Deutsche Tageszeitung - En visite en Ukraine, les chefs des diplomaties américaine et britannique s'engagent pour la "victoire"

En visite en Ukraine, les chefs des diplomaties américaine et britannique s'engagent pour la "victoire"


En visite en Ukraine, les chefs des diplomaties américaine et britannique s'engagent pour la "victoire"

Les chefs des diplomaties américaine et britannique se sont rendus à Kiev mercredi pour confirmer l'engagement de leurs pays en faveur d'une "victoire" de l'Ukraine, et notamment discuter de l'utilisation des armes occidentales contre la Russie au moment où celle-ci est accusée d'avoir reçu des missiles balistiques à l'Iran.

Taille du texte:

La victoire de l'Ukraine dans sa guerre avec la Russie dépend "essentiellement" du soutien des Etats-Unis et de leurs alliés, a de son côté souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Cette visite du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et de son homologue britannique David Lammy intervient à un moment délicat pour l'Ukraine, ses forces étant en difficulté sur le front de l'est du pays, malgré une offensive surprise lancée début août plus au nord, dans la région russe de Koursk.

Kiev espère notamment obtenir l'autorisation des Occidentaux d'utiliser les missiles à longue portée qui lui ont été fournis pour frapper des cibles en profondeur sur le territoire russe, au moment où Moscou est accusée d'avoir reçu des missiles balistiques de l'Iran.

L'Ukraine a par ailleurs reçu une bonne nouvelle financière mardi, le Fonds monétaire international (FMI) ayant annoncé un accord ouvrant la porte au déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 1,1 milliard de dollars.

Antony Blinken a assuré que ce voyage en compagnie de M. Lammy montrait leur engagement "en faveur de la victoire de l'Ukraine", lors de discussion avec le nouveau chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga.

- "Renforcer l'Ukraine" -

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit vouloir présenter un "plan de victoire" aux Etats-Unis, avant l'élection présidentielle de novembre qui risque de changer la donne pour Kiev si le républicain Donald Trump l'emporte.

Ce plan doit être dévoilé avant le deuxième sommet pour la paix en Ukraine attendu pour la fin de l'année et vise à "sérieusement renforcer l'Ukraine" de manière à "contraindre la Russie à mettre fin à la guerre", a-t-il précisé.

M. Zelensky ne cesse depuis des mois de réclamer aux Occidentaux des armes dotées d'une plus grande puissance de feu et moins de restrictions dans leur usage.

Son homologue américain Joe Biden, interrogé à ce sujet à Washington, a déclaré: "Nous sommes en train d'y réfléchir en ce moment même".

Interrogé sur un éventuel feu vert de Washington à l'acquisition d'armes de longue portée par Kiev, M. Blinken a répondu, sur la chaîne de télévision Sky News, ne pas "l'exclure", tout en voulant être certain que cela ferait "progresser les objectifs" des Ukrainiens.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, a averti mercredi que la Russie aurait une réponse "appropriée" si l'Ukraine était autorisée à utiliser ces armes contre son territoire.

Chaque décision occidentale de ce type prouve le "caractère justifié, nécessaire et sans alternative" de l'intervention militaire de l'armée russe en Ukraine, a-t-il affirmé.

- Missiles iraniens -

Washington a alerté cette semaine sur la livraison par l'Iran de missiles de courte portée à la Russie, qui pourrait les utiliser pour frapper le territoire ukrainien dans les semaines à venir.

Le Royaume-Uni a convoqué mercredi le chargé d'affaires iranien à Londres pour protester contre cette livraison présumée.

Selon les médias britanniques, M. Biden, qui rencontrera vendredi le Premier ministre britannique Keir Starmer, devrait lever le veto américain à l'utilisation par l'Ukraine de missiles de croisière Storm Shadow fournis par Londres contre des objectifs en Russie.

L'une des principales demandes de l'Ukraine est cependant d'assouplir les restrictions sur l'emploi des systèmes de missiles tactiques ATACMS américains, qui peuvent atteindre des cibles situées à 300 kilomètres de distance.

Dans une lettre commune adressée à M. Biden, les principaux membres républicains du Congrès lui ont demandé d'agir pour empêcher la Russie de "commettre ses crimes de guerre contre l'Ukraine en toute impunité".

Les républicains sont toutefois profondément divisés sur l'Ukraine, et un succès à l'élection présidentielle de novembre de leur candidat Donald Trump face à l'actuelle vice-présidente démocrate Kamala Harris pourrait radicalement modifier la politique étrangère des Etats-Unis.

Des collaborateurs de M. Trump ont laissé entendre qu'en cas de victoire, ils utiliseraient l'aide pour forcer Kiev à faire des concessions territoriales à la Russie afin de mettre fin à la guerre.

(I.Beryonev--DTZ)

En vedette

Du boycott aux urnes, les Druzes du Golan se rapprochent d'Israël

Autrefois, de nombreux Druzes se cachaient pour voter. Fadi Damaqsi, lui, assume son intention de participer aux législatives israéliennes du 27 octobre. Sur le plateau du Golan, cet étudiant incarne le rapprochement avec Israël d'une communauté longtemps restée attachée à la Syrie.

Macron en visite éclair à Riyad, ultime étape de sa tournée dans le Golfe

Le président français Emmanuel Macron s'est rendu mercredi en Arabie saoudite pour une visite non annoncée, la première d'un chef d'Etat occidental dans le royaume depuis l'intensification des frappes houthies début octobre.

À Madrid, Milei traite Sánchez de "dictateur", l'Espagne dénonce une "ingérence étrangère"

Le président argentin Javier Milei s'est invité avec fracas mercredi dans la campagne électorale en Espagne, en traitant le Premier ministre Pedro Sánchez de "dictateur", Madrid dénonçant dans la foulée une tentative d'"ingérence étrangère", à l'approche des législatives prévues fin novembre.

Ukraine : le Kremlin prêt à des négociations trilatérales mi-novembre

Moscou est disposé à une reprise des négociations trilatérales avec Washington et Kiev à la mi-novembre, a indiqué mercredi le Kremlin après une rencontre entre Vladimir Poutine et un émissaire américain en Russie, Kiev appelant pour sa part à nouveau à un cessez-le-feu pour favoriser les pourparlers.

Taille du texte: