupé pendant 38 ans. Avant d'assiéger Gaza le 9 octobre, Israël imposait depuis 2007 un blocus au territoire pauvre et surpeuplé.

- "Pas suffisant" -

Alors que la guerre fait rage, M. Netanyahu doit se rendre à Washington et s'exprimer mercredi devant le Congrès. Il devrait rencontrer le président Joe Biden si ce dernier est remis du Covid-19.

Vendredi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a réaffirmé la détermination américaine à parvenir à un accord de cessez-le-feu.

Mais cela n'est "pas suffisant", il est "essentiel de s'assurer que nous disposons d'un plan" pour l'après-guerre à Gaza, "pour la gouvernance, la sécurité, l'aide humanitaire, la reconstruction", a-t-il dit.

Washington a réaffirmé son attachement la solution à deux Etats, palestinien et israélien, pour un règlement du conflit israélo-palestinien vieux de plusieurs décennies, après l'adoption par le Parlement israélien d'une résolution s'opposant à la création d'un Etat palestinien dont l'autorité s'étendrait sur la Cisjordanie et Gaza.

(L.Møller--DTZ)

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