Deutsche Tageszeitung - Espagne: l'épouse de Pedro Sánchez s'explique devant la justice et nie toute malversation

Espagne: l'épouse de Pedro Sánchez s'explique devant la justice et nie toute malversation


Espagne: l'épouse de Pedro Sánchez s'explique devant la justice et nie toute malversation
Espagne: l'épouse de Pedro Sánchez s'explique devant la justice et nie toute malversation / Photo: © AFP/Archives

Déjà entendue en juillet, Begoña Gómez, l'épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, s'est expliquée pour la première fois mercredi devant le juge enquêtant sur ses activités pour nier toute malversation, assurant n'avoir "rien à cacher".

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Au cœur d'une semaine judiciaire chargée pour le dirigeant socialiste du gouvernement espagnol, dont plusieurs autres proches sont mis en cause dans des affaires, Mme Gómez est arrivée discrètement en voiture au tribunal peu avant 10H00 par le parking.

Begoña Gómez, qui avait déjà comparu en juillet et avait alors fait valoir son droit de garder le silence, a cette fois-ci accepté de répondre, mais uniquement aux questions de son avocat lors de cette audition.

Et l'épouse de Pedro Sánchez, 49 ans, spécialisée dans le conseil et la collecte de fonds, a choisi d'évoquer tous les aspects de l'enquête à tiroir la visant, ouverte au printemps dernier après les plaintes de deux associations réputées proches de l'extrême droite, Manos Limpias ("Mains propres") et Hazte Oír ("Fais-toi entendre").

"Ma cliente s'est exprimée, ce qu'elle souhaitait faire depuis le début de la procédure, parce qu'elle n'a rien à cacher. Si elle ne l'a pas fait avant, c'est parce qu'il y avait une incertitude quant à ce qui faisait l'objet de l'enquête", a assuré devant la presse son avocat, Antonio Camacho, après son audition.

Au coeur des interrogations du juge Juan Carlos Peinado figure la question de savoir si Begoña Gómez a profité des fonctions de son mari dans le cadre de ses relations professionnelles, notamment pour obtenir la co-direction d'un master à l'université Complutense de Madrid.

Le magistrat, qui a décidé de poursuivre son instruction malgré deux rapports de la Garde civile ayant conclu à l'absence d'infractions, et en dépit d'une demande de classement émanant du parquet, s'interroge aussi sur ses relations avec Juan Carlos Barrabés, un homme d'affaires espagnol, et sur d'éventuels appuis en sa faveur dans des appels d'offre publics en échange de financements pour son master.

- "Carrousel judiciaire" -

"Ma cliente a expliqué qu'elle n'avait jamais été au courant de ces procédures d'appels d'offre publics, que personne ne lui avait jamais demandé d'intervenir, que, bien entendu, elle n'était jamais intervenue", a assuré Me Camacho.

"Ma cliente s'est toujours comportée correctement, toujours en coordination avec l'université Complutense, et n'est intervenue à aucun moment, d'aucune manière et auprès de personne, pour que M. Barrabés remporte des appels d'offre publics", a conclu Me Camacho.

Depuis le début de la semaine, les convocations judiciaires se succèdent dans des enquêtes empoisonnant la vie de Pedro Sánchez, qui a toujours défendu la probité de son épouse et de son gouvernement.

Lundi, c'est le principal accusateur dans un dossier de corruption mettant en cause un ex-ministre des Transports et proche du leader socialiste qui était interrogé. Mardi, un ancien conseiller de ce ministre pour la même affaire, avant donc, mercredi, sa femme Begoña Gómez, dans un autre dossier.

Vendredi, une conseillère de la Moncloa, le siège de la présidence du gouvernement, soupçonnée d'avoir travaillé en réalité pour Begona Gómez, doit à son tour être entendue, avant, début janvier, le propre frère de Pedro Sánchez, mis en cause dans un autre dossier, notamment pour détournement de fonds et trafic d'influence.

"Vous faites la victime devant les juges", a lancé au chef du gouvernement mercredi au Congrès des députés le leader du Parti populaire (PP, droite) Alberto Núñez Feijóo, qui avait ironisé en début de semaine sur un "carrousel judiciaire".

Pedro Sánchez, lui, a régulièrement accusé la droite et l'extrême droite d'être à l'origine de "campagnes de diffamation".

La semaine dernière, lors d'une rencontre informelle avec des journalistes, le chef du gouvernement était allé jusqu'à suggérer que des juges seraient de connivence avec le PP, en lui fournissant des informations sur les dossiers visant ses proches -- des propos qui avaient poussé la présidente du Tribunal suprême à défendre l'indépendance de la justice.

(M.Travkina--DTZ)

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