Deutsche Tageszeitung - Samaranch Junior à la conquête du CIO, sur les traces de son père

Samaranch Junior à la conquête du CIO, sur les traces de son père


Samaranch Junior à la conquête du CIO, sur les traces de son père
Samaranch Junior à la conquête du CIO, sur les traces de son père / Photo: © AFP/Archives

Juan Antonio Samaranch Junior a été autrefois vendeur de parfums. S'il confesse ne pas savoir "distinguer les senteurs de lavande et de citron", il compte sur son savoir-faire commercial pour être élu à la tête du Comité international olympique, dont son père a été l'emblématique patron pendant vingt ans.

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A 65 ans, le fils de Juan Antonio Samaranch est l'un des sept candidats, dont l'ancien champion olympique britannique Sebastian Coe ou encore le Français David Lappartient, qui brigueront en mars la succession de l'Allemand Thomas Bach à la tête du CIO.

Son père a présidé l'instance de 1980 à 2001 et le nom de Samaranch reste associé à l'explosion des revenus de l'olympisme.

Samaranch Junior est entré au CIO l'année où son père s'est retiré puis a été élu vice-président en 2012 mais il confie dans un entretien à l'AFP "n'avoir jamais espéré que son nom l'aiderait dans sa carrière olympique", ni "ne le freinerait".

Ce père de quatre enfants, qui a travaillé dans le secteur bancaire après sa première expérience professionnelle dans les parfums, compte placer sa présidence sous le sceau de "l'expérience, la perspective, le jugement et la collaboration", a-t-il expliqué mardi à la presse.

- La Russie sujet brûlant -

"Il faudra beaucoup d'expérience et beaucoup de recul pour comprendre quels sont les combats à mener" et "n'oubliez pas que le président du CIO doit être sur un pied d'égalité avec des géants comme les États-Unis, la Chine, l'Union européenne et l'Inde, et qu'il vous faudra donc faire preuve de discernement pour siéger à cette table".

La Russie reste un sujet brûlant : elle a marqué le mandat de Thomas Bach, d'abord avec le scandale du dopage des Jeux d'hiver de Sotchi en 2014, puis avec l'invasion de l'Ukraine en février 2022, qui a rompu la trêve entre les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de Pékin.

M. Samaranch comprend que les émotions soient vives sur la question d'un éventuel retour de la Russie dans le giron sportif.

Le ministre ukrainien des Sports, Matviy Bidnyi, a déclaré à l'AFP en début de semaine que le successeur de M. Bach devrait au nom des "principes de la justice" refuser le retour de la Russie dans le monde du sport.

Mais pour Juan Antonio Samaranch Jr, une fois que les Russes auront rempli leurs obligations vis-à-vis de la Charte olympique - ce qui n'est pas le cas pour le moment - "nous devrons essayer de ramener le Comité olympique russe dans le jeu".

"Notre boussole morale, c'est la Charte olympique", martèle-t-il.

Il confie que c'est la "magie" des récents Jeux d'été de Paris qui l'a décidé à se porter candidat.

Pour lui, la priorité du CIO est de "défendre les jeunes et les athlètes contre les problèmes qui pourraient découler des attitudes et des actions de leur gouvernement".

- Genre et transgenre -

Il cite le cas des deux boxeuses médaillées d'or à Paris, l'Algérienne Imane Khelif et la Taïwanaise Lin Yu-ting, qui se sont retrouvées malgré elles au centre d'une controverse sur leur genre, menée par les milieux conservateurs.

Exclues des championnats du monde de 2023 organisés par la Fédération internationale de boxe (IBA), présidée par le Russe Umar Kremlev, elles ont été autorisées par le CIO à concourir à Paris. Une décision défendue par M. Samaranch qui dénonce "l'horrible harcèlement dont elles ont été victimes sur les réseaux sociaux" et se dit "fier que nous ayons été à leurs côtés et que nous le soyons encore".

Toutefois, il estime que la question des athlètes transgenres est "différente": "nous devons protéger à 100% la sécurité et l'égalité des chances dans les compétitions féminines".

Il rappelle qu'en un siècle, le taux de participation des femmes aux JO est passé de 4% à 50%: "c'est une réussite remarquable, non pas pour nous mais pour la société" et "je ne suis pas prêt, si je deviens président, à permettre que soit remise en cause cette grande avancée".

(P.Vasilyevsky--DTZ)

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