Deutsche Tageszeitung - Bayrou sous le feu des critiques pour avoir choisi Pau plutôt que Mayotte

Bayrou sous le feu des critiques pour avoir choisi Pau plutôt que Mayotte


Bayrou sous le feu des critiques pour avoir choisi Pau plutôt que Mayotte
Bayrou sous le feu des critiques pour avoir choisi Pau plutôt que Mayotte / Photo: © AFP

Sous pression pour former un gouvernement rapidement, François Bayrou était mardi critiqué de toutes parts pour avoir choisi d'aller à Pau au lieu de Mayotte, en proie à une crise humanitaire majeure, et défendu le cumul des mandats.

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Le Premier ministre, nommé vendredi, a pris un avion de la République très tôt mardi de Pau pour revenir à Paris poursuivre ses consultations des groupes politiques, avant de passer son premier grand oral à l'Assemblée nationale.

Les députés ne manqueront pas de l'interroger sur son choix d'aller dans sa ville pour y défendre son poste de maire, plutôt que d'assister à une réunion de crise sur Mayotte - qu'il a suivie à distance. Il sera aussi interpellé sur son souhait de revenir sur l'interdiction du cumul du mandat de parlementaire.

Sa décision suscite une vive polémique jusque dans son camp.

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a affirmé sur franceinfo qu'elle aurait "préféré que le Premier ministre, au lieu de prendre un avion pour Pau, prenne l'avion pour Mamoudzou", chef-lieu de Mayotte, dévastée par un cyclone qui aurait fait "plusieurs centaines", voire "quelques milliers" de morts, selon les autorités.

Elle a aussi redit son opposition au cumul de mandats, défendu lundi soir par le Premier ministre: "ce n'est vraiment pas le moment" de "remettre ce sujet sur la table". "Aujourd'hui le sujet c'est le budget, c'est Mayotte".

Le patron du parti communiste Fabien Roussel a jugé sur BFMTV et RMC "indécent de parler de cumul des mandats (...) alors qu'en ce moment on enterre des enfants, des habitants à Mayotte".

Rare voix à venir à la rescousse du Premier ministre, Hervé Marseille, le chef des sénateurs centristes, défenseur du cumul, a estimé qu'il a "fait ce qu'il devait faire". "Tout le monde ne va pas débarquer à Mayotte", où s'est rendu lundi le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau et où Emmanuel Macron est attendu dans les prochains jours. Les responsables de l'archipel "ont autre chose à faire que de recevoir les autorités", a insisté le président de l'UDI.

- Gouvernement "cette semaine" -

Après l'extrême droite, le centre, les socialistes et la droite lundi, François Bayrou reçoit mardi les représentants des écologistes, du MoDem, d'Horizons, les indépendants de Liot, les communistes, et l'ex-LR Eric Ciotti désormais allié du RN.

Il s'agit pour lui de mesurer les soutiens dont il dispose pour former un gouvernement susceptible de faire passer, dans une Assemblée fracturée, un budget pour 2025, dont le pays est privé depuis la censure.

François Bayrou espère à l'issue de ces consultations former un gouvernement "cette semaine". "Mais il faut que le président soit là", a-t-il ajouté, à propos de l'emploi du temps très chargé cette semaine d'Emmanuel Macron.

L’entourage du chef de l'Etat semble avoir peu goûté l'allusion et incite François Bayrou à commencer à faire des propositions dès aujourd’hui. "Quand il sera prêt, nous nous le sommes", a assuré un proche.

- Bayrou "s'égare" -

François Bayrou, qui fut ancien député de 2002 à 2012, devrait encore affronter les critiques à l'Assemblée nationale, où il répondra pendant 45 minutes aux questions des présidents de groupe en solo, puisque les ministres en place sont démissionnaires et ne sont donc pas autorisés à participer à l'exercice.

L'ancien ministre de l'Intérieur macroniste Gérald Darmanin l'interrogera notamment sur Mayotte et "les moyens exceptionnels que doit engager l’État".

Il sera aussi sans doute questionné sur le cumul des mandats. Le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a jugé sur France 2 que le Premier ministre "s'égare" avec cette "sortie".

"En s'accrochant à ce poste de maire" de Pau, "M. Bayrou fait une grave erreur" doublée d'une "faute politique importante" et "symboliquement dramatique", a estimé le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard sur Sud Radio.

Rien dans la loi n'interdit le cumul entre une fonction ministérielle et un mandat local, mais Yaël Braun-Pivet a rappelé qu'une réforme constitutionnelle, inaboutie et prévoyant "le non-cumul des fonctions ministérielles et d'un exécutif local", avait été "votée à la quasi-unanimité" des députés en 2018.

De son côté, le Rassemblement national estime qu'il "est sûrement possible" de cumuler les mandats de député et de maire "en dessous d'un certain seuil" de population, a souligné Laure Lavalette sur TF1.

(N.Loginovsky--DTZ)

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