Deutsche Tageszeitung - La Russie espère des "progrès" lors des négociations lundi avec les Américains

La Russie espère des "progrès" lors des négociations lundi avec les Américains


La Russie espère des "progrès" lors des négociations lundi avec les Américains
La Russie espère des "progrès" lors des négociations lundi avec les Américains / Photo: © POOL/AFP

La Russie a dit samedi attendre "quelques progrès" sur le dossier ukrainien lors des négociations prévues lundi en Arabie saoudite avec les Américains, l'un des deux négociateurs envoyés par Vladimir Poutine affirmant vouloir discuter avec un état d'esprit "combatif".

Taille du texte:

Lors de ces discussions concomitantes entre Ukrainiens et Américains d'un côté, et Russes et Américains de l'autre, il s'agira de tenter de s'accorder entre ces acteurs sur une trêve des attaques visant les infrastructures énergétiques des deux camps, après trois ans d'offensive russe qui a fait des dizaines de milliers de morts.

L'Ukraine, sous la pression de l'administration de Donald Trump, affirme même être toujours "prête" à un cessez-le-feu complet, option pour le moment difficilement envisageable pour Vladimir Poutine tant que des forces ukrainiennes se trouvent sur le sol russe, dans la région frontalière de Koursk.

"Nous espérons réaliser au moins quelques progrès", a déclaré samedi Grigori Karassine à la chaîne de télévision publique Zvezda.

"L'état d'esprit de Sergueï Orestovich (Besseda, l'autre négociateur, ndlr) et de moi-même est combatif et constructif", a-t-il ajouté dans cet entretien, à la veille de leur départ pour l'Arabie saoudite.

Sergueï Besseda est, lui, un cadre des services de sécurité russes, le FSB, mais leur profil tranche avec le CV des envoyés russes lors des premières discussions russo-américaines en Arabie saoudite mi-février, lorsque le très expérimenté chef de la diplomatie Sergueï Lavrov avait mené la délégation arrivant de Moscou.

- "Pas un mauvais type" -

En quelques semaines, le rapprochement entre Washington et Moscou a rebattu les cartes en vue d'une éventuelle fin du conflit.

Samedi, l'émissaire américain, Steve Witkoff, a fait l'éloge de Vladimir Poutine dans un podcast: "Je ne (le) considère pas comme un mauvais type", a-t-il assuré au sujet du président russe qui a ordonné à son armée en 2022 d'attaquer l'Ukraine.

Vendredi, un responsable ukrainien s'exprimant auprès de l'AFP sous le couvert de l'anonymat avait expliqué que Kiev espérait de son côté, lors des discussions de lundi, "au moins" un accord sur une trêve partielle avec la Russie portant sur le secteur énergétique, les infrastructures et la mer Noire.

Afin de pousser à une trêve élargie, Kiev a choisi d'envoyer son ministre de la Défense, Roustem Oumerov, selon ce responsable qui a précisé que l'Ukraine était toujours "prête" à un cessez-le-feu "général".

De son côté, Moscou affirme ne s'être entendu à ce stade avec les Etats-Unis que sur une pause concernant les infrastructures énergétiques, bien en-deçà de la suspension générale de 30 jours des hostilités poussée par Donald Trump.

Parmi les sujets à aborder, nul doute que les Russes voudront imposer les "nuances" dont a parlé Vladimir Poutine sur la mise en place d'un moratoire et son contrôle, le chef de l'Etat russe disant craindre que l'Ukraine n'utilise une telle trêve pour recruter des soldats supplémentaires et recevoir de nouvelles armes occidentales.

Chez les Ukrainiens, on explique que ces pourparlers en Arabie saoudite devraient ainsi se concentrer sur les aspects "techniques" d'un arrêt provisoire partiel des combats: "quels sites", "comment contrôler ce cessez-le-feu, quelles armes ?".

En attendant, les Européens sont marginalisés dans ces discussions, malgré l'envie affichée notamment par le Premier ministre britannique Keir Starmer et le chef de l'Etat français Emmanuel Macron de faire entendre la voix du Vieux Continent.

Un sommet est prévu jeudi à Paris, en présence de Volodymyr Zelensky et des alliés de Kiev.

- Zelensky vers Pokrovsk -

En parallèle des discussions diplomatiques, la Russie continue d'attaquer son voisin ukrainien, l'armée de Kiev tentant en réponse de frapper le territoire russe pour dérégler la logistique des forces de Moscou.

Une frappe russe de drone vendredi soir a tué les trois membres d'une famille, dont une adolescente de 14 ans, dans la région méridionale de Zaporijjia, selon les autorités régionales.

Dans la région de Donetsk (est), des frappes russes ont fait au moins deux morts et trois blessés samedi, selon le gouverneur régional Vadim Filachkine.

Volodymyr Zelensky a d'ailleurs annoncé dans la journée avoir rendu visite aux troupes défendant Pokrovsk, ville stratégique dans cette zone pour la logistique de l'armée ukrainienne et visée par des assauts répétés des forces russes qui tentent depuis plusieurs mois de la capturer.

De son côté, l'Ukraine a ciblé la Russie avec des attaques de drones pendant la nuit, faisant six blessés, selon les autorités russes.

(A.Nikiforov--DTZ)

En vedette

Expulsion de deux agents nigériens par la France: Niamey dénonce "un acte d'ingratitude grave"

Le gouvernement du Niger, pays dirigé par un régime militaire hostile à la France, a qualifié mardi l'expulsion de deux agents nigériens par Paris en septembre "d'acte d'ingratitude grave et inacceptable".

Budget 2027 : le débat s'ouvre dans l'hémicycle, la dette et la présidentielle dans les esprits

Le gouvernement a ouvert mardi soir les débats sur le budget de l'Etat pour 2027, martelant son objectif d'un déficit à 5% du PIB l'an prochain, condition préalable selon lui à tout "compromis" avec les oppositions très critiques de la copie gouvernementale.

Piratage en supermarchés: "Pas besoin de chars pour faire la guerre", dit un expert

En entraînant indirectement la destruction de produits frais, la cyberattaque inédite qui a visé lundi les installations frigorifiques de nombreux supermarchés met en lumière la "vulnérabilité" de l'approvisionnement alimentaire en France, indissociable de la "sécurité collective", estime auprès de l'AFP Stéphane Linou, expert associé au laboratoire sécurité défense du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

"Tenir bon": en Israël, des Bédouins déterminés à rester sur leurs terres malgré les démolitions

Sous un ciel couvert dans le sud d'Israël, des villageois bédouins errent parmi les décombres de leurs maisons, les dernières en date à avoir été démolies après avoir été jugées illégales par les autorités israéliennes.

Taille du texte: