Deutsche Tageszeitung - Un responsable du Hezbollah tué dans un raid israélien près de Beyrouth

Un responsable du Hezbollah tué dans un raid israélien près de Beyrouth


Un responsable du Hezbollah tué dans un raid israélien près de Beyrouth
Un responsable du Hezbollah tué dans un raid israélien près de Beyrouth / Photo: © AFP

Israël a tué mardi un responsable du Hezbollah libanais et son fils dans une frappe contre un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth, le deuxième raid à viser ce secteur depuis le début du cessez-le-feu il y a quatre mois.

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Deux autres personnes, dont une femme, ont péri dans cette frappe survenue sans avertissement préalable vers 03H30 (00H30 GMT), selon les autorités libanaises.

Le 28 mars, l'armée israélienne avait appelé la population à évacuer avant un bombardement sur la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah dévasté durant la guerre qui a opposé Israël au mouvement chiite pro-iranien de septembre à novembre 2024.

"Nous avons été réveillés en sursaut, pris d'une grande frayeur. Ma fille a couru vers moi, m'appelant, me demandant ce qui se passait (...) Nous sommes descendus dans la rue où les gens et les enfants criaient", a raconté Mohammad Nasreddine, un habitant.

Dans un communiqué conjoint, l'armée, le Shin Bet et le Mossad israéliens ont annoncé "l'élimination" de Hassan Bdair, un responsable du Hezbollah, qu'ils ont accusé d'avoir "aidé des terroristes du Hamas à planifier une attaque terroriste importante et imminente contre des civils israéliens".

Une guerre oppose à Gaza Israël au Hamas, un allié du Hezbollah, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023.

Le Hezbollah a confirmé la mort de Hassan Bdair et de son fils dans la frappe. Selon une source proche du mouvement, Hassan Bdair était en charge du dossier palestinien au sein de la formation.

- "Partout au Liban" -

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dénoncé une "violation flagrante" du cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre. Le président libanais Joseph Aoun a appelé les alliés du Liban à soutenir son "droit à une pleine souveraineté".

"Une nouvelle escalade est la dernière chose dont nous avons besoin", a affirmé la coordinatrice spéciale de l'ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert.

Après des tirs de roquettes en direction d'Israël à partir du Liban voisin, les 22 et 28 mars, l'armée israélienne a mené des frappes intenses contre des cibles du Hezbollah principalement dans le sud du Liban, et a ciblé deux fois la banlieue sud de Beyrouth.

Les tirs de roquettes n'ont pas été revendiqués et le Hezbollah a nié toute responsabilité. Les autorités libanaises ont annoncé l'arrestation de "suspects", sans plus.

Après ces tirs, les premiers depuis le début du cessez-le-feu, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu'Israël frapperait "partout au Liban contre toute menace".

Au début de la guerre à Gaza en octobre 2023, le Hezbollah avait ouvert un front contre Israël en tirant des roquettes sur son territoire à partir du sud du Liban, son fief, affirmant agir en soutien au Hamas.

Ces hostilités ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024 avec des bombardements intenses israéliens au Liban, principalement contre les bastions du Hezbollah dont la direction a été quasiment décimée.

- "Complètement détruites" -

Seul mouvement armé au Liban, le Hezbollah était considéré comme très puissant avant de sortir très affaibli de la guerre.

Aux termes de l'accord de cessez-le-feu, seuls l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU doivent être déployés dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah doit se retirer au nord du fleuve Litani, à environ 30 km de la frontière avec Israël, et démanteler ses infrastructures militaires dans le sud.

L'armée israélienne ne s'est pas complètement retirée du sud du Liban y maintenant des troupes dans plusieurs positions.

Malgré la trêve, Israël a mené régulièrement des frappes au Liban, affirmant viser des cibles du Hezbollah, les deux parties s'accusant de violer le cessez-le-feu.

"Le Hezbollah ne peut répondre militairement, car s'il le fait, les Israéliens riposteraient avec une plus grande force", a indiqué à l'AFP Nicholas Blanford, expert à l'Atlantic Council, en estimant que les capacités de "dissuasion" de ce mouvement avaient été "complètement détruites".

Pour Heiko Wimmen, du groupe de réflexion International Crisis Group, Israël "continue d'adopter une interprétation large du +droit à la légitime défense+ tel que stipulé dans l'accord de cessez-le-feu, alors que le Liban officiel n'a pas les moyens de se défendre".

C'est le cas depuis le début de la trêve et ce "qui est nouveau" c'est qu'Israël vise maintenant la région de Beyrouth, a-t-il dit.

(Y.Ignatiev--DTZ)

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