Deutsche Tageszeitung - Un chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne au sud de Beyrouth

Un chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne au sud de Beyrouth


Un chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne au sud de Beyrouth
Un chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne au sud de Beyrouth / Photo: © AFP

Une frappe israélienne a visé mardi la banlieue sud de Beyrouth, tuant un responsable du Hezbollah et trois autres personnes, pour la deuxième fois depuis le début d'un fragile cessez-le-feu il y a quatre mois.

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Cette frappe s'est produite sans avertissement vers 03H30 (00H30 GMT), durant la fête de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan.

Le 28 mars, l'armée israélienne avait appelé la population à évacuer avant un bombardement sur la banlieue sud de la capitale libanaise, un bastion du Hezbollah frappé à de nombreuses reprises pendant la guerre qui a opposé Israël au mouvement chiite pro-iranien à l'automne.

Selon le ministère libanais de la Santé, la frappe de la nuit a fait quatre morts, dont une femme.

Les deux derniers étages d'un immeuble ont été détruits, selon des images de l'AFP.

Ismael Noureddine, un habitant du quartier, a décrit "une très forte explosion", puis une seconde, et raconté que toute la famille criait. "Nous ne pouvions plus nous voir à cause de la poussière", a-t-il dit.

Une source proche du Hezbollah a indiqué que la frappe avait visé Hassan Bdair, un responsable du dossier palestinien au sein du mouvement, allié du Hamas en guerre contre Israël dans la bande de Gaza.

L'homme se trouvait "chez lui avec sa famille", a précisé cette source.

L'armée israélienne a confirmé avoir tué Hassan Bdair.

"Bdair avait récemment coopéré avec le Hamas, dirigé des terroristes du Hamas et les avait aidés à planifier et à préparer une attaque terroriste importante et imminente contre des civils israéliens", a annoncé l'armée conjointement avec le Shin Bet, la sécurité intérieure, et le Mossad, le service du renseignement extérieur israélien.

"Ce n'est pas seulement une personne qui est visée, tout le monde dans ce pays, des plus jeunes aux plus âgés, est devenu une cible", a affirmé à l'AFP Jamal Badreddine, un homme de 67 ans qui vit à 30 mètres du lieu visé.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dénoncé une "violation flagrante" du cessez-le-feu et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU.

Cette résolution avait mis un terme à la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006 et a servi de base au cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre.

- "Partout au Liban" -

Le président Joseph Aoun a condamné la frappe et appelé les alliés du Liban à soutenir son "droit à une pleine souveraineté".

"Une nouvelle escalade est la dernière chose dont quiconque ait besoin", a affirmé la coordinatrice spéciale de l'ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert. Elle a estimé que "le seul chemin viable" était l'application de la résolution 1701.

Depuis le début de la trêve, et malgré le retrait incomplet des soldats israéliens du sud du Liban le 15 février, les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu et Israël mène régulièrement des frappes sur le sud et l'est du pays, affirmant viser des cibles du Hezbollah.

Un député du mouvement, Ibrahim Moussawi, a appelé mardi les autorités libanaises à agir pour "garantir la sécurité des Libanais".

Vendredi, Israël avait frappé la banlieue sud de Beyrouth en riposte aux tirs de deux roquettes depuis le Liban.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait déclaré qu'Israël frapperait "partout au Liban contre toute menace", après ces tirs dont le Hezbollah a nié être l'auteur.

Le Hezbollah avait ouvert un front contre Israël au début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, affirmant agir en soutien aux Palestiniens.

Ces hostilités, qui ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024, ont fait plus de 4.000 morts au Liban et contraint plus d'un million de personnes à fuir.

Du côté israélien, le bilan se monte à 78 morts, parmi lesquels 48 soldats en plus des 56 soldats tombés lors d'une offensive au sol déclenchée au Liban à la fin du mois de septembre, selon des données officielles.

Quelque 60.000 habitants du nord d'Israël ont été déplacés, dont la moitié n'est pas encore rentrée chez elle, selon les autorités.

Aux termes de l'accord de cessez-le-feu, seules l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU doivent être déployés dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah doit se retirer au nord du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière avec Israël, et démanteler ses infrastructures militaires dans le sud.

L'armée israélienne a néanmoins maintenu des troupes dans cinq positions qualifiées de stratégiques du sud du Liban.

(V.Sørensen--DTZ)

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