Deutsche Tageszeitung - Près de Ramallah, larmes de joie et embrassades pour les Palestiniens libérés par Israël

Près de Ramallah, larmes de joie et embrassades pour les Palestiniens libérés par Israël


Près de Ramallah, larmes de joie et embrassades pour les Palestiniens libérés par Israël
Près de Ramallah, larmes de joie et embrassades pour les Palestiniens libérés par Israël / Photo: © AFP

Embrassades, chants et larmes de joie: les 90 premiers prisonniers palestiniens relâchés par Israël après l'entrée en vigueur de sa trêve avec le Hamas ont été accueillis par une foule en liesse à Beitunia, en Cisjordanie occupée.

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Les bus des prisonniers libérés sont arrivés à 02H00 lundi (00H00 GMT) dans cette banlieue de Ramallah habituellement tranquille.

A l'ouverture des portes, les centaines de personnes à attendre leur retour ont rompu le calme avec des larmes de joie, des chants, des embrassades et des feux d'artifice.

La journaliste palestinienne Bouchra al-Tawil, emprisonnée en mars 2024, fait partie de ce premier contingent de 90 détenus relâchés dans la première phase de la trêve entre Israël et le mouvement islamiste Hamas, entrée en vigueur dimanche matin.

Parmi eux, majoritairement des femmes et des enfants, échangés contre trois otages israéliennes remises l'après-midi de la veille aux autorités d'Israël.

"L'attente était extrêmement difficile. Mais grâce à Dieu, nous étions certains qu'un jour nous serions libérés", souffle Bouchra al-Tawil, dont le transfert avait commencé à 03H00 du matin dimanche.

Son père "est encore prisonnier", rappelle-t-elle. Avant d'ajouter: "Mais je viens de recevoir la bonne nouvelle qu'il sera relâché dans le cadre de cet accord".

- "Communion" -

Ils étaient nombreux à patienter dans le froid piquant de la nuit, autour de dizaines de feux allumés sur une colline donnant une vue dégagée sur la prison israélienne d'Ofer, guettant le départ des bus.

"On est venu ici pour voir, et être en communion avec toutes les familles des prisonniers qui sont libérés aujourd'hui", disait à l'AFP Amanda Abou Charkh, 23 ans, arrivée de Ramallah avec ses parents.

Mohammad, jeune homme de 20 ans venu avec des collègues de travail et qui ne souhaite pas donner son nom, ne comptait pas partir avant d'avoir vu la libération.

Lui-même récemment relâché d'Ofer, il expliquait avoir ressenti "une grande joie" pour les familles.

"Je connais beaucoup de gens en prison, il y a des innocents, des enfants, des femmes", égrainait-t-il.

Parmi les centaines de prisonniers palestiniens devant être libérés durant cette première phase de la trêve, un très grand nombre ont été placés en détention administrative, régime permettant d'incarcérer des personnes sans que les accusations pesant contre elles ne leur soient communiquées, après le 7-Octobre.

La liste des libérables compte aussi plus de 200 prisonniers purgeant des peines à perpétuité pour avoir commis ou participé à des attaques au cours desquels des Israéliens ont été tués.

Sur un rond-point de la ville, proche de la route menant à la prison, des centaines de personnes s'étaient aussi réunies dans l'espoir d'être les premières à accueillir les prisonniers. Avec des drapeaux palestiniens et d'autres du Hamas, chantant pour faire passer le temps.

- "Beaucoup de larmes" -

Une jeune fille de 18 ans attendait là sa mère, arrêtée en janvier 2024 dans leur maison du nord de la Cisjordanie.

"Elle nous racontera son séjour en prison et nous, nous lui parlerons de notre vie sans elle, je sais d'avance qu'il y aura beaucoup de larmes", anticipait-elle, entourée par sa tante, son frère et sa soeur.

Ne souhaitant pas donner son nom par peur des répercussions pour sa famille, elle avait tenu à préciser que sa mère, une infirmière ayant fait de longues études, avait été arrêtée pour avoir écrit ou aimé des messages sur les réseaux sociaux concernant les activistes palestiniens, des accusations selon elle "ridicules".

A côté, Ouday, un homme refusant de donner son nom de famille pour ne pas compromettre la libération de son fils, racontait une histoire similaire: ils ont tous deux été arrêtés pour des messages écrits sur les réseaux sociaux au tout début de la guerre. Lui a été libéré mais son fils est resté derrière les barreaux.

"J'ai été en prison, et je sais ce qui s'y passe", assurait-il, en référence aux conditions de détention des Palestiniens par Israël dénoncées par plusieurs organisations de défense des droits humains.

Bien que son fils "ne figure pas sur la liste" des détenus qui devaient être libérés ce soir, il souhaitait partager la joie des familles.

S'affirmant heureux pour les otages israéliennes libérées de Gaza, il avait conclu: "Vous ne pouvez pas penser qu'à vous ou qu'à votre fils".

(Y.Leyard--DTZ)

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