Deutsche Tageszeitung - La France affiche en 2024 un dérapage budgétaire moindre qu'anticipé

La France affiche en 2024 un dérapage budgétaire moindre qu'anticipé


La France affiche en 2024 un dérapage budgétaire moindre qu'anticipé
La France affiche en 2024 un dérapage budgétaire moindre qu'anticipé / Photo: © AFP/Archives

En plein casse-tête du gouvernement pour financer davantage la défense et préparer le prochain budget, la France affiche pour 2024 un dérapage budgétaire un peu moins élevé qu'anticipé par le gouvernement, même s'il reste l'un des plus importants de la zone euro.

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Après 5,4% du PIB en 2023, le déficit public a atteint 5,8% du produit intérieur brut (PIB) en 2024, a indiqué l'Institut national de la statistique (INSEE), alors que le gouvernement tablait sur un chiffre autour de 6%.

La ministre des Comptes public, Amélie de Montchalin, avait récemment laissé entrevoir un léger mieux par rapport aux prévisions, mettant en avant un "trou" de la sécurité sociale moins profond qu'anticipé et le ralentissement des dépenses de fonctionnement des collectivités locales.

Son niveau reste toutefois très éloigné des 4,4% encore espérés à l'automne 2023, du fait de recettes moins dynamiques qu'anticipé.

La dette française a augmenté de 202,7 milliards d'euros sur l'ensemble de 2024, et de 3,8 milliards au quatrième trimestre, pour atteindre 113% du PIB, soit 3.305,3 milliards d'euros.

Au sein de l'union monétaire, seules la Grèce et l'Italie ont une dette publique plus élevée que la France.

"Notre dette publique est passée de 30% à 110% du PIB en 40 ans" et les intérêts "dépassent malheureusement déjà notre budget de défense, et bientôt celui de l'éducation nationale", a alerté mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

"La cause de cette maladie française est bien connue depuis trop longtemps: nos dépenses publiques croissent plus vite que nos recettes": à modèle social équivalent, les dépenses dépassent de plus de 9 points de PIB celles des pays voisins, soit quelque 260 milliards d'euros, a-t-il fait valoir.

Selon l'Insee, les dépenses publiques ont accéléré de 3,9% l'an dernier pour atteindre 57,1% du PIB tandis que les recettes ont augmenté de 3,1%, mais moins rapidement que le PIB.

- "Sous le tapis" -

Le gouvernement compte ramener le déficit à 5,4% du PIB en 2025, avant de repasser sous la limite européenne de 3% en 2029.

Afin de prévenir un éventuel nouveau dérapage, il réunira pour la première fois en avril un comité d'alerte associant notamment parlementaires et collectivités locales.

Mais ses marges de manœuvre sont limitées dans un paysage politique fragmenté et un environnement économique sous tension accrue.

Des économies ont déjà été décidées à hauteur d'environ 50 milliards d'euros cette année, et la menace américaine de relever les droits de douane risque de ralentir davantage l'activité, sur fond de hausse des taux d'intérêt à long terme, ce qui alourdit le coût de la dette.

"Depuis 30 ans, dès qu'il y a un problème, on fait de la dette, on fait du déficit, on glisse le problème sous le tapis", estime Sylvain Bersinger, chef économiste chez Asterès.

"Jusque-là, nos créanciers nous finançaient pas cher mais aujourd'hui, ils demandent plus cher (...) parce qu'ils nous considèrent comme plus risqués", ajoute-t-il auprès de l'AFP.

La Banque de France a abaissé à 0,7% sa prévision de croissance pour 2025. Le gouvernement pourrait aligner la sienne (aujourd'hui fixée à 0,9%) voire descendre davantage en cas d'intense guerre commerciale.

- "Cauchemar" -

C'est dans ce contexte difficile que le gouvernement doit trouver de l'argent supplémentaire pour financer l'augmentation des dépenses militaires, justifiée en France comme dans le reste de l'Europe par la menace russe et le revirement géopolitique de Washington.

Mais, signe de la difficulté de la tâche, sa porte-parole Sophie Primas a déclaré mercredi que la préparation du budget 2026 s'annonçait comme "un cauchemar tant les difficultés financières (étaient) importantes".

Malgré ces défis, Nicolas Goetzmann, chef économiste de la société de gestion Financière de la Cité, se montre optimiste à plus long terme.

"Pour la première fois depuis 25 ans en zone euro (...) des conditions sont en train d'être mises en place qui permettraient de dégager l'horizon de la croissance européenne, et notamment celle de la France", relève-t-il, mentionnant le plan d'investissement massif en Allemagne et la mobilisation de fonds européens pour la défense.

(L.Svenson--DTZ)

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